Des peintures murales à l'effigie du ticket présidentiel de gauche Petro - Marquez, dans la ville de Cali en Colombie
Des peintures murales à l'effigie du ticket présidentiel de gauche Petro - Marquez, dans la ville de Cali en Colombie
Des peintures murales à l'effigie du ticket présidentiel de gauche Petro - Marquez, dans la ville de Cali en Colombie ©AFP - Raul ARBOLEDA / AFP
Des peintures murales à l'effigie du ticket présidentiel de gauche Petro - Marquez, dans la ville de Cali en Colombie ©AFP - Raul ARBOLEDA / AFP
Des peintures murales à l'effigie du ticket présidentiel de gauche Petro - Marquez, dans la ville de Cali en Colombie ©AFP - Raul ARBOLEDA / AFP
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Résumé

Le candidat de gauche semble pouvoir l'emporter en Colombie. Ce serait une première dans ce pays, et c'est à l’image de quasiment toute l’Amérique Latine, où la gauche a le vent en poupe.

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Dans son histoire moderne, la Colombie n’a jamais connu de président de gauche. Le pays a été dirigé tantôt par des conservateurs de droite radicale, tantôt par des libéraux de centre droit.

Et il a été marqué au fer rouge par le conflit sanglant avec les Farc.

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Or cette fois-ci, le favori est bien le candidat de l’union des partis de gauche, le Pacte Historique.

Le fait est que ce sera historique si Gustavo Petro, c’est son nom, l’emporte, soit lors du 1er tour ce dimanche, soit du 2nd dans 3 semaines.

Il est crédité de 37 à 40% des voix dans les sondages, 12 à 15 points d’avance sur son rival de droite.

Petro est un ancien guérillero du mouvement M19, devenu ensuite maire de Bogota. Agé de 61 ans, il a fait alliance avec Francia Marquez, une afro-colombienne, noire et écologiste, un profil qui là aussi détonne dans un pays où le pouvoir est l’apanage des hommes blancs.

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Le tandem Petro-Marquez avance un programme social et écologique : hausse des retraites, augmentation des impôts pour les plus riches, réforme rurale, meilleur accès à l’éducation et à la santé. Arrêt immédiat des nouvelles exploitations pétrolières.

Et aussi projet d’amnistie pour les trafiquants de drogue qui font régner la terreur, à condition qu’ils arrêtent leurs activités.

Dans ce pays très violent, la campagne se termine d’ailleurs dans un climat tendu. Les menaces de mort sont multiples, Petro n’apparait plus en public que derrière des boucliers blindés.

Une vague partie du Mexique et qui se dirige vers le Brésil

Et si la Colombie bascule à gauche, cela confirmerait donc un mouvement beaucoup plus large dans toute l’Amérique Latine !

C’est spectaculaire, rapide, et ce n’est peut-être pas fini.

A de rares exceptions près comme l’Uruguay ou l’Équateur, c’est barre à gauche toute !

Tout a commencé en 2018 avec le Mexique et la victoire d’Andres Manuel Lopez Obrador, dit AMLO.

L’Argentine a suivi en 2019 avec Alberto Fernandez.

Puis les pays des Andes ont enchainé : la Bolivie en 2020 avec Luis Arce, héritier du premier président indigène Evo Morales. Le Pérou il y a un an avec Pedro Castillo.

En décembre dernier ensuite, on a vu la victoire impressionnante du jeune Gabriel Boric au Chili : Boric, 36 ans, issu du mouvement social.

Et plus récemment encore, en janvier, une femme, Xiomara Castro, vainqueure au Honduras.

3 min

Tous affichent des programmes de redistribution sociale, de lutte contre la pauvreté, et de critique non dissimulée vis-à-vis de Washington.

Tous ont été portés par un sentiment d’injustice face au développement des inégalités sur le continent, a fortiori avec la pandémie de Covid.

Si on ajoute les cas ultra autoritaires du Venezuela ou du Nicaragua, la carte de l’Amérique Latine a basculé. Le tout à la vitesse de l’éclair en 4 ans.

La mutation peut donc s’achever avec une éventuelle victoire de Petro en Colombie. Et surtout avec le plat de résistance : le Brésil. Où le revenant de gauche, Lula, part lui aussi favori du scrutin du 2 octobre prochain.

Un effet balancier et des gauches à plusieurs facettes

Est-ce que ça veut dire pour autant une adhésion idéologique unanime à des programmes de gauche ?

Pas nécessairement.

Primo, tous ces dirigeants de gauche ne forment pas un paysage homogène. Vous avez au moins trois catégories :

- Les historiques aux penchants totalitaires : Cuba, le Venezuela, le Nicaragua ;

- Les populistes nationalistes conservateurs sur les sujets de société : Amlo au Mexique, Castillo au Pérou ;

- La jeune génération plutôt social-démocrate et écologiste : Boric au Chili.

Ensuite, ce mouvement massif vers la gauche est ni plus ni moins qu’un effet de balancier, un phénomène de « Sortez les sortants ».

Il y a 6/7 ans, le même mécanisme avait provoqué, en sens inverse, une bascule de l’Amérique Latine à droite. Un mandat plus tard : rejet des équipes en place. La gauche revient.

En fait, les électorats sont motivés d’abord par la critique des partis traditionnels et la dénonciation de la corruption, d’ailleurs très présente en Colombie.

En l’occurrence ça pourrait profiter à un troisième larron, Rodolfo Hernandez.

Sorti de nulle part, ce chef d’entreprise millionnaire ne cesse de grimper dans les intentions de vote. Il se revendique centriste, fait campagne sur le réseau Tik Tok, dénonce la corruption.

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Ce rejet des partis traditionnels explique aussi la force des extrêmes droites sur le continent. Au Brésil bien sûr avec l’actuel président Bolsonaro qui n’a pas dit son dernier mot face à Lula.

Au Chili où Jose Antonio Kast est parvenu au 2nd tour en décembre dernier.

La gauche, si elle n’a pas de résultats sur la corruption, la violence les inégalités, sautera à son tour. Et la droite reviendra.

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Jean-Marc Four
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