Jeudi 2 décembre 2021, exercices militaires conjoints entre les pays de l'ASEAN, dont l'Indonésie, et la Russie. ©AFP - AFP PHOTO / INDONESIAN FLEET COMMAND KOARMADA I
Jeudi 2 décembre 2021, exercices militaires conjoints entre les pays de l'ASEAN, dont l'Indonésie, et la Russie. ©AFP - AFP PHOTO / INDONESIAN FLEET COMMAND KOARMADA I
Jeudi 2 décembre 2021, exercices militaires conjoints entre les pays de l'ASEAN, dont l'Indonésie, et la Russie. ©AFP - AFP PHOTO / INDONESIAN FLEET COMMAND KOARMADA I
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Résumé

D’après une étude publiée aujourd’hui, les cent plus grands groupes du secteur de la défense ont battu un nouveau record de ventes. Le marché de l’armement reste essentiel dans le jeu des alliances diplomatiques.

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531 milliards de dollars, 470 milliards d’euros. Voilà le chiffre d’affaires des cent plus grands groupes mondiaux d’armement en 2020.

L’économie mondiale a chuté de 3% l’an dernier. La pandémie, le confinement ont touché tous les secteurs. Tous sauf un : l’industrie de la défense. 

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Les ventes d’armement et de services militaires ont même augmenté de 1,3% sur un an.

C’est ce que nous dit le rapport d’un organisme très réputé dans ce domaine, le SIPRI, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.

Depuis 2015, le chiffre d’affaires du top 100 du secteur ne cesse d’augmenter : +17% sur la période. 

Dans l’ensemble donc, ces entreprises ne connaissent pas la crise. Elles ont pu bénéficier du soutien des Etats pendant la pandémie. Certaines estiment que le confinement a eu, ou aura à un moment, un impact sur leurs ventes. Mais les problèmes logistiques d’approvisionnement, plus importants sans doute cette année, n’ont eu qu’une incidence limitée sur les chiffres de 2020.

Et l’explication principale tient en une phrase : les gouvernements du monde entier sont toujours aussi demandeurs de matériel et de services militaires. 

Trois groupes chinois dans le top 10

En tête du classement, on trouve bien sûr les Américains. Ce n’est pas une surprise. Les Etats-Unis dominent largement le marché. Ils représentent 54% du chiffre d’affaires de ce top 100.

Aux cinq premiers rangs, on ne trouve que des entreprises américaines, et c’est le cas depuis 2018 : Lockheed Martin, Raytheon Technologies, Boeing, Northrop Grumman, et General Dynamics. 

Premier européen : le Britannique BAE Systems, à la sixième place.

Airbus se classe onzième.

Deux groupes français figurent dans le top 25 : Thales et Safran.

Dassault n’est que 32ème mais devrait remonter au classement l’an prochain après, entre autres, le méga-contrat signé vendredi aux Emirats arabes unis en présence d’Emmanuel Macron, 80 avions Rafale.

On retient aussi de ce rapport la progression constante de la Chine, deuxième fabricant mondial d’armes. Trois groupes chinois, qui appartiennent tous à l’Etat, apparaissent dans le Top 10. 

Pékin est devenu un acteur majeur du secteur. Le pays ne cesse de renforcer et de moderniser son armée. Et dans certains domaines, les technologies développées par la Chine sont les plus avancées au monde. On peut citer le système de navigation BeiDou, concurrent du GPS américain, à la fois civil et militaire.

Un monde instable

Le marché de l’armement est aussi très dynamique en raison de l’instabilité dans certaines régions et du jeu des alliances entre pays.

Voilà des années que de nombreux Etats se réarment. 

Le terrorisme menace plusieurs régions, comme le Sahel ou le Moyen-Orient. Les ambitions chinoises inquiètent le Pacifique, devenu une priorité pour les Etats-Unis. La Russie menace l’Ukraine, l’est de l’Europe, ou les pays baltes. La Turquie déstabilise la Méditerranée. L’Iran et la Corée du Nord progressent vers l’arme nucléaire. Des pays s’embrasent : l’Ethiopie, la Birmanie…

La liste est longue. Dans ce contexte, pas question pour un Etat d’être seul et vulnérable, il faut nouer des alliances.

De ce point de vue, le contrat d’armement demeure une valeur sûre. 

Exemple : Vladimir Poutine est aujourd’hui en Inde, son deuxième voyage seulement depuis le début de la pandémie. Eh bien la vente de S-400, les systèmes russes de défense antiaérienne, est évidemment au menu.

Emmanuel Macron a concrétisé la semaine dernière un partenariat avec les Emirats grâce à un contrat colossal incluant 80 Rafale. Avant cela, l’Egypte, la Grèce ou la Croatie ont été séduits par l’avion de combat français. 

A chaque fois, c’est un moyen de joindre l’utile au stratégique. Et c’est essentiel dans le jeu diplomatique mondial.

Voilà pourquoi ni les appels à la modération des ONG ni même donc le ralentissement économique international n’ont une influence sur le marché de l’armement.

Références

L'équipe

Franck Mathevon
Production
Jean-Marc Four
Jean-Marc Four