La présidente de la commission européenne Ursula Von der Leyen lors de la présentation de ce plan européen sur le climat ce 14 juillet ©AFP - JOHN THYS / AFP
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La présidente de la commission européenne Ursula Von der Leyen lors de la présentation de ce plan européen sur le climat ce 14 juillet ©AFP - JOHN THYS / AFP
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Résumé

La commission européenne a présenté cet après-midi ses propositions sur le climat. 12 priorités, qui mettent la barre très haut et vont modifier notre vie quotidienne à tous. Ça ne va pas être simple et on peut même se demander si Bruxelles ne met pas la barre trop haut. C’est le « monde d’après ».

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Le plan s’intitule « Fit for 55 ». Paré pour 55. Un nom ridicule et illisible. L’explication est la suivante : il s’agit d’atteindre l’objectif de réduction de 55% des émissions carbone d’ici 2030. Et ensuite la neutralité carbone d’ici 2050.

C’est dommage que le titre soit incompréhensible pour le grand public, parce que le contenu, lui, nous concerne tous directement.

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Les 12 axes retenus dévoilent un programme très ambitieux :       

  • Disparition des véhicules à essence et diesel : ils ne seront plus commercialisés à partir de 2035 ; il n’y aura plus que des voitures électriques.
  • Taxation des compagnies aériennes sur leur kérosène pour tous les vols intérieurs à l’espace européen.
  • Instauration d’une forme de taxe carbone sur le chauffage domestique et sur le carburant (pour enrayer la croissance incontrôlée du transport routier) 
  • Mise en place d’une taxe aux frontières, sans dérogation, sur l’acier, l’aluminium, les engrais. Pour dissuader les entreprises de délocaliser en dehors de l’Union leurs industries polluantes.
  • Objectifs relevés à la hausse, sur les énergies renouvelables et le produire local pour l’agriculture.

Ce sont les exemples les plus frappants, mais la liste est longue. Impossible de tout citer. 

Le risque de tensions sociales et de pressions industrielles

Bruxelles a choisi de frapper fort et elle court donc un risque : les oppositions s’annoncent tout aussi fortes : Ça sent le parcours d’obstacles, les mécontentements vont venir de toute part.

D’abord, il y a le risque d’une colère sociale. Parce que tous les ménages, comme vous et moi, vont sentir passer la facture, en particulier celle du chauffage qui pourrait grimper rapidement.

La commission promet un fonds de soutien pour aider les plus défavorisés, mais l’hypothèse d’une grogne façon Gilets Jaunes n’est pas exclue.

Ensuite, il y a les industriels. Ceux de l’automobile : ils veulent préserver les véhicules hybrides avant le passage au tout électrique et ils dénoncent le manque de bornes de recharge (il en faudrait 10 fois plus en Europe). Et ceux du transport aérien : ils s’insurgent déjà d’une concurrence faussée puisque l’Europe est à ce jour la seule à vouloir taxer le kérosène.

Il faut s’attendre aussi à des désaccords entre pays européens. Par exemple la taxe aux frontières extérieures a l’appui de la France, mais beaucoup moins de l’Allemagne, qui craint des représailles commerciales des États-Unis ou de la Chine. Et puis il y a justement ces grandes puissances étrangères qui vont sans doute tiquer face au plan européen et faire pression sur Bruxelles pour un abandon de certaines mesures.

Ajoutons enfin le bras de fer habituel entre le Parlement européen et les gouvernements des 27 États membres, et vous allez droit vers une sacrée foire d’empoigne pendant les 12 mois de négociation qui s’annoncent. Ça va tirailler dans tous les sens.

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Le courage politique de la commission

La commission prend donc un risque c’est certain. Mais elle a sans doute raison d’y aller fort. Elle donne le La.

D’abord, c’est le 1er plan de cette envergure sur toute la planète. Un plan détaillé, financé, qui aborde de façon précise tous les aspects de la lutte contre le réchauffement. Ce n’est pas une annonce du type « y’a qu’à, faut qu’on ». Non c’est un programme technique qui vise à l’efficacité. Avec des investissements qui se comptent en centaines de milliards d’euros.

C’est aussi un plan qui assume sa priorité : le climat. Il ne se cache pas derrière un discours protectionniste à l’américaine. Il affirme que la préservation de la planète est l’urgence de notre temps parce que « la maison brûle » comme le disait Jacques Chirac.

La maison brûle et l’Europe a décidé de ne pas regarder ailleurs. Elle s’impose donc comme un modèle, l’incarnation d’un leadership moral sur le sujet, à quelques mois de la COP 26 à Glasgow. Elle peut espérer entrainer dans son sillage la Chine et les États-Unis qui, à eux deux, représentent 45% des émissions de carbone.

Alors oui ce ne sera pas un lit de roses. Le parcours est truffé d’écueils. Mais les technologies, énergétiques, numériques, agricoles, existent aujourd’hui pour rendre cette révolution possible.

La commission européenne fait preuve de courage politique, une denrée rare. C'est pour ça aussi que ce plan mérite le respect.

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Jean-Marc Four
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