La terre est ronde comme le ballon Al Rihla, ballon du Mondial de novembre prochain
La terre est ronde comme le ballon Al Rihla, ballon du Mondial de novembre prochain ©AFP - FRANCK FIFE / AFP
La terre est ronde comme le ballon Al Rihla, ballon du Mondial de novembre prochain ©AFP - FRANCK FIFE / AFP
La terre est ronde comme le ballon Al Rihla, ballon du Mondial de novembre prochain ©AFP - FRANCK FIFE / AFP
Publicité

C’est l’événement international qui, demain, va éclipser la guerre en Ukraine et attirer l’attention de toute la planète : le tirage au sort de la Coupe du monde de football au Qatar.Le petit émirat du Golfe est parti pour réussir son pari : surmonter les controverses et devenir le centre du monde.

Le Qatar est un confetti sur la carte du monde. A peine 3 millions d’habitants, à peine plus grand qu’un département français : 160 km de long sur 80.

Mais ce confetti occupe une place grandissante.

Publicité

Le temps de la surprise provoquée en 2010 par sa désignation comme pays hôte du Mondial, semble loin.

Même le temps où il était question d’ un boycott de la compétition semble loin. Pourtant c’était il y a seulement 12 mois : la Norvège et le Danemark avaient lancé l’idée.

Aujourd’hui plus personne n’en parle.

Et demain, à 19h (18h à Paris), au moment du tirage au sort de la compétition, tous les projecteurs vont se braquer sur Doha.

Ses gratte-ciels futuristes, son métro dernière génération, ses musées ultra modernes.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Et bien sûr ses 8 stades flambant neufs, tous sortis de terre en un temps record, pour pouvoir accueillir la Coupe du Monde à la fin de cette année.

En particulier le plus spectaculaire d’entre eux, celui de Losail, l’écrin de la finale : il a la forme du bol traditionnel pour offrir les dattes. Il est entièrement climatisé. Une prouesse technique.

Demain soir, l’émir du Qatar, le cheikh Tamim Al Thani, passionné de sport, va pouvoir savourer les lumières des projecteurs.

Et présenter Al Rihla le voyageur : c’est le petit nom du ballon de la compétition, aux couleurs bleue, rouge et or.

La terre entière va regarder le Qatar. Le pari est pour l’instant gagné.

Des controverses reléguées à l'arrière-plan

Pourtant, il y en a des motifs de controverse !

Au moins trois, et de taille.

Le premier concerne les soupçons de corruption autour de l’attribution de la Coupe du Monde à l’émirat. En 2014, une commission d’enquête de la FIFA n’a rien trouvé de « concluant », si ce n’est « des comportements douteux ».

Mais une enquête reste ouverte en Suisse pour « blanchiment d’argent ». Et une autre en France pour « corruption ».

Rappelons que les patrons du football mondial à l’époque étaient suisse et français : Sepp Blatter et Michel Platini.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Deuxième sujet : les conditions de travail des migrants (philippins, indiens, bangladais, kényans).

Il y a un peu plus d’un an, le quotidien britannique The Guardian avait avancé le chiffre de 6500 morts sur les chantiers de la Coupe du Monde. En raison des températures extrêmes et des cadences infernales.

Le Qatar réfute catégoriquement ce chiffre, il reconnait 37 victimes. Et il a surtout modifié le droit du travail ces derniers mois : instauration d’un salaire minimum, suppression progressive de la kefala, une sorte de soumission à l’employeur.

Mais de nombreux ouvriers continuent d’être exploités.

4 min

Troisième source de controverse : le coût environnemental.

C’est, curieusement, la polémique la moins médiatisée, alors que l’incohérence saute aux yeux.

Une telle compétition (avec un million de supporters attendus) dans un pays au climat désertique, implique des dépenses et une pollution, peu compatibles avec la priorité planétaire de la lutte contre le réchauffement climatique.

Beaucoup d'argent et beaucoup d'adresse

Le Qatar n’est pas à l’abri de nouvelles polémiques d’ici à la compétition en novembre : c’est le prix à payer pour chercher la lumière des projecteurs.

Mais pour l’instant, vu de Doha, pas d’avis de tempête.Toutes ses controverses ont disparu du paysage.

Sans doute parce que la puissance de Doha dépasse la diplomatie du sport.

C’est le fruit de sa stratégie du carnet de chèques. Le Qatar vend : du gaz, beaucoup de gaz. Il possède les 3èmes réserves mondiales, une mine d’or.

Et il achète. Beaucoup aussi. Pas seulement des clubs de foot comme le PSG : des hôtels, des participations dans des grandes entreprises (LVMH, Lagardère).

Il possède une énorme compagnie d’aviation (230 appareils). Et un conglomérat médiatique : Al Jazeera.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

C’est aussi le fruit de son habileté diplomatique.

Longtemps montré du doigt pour ses liens avec les Frères Musulmans, le Qatar s’est peu à peu forgé une image de neutralité.

Il se voit comme une Suisse du 21ème siècle, un médiateur qui parle à tout le monde : les Chinois comme les Européens, les Russes comme les Américains.

Et dans la région, il échange aussi bien avec l’Iran que les Talibans afghans. Il a même réussi à faire plier l’embargo imposé par ses grands voisins et rivaux, Arabie Saoudite, Emirats.

C’est une réussite spectaculaire.

C’est pour ça que la FIFA est plus prompte à bannir les footballeurs russes qu’à esquisser une critique du Qatar.

Et c’est comme ça que ce micro Etat va se retrouver cette année, avec le ballon rond, au centre du monde.

Précisément là où souhaite se trouver son émir.

L'équipe

Jean-Marc Four
Jean-Marc Four
Jean-Marc Four
Production
Jean-Marc Four
Jean-Marc Four