A Ariha, dans la province rebelle d'Idlib, un bombardement sur un marché le 20 octobre a fait 14 morts, dont sept enfants. ©AFP - Mohammed AL-RIFAI / AFP
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A Ariha, dans la province rebelle d'Idlib, un bombardement sur un marché le 20 octobre a fait 14 morts, dont sept enfants. ©AFP - Mohammed AL-RIFAI / AFP
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Résumé

En Syrie, secouée hier par un attentat à Damas et un bombardement dans le gouvernorat d'Idlib, Bachar el-Assad aimerait pourtant faire croire que la guerre est finie.

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A Damas, on avait presque oublié la guerre, comme un souvenir lointain.

C'est d'ailleurs bien ce que la Syrie s'emploie à faire : donner l'illusion que tout est fini, rentré dans l'ordre. 

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C'est ce que son représentant a affirmé le mois dernier devant l'assemblée générale des Nations-Unies à New York, assurant que la situation était si stable, désormais, qu'elle permettait d'envisager le retour de ceux qui ont fui. 

Un message parfaitement entendu par le Danemark, par exemple, qui durcit sa politique migratoire et vient donc de révoquer des dizaines de permis de séjour à des réfugiés syriens, au motif qu'ils étaient désormais rassurés et qu'ils pouvaient rentrer chez eux en toute sécurité.

L'attentat d'hier, cette double bombe qui a explosé sur le passage d'un bus militaire et tué 14 soldats en plein Damas est venu rappeler que rien n'est terminé. 

C’est certes la première fois depuis trois ans que la guerre revient se faire entendre au plein cœur de la capitale. 

Mais il ne faut pas croire qu'elle s'était arrêtée ailleurs.

Des bombardements encore fréquents

Le gouvernement syrien ne contrôle que 70% du territoire. 

Dans le gouvernorat d'Idlib où sont retranchées les dernières forces rebelles et les jihadistes, la résistance à Bachar al Assad est active. 

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La guerre continue, avec des bombardements réguliers, malgré le cessez-le-feu pourtant négocié l'an dernier. 

Hier, une heure à peine après l'attentat de Damas, c'est un bombardement plus violent encore que les précédents qui a ensanglanté cette région. 

Des bombes sur un marché, des bombes qui ont tué 14 personnes, dont sept écoliers. 

La guerre continue. A Idleb, elle ne s'est même jamais arrêté.

La communauté internationale, pourtant, regarde ailleurs, et on ne remarque pas la politique de normalisation qui se met en place. 

Au sein de la ligue arabe, Bachar el-Assad n'est plus le paria qu'il était. 

Les Emirats, le Bahreïn, le Koweït ont rouvert leurs ambassades. 

La semaine dernière, le roi Abdallah de Jordanie et Bachar al Assad se sont parlé, pour la première fois depuis dix ans. 

La Jordanie a rouvert sa frontière avec la Syrie. Il faut que le commerce reprenne, explique-t-on. 

Au-delà du monde arabe, certains états, comme la Grèce, ont eux aussi rouvert leurs représentations. 

Quant aux Etats-Unis, très en retrait sur le dossier syrien, ils sont bien silencieux. 

Interpellé, le chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken a tenté de se démarquer, assurant que les Etats-Unis ne soutiennent pas la normalisation, qu'ils n'ont pas levé les sanctions contre la Syrie, et qu'ils restent opposé à tout soutien à la reconstruction tant qu'il n'y aura pas de progrès irréversibles.

L'arme des réfugiés

Bachar el-Assad, lui, multiplie les effets d’annonce. 

Sous l'égide des Nations-Unies, le gouvernement et l'opposition viennent par exemple de s'accorder pour élaborer une nouvelle constitution

Une avancée rendue possible sous la pression de Moscou, alliée de Bachar qui a d'autres chats à fouetter que la Syrie et voudrait désormais que la situation s'y stabilise.

Par ailleurs, Bachar el Assad le sait, il lui faut désormais sortir son pays de l'isolement pour le rendre fréquentable pour les investisseurs étrangers et permettre la reprise de l'économie. 

Et pour ce retour en grâce, il sait qu'il dispose d'une arme : ces millions de réfugiés syriens à travers l'Europe. 

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Des migrants dont le retour au pays, soulagerait, sans qu'ils ne l'avouent publiquement, de nombreux états prêts à s'asseoir sur les conditions de leur retour. 

Alors Bachar al Assad promet. 

Il jure qu'il n'arrivera rien à ces réfugiés, qu'ils ne seront pas inquiétés, qu'ils retrouveront leurs biens. Des mensonges, alerte l'ONG Human Rights Watch. Dans un rapport publié la semaine dernière, l'ONG rapporte tortures, exécutions extra judicaires et arrestations de syriens tout juste revenus au pays. Rien n'a changé, dit Human Rights Watch. 

Rien n'a changé, et la guerre, elle, est tout, sauf, terminée.  

Références

L'équipe

Claude Guibal
Claude Guibal
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Production
Jean-Marc Four
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