Fin février, la région de Lismore sur la côte Est de l'Australie a subi de terribles inondations avec des trombes d'eau pendant trois jours
Fin février, la région de Lismore sur la côte Est de l'Australie a subi de terribles inondations avec des trombes d'eau pendant trois jours
Fin février, la région de Lismore sur la côte Est de l'Australie a subi de terribles inondations avec des trombes d'eau pendant trois jours ©AFP - Bradley RICHARDSON / Australian Defence Force / AFP
Fin février, la région de Lismore sur la côte Est de l'Australie a subi de terribles inondations avec des trombes d'eau pendant trois jours ©AFP - Bradley RICHARDSON / Australian Defence Force / AFP
Fin février, la région de Lismore sur la côte Est de l'Australie a subi de terribles inondations avec des trombes d'eau pendant trois jours ©AFP - Bradley RICHARDSON / Australian Defence Force / AFP
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Résumé

L’Australie s’apprête à voter : élections générales après-demain samedi. Vu la multiplication dans le pays des catastrophes naturelles liées au réchauffement, on s’attendrait à ce que l’écologie domine les débats. Ce n’est pas du tout le cas et c'est inquiétant, même pour nous.

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S’il y a un pays qui est aux premières loges pour constater et subir le réchauffement climatique, c’est bien l’Australie.

Sur cette île-continent de près de 8 millions de km2, 6ème pays le plus vaste de la planète, les épisodes météo de forte intensité se multiplient depuis 5 ans.

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Dernier épisode en date : en février dernier, des inondations sans précédent au Sud de la grande ville de Brisbane sur la côte Est.

En trois jours, il est tombé l’équivalent de 70% de la pluviométrie annuelle. 70% en 3 jours ! Des trombes d’eau sans interruption.

Trois mois plus tard, 1500 personnes n’ont toujours pas retrouvé de logement.

On se souvient aussi des gigantesques feux de forêt qui avaient ravagé le pays il y a 2 ans, provoquant la mort de plus de 30 personnes et de millions, oui de millions d’animaux. Beaucoup d’oiseaux et aussi de koalas.

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Pendant l’été austral, les températures deviennent caniculaires.

A l’intérieur du pays, les vagues de sécheresse se succèdent.

Sur la côte, la sublime Grande Barrière de Corail subit actuellement un nouvel épisode de blanchissement majeur, le 6ème en 25 ans. Et c’est de plus en plus fréquent.

La vie des habitants se complique sérieusement.

Un exemple parmi d’autres : d’ici 2030, une maison sur 25, un foyer sur 25 ne pourra plus être assuré. Trop de risques : d’inondations, d’incendies, de cyclones.

Le poids des mines de charbon

Donc oui, en toute logique, le sujet aurait dû dominer tous les autres pendant cette campagne électorale.

Mais ce n’est donc pas du tout le cas !

De quoi a-t-on parlé pendant cette campagne ? D’abord de pouvoir d’achat, des emplois, des impôts. Un peu d’immigration.

De la pandémie : elle redémarre en ce moment en Australie avec l’arrivée d’Omicron, et malgré une campagne de vaccination efficace.

Le premier ministre conservateur sortant Scott Morrison met aussi en avant ses succès diplomatiques : par exemple le pacte de sécurité Aukus, avec Londres et Washington, et au détriment de la France (c’est l’histoire des sous-marins).

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Ça va plus loin : Scott Morrison n’en a pas grand-chose à faire, du réchauffement climatique. Ce chrétien évangélique convaincu a fixé des objectifs très bas pour la réduction des émissions de gaz.

Et lors des incendies de 2019, après être parti en vacances à Hawaï, il avait eu cette phrase au retour :

« Vous savez, moi, je ne suis pas une lance à eau ».

L’opposition travailliste, qui part légèrement favorite du scrutin de samedi, est un peu plus ambitieuse sur le climat, elle promet 43% de réduction des émissions de gaz.

Mais, pas plus que l’actuel pouvoir conservateur, elle ne veut toucher à la patate chaude : les mines de charbon.

C’est l’une des principales ressources du pays : l’Australie est le 2ème exportateur mondial de charbon.

Ces mines créent des emplois. Donc l’Australie continue d’en ouvrir.

Priorité à la rentabilité commerciale à court terme. Même l’opposition travailliste est d’accord là-dessus. Le climat attendra.

En plus, ces mines sont souvent situées dans des circonscriptions électorales clés.

Donc pas touche. Silence radio.

Un énorme potentiel sur le solaire et l'éolien

Et même si tout cela se déroule à l'autre bout du monde, ça nous concerne aussi.

C’est simple à comprendre. Avec ses émissions de gaz et ses mines de charbon, l’Australie ne pollue pas qu’elle-même. Elle pollue tout le monde.

Des pays du G7, l’Australie est le plus polluant en émissions rapportées au nombre d’habitants. Devant le Canada et les États-Unis.

Si on additionne les énergies fossiles qu’elle consomme elle-même et celles qu’elle exporte, ça finit par représenter près de 4% des émissions mondiales.

C’est considérable pour un pays de seulement 25 millions d’habitants.

Et c’est encore plus choquant sachant qu’on parle d’un pays riche, qui aurait les moyens de faire autrement.

L’Australie a tout sous la main pour développer massivement des énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien.

Elle commence à le faire : il y a quelques mois, le Sud du pays a même fonctionné uniquement grâce à l’énergie photovoltaïque pendant quelques heures.

Mais le potentiel est là pour faire beaucoup plus.

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Sauf que le pouvoir politique attend de voir le reste du monde faire le boulot à sa place.

Et les dirigeants actuels ne s’en cachent pas : le marché mondial finira par rendre le charbon moins rentable et à ce moment-là, on arrêtera le charbon.

Ponce Pilate, quoi.

Pour le dire autrement : l’Australie est à la fois l’appartement témoin du réchauffement climatique.

Et l’appartement témoin du déni et de l’aveuglement de l’Homme sur le sujet.