Donald Trump en meeting en Floride le dimanche 6 novembre
Donald Trump en meeting en Floride le dimanche 6 novembre ©AFP - Eva Marie UZCATEGUI / AFP
Donald Trump en meeting en Floride le dimanche 6 novembre ©AFP - Eva Marie UZCATEGUI / AFP
Donald Trump en meeting en Floride le dimanche 6 novembre ©AFP - Eva Marie UZCATEGUI / AFP
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Le parti républicain part grand favori des élections de mi-mandat demain aux États-Unis. Il pourrait reprendre le contrôle des deux Chambres. Ce serait un sérieux revers pour Joe Biden et les démocrates. Et un vrai succès pour Donald Trump. Pourtant le retour de l’ancien président n'est pas assuré.

Les vœux de Donald Trump semblent en passe d’être exaucés.

L’ancien président, qui appelait en meeting ce week-end, à une « vague géante rouge » va sans doute se frotter les mains.

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Le rouge (c’est la couleur de la droite républicaine aux États-Unis) est parti, selon les sondages, pour décrocher demain une majorité confortable à la Chambre des Représentants. La droite peut aussi espérer récupérer le Sénat (ça se jouera à un siège ou deux) sans oublier de multiples postes de gouverneurs.

Et dans la plupart des cas, les nouveaux élus républicains seront des bébés Trump, des enfants du complotisme. Comme Kari Lake en Arizona, John Gibbs dans le Michigan ou Mehmet Oz en Pennsylvanie.

Les rares élus républicains qui avaient voté pour la destitution de l’ancien président ont été écartés.

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Plus de la moitié des candidats présentés par le parti républicain aux scrutins de demain, considèrent, avec Trump, que l’élection de Biden a été volée il y a deux ans.

Et Trump pourra d’autant plus revendiquer la victoire qu’il s’est fortement impliqué dans cette campagne de mi-mandat.

Il a soutenu près de 200 candidats, multiplié les meetings jusqu’à la dernière minute, en Pennsylvanie, dans l’Ohio. Et s’est posé en défenseur du pouvoir d’achat : l’inflation (près de 10%) c’est le sujet numéro un de la campagne. Et il va bénéficier de la dérégulation de Twitter.

Ses partisans en sont donc persuadés : la victoire de demain sera le tremplin de l’annonce de candidature de Trump pour 2024.

Le grand classique du revers à mi-mandat

Mais ce scénario est trop simple et néglige d’autres paramètres : le premier, c’est la nature du scrutin de demain.

D’abord restons prudents sur les pronostics des sondages. 39 millions de personnes ont voté par anticipation, c’est considérable, ça peut modifier le résultat.

Et le profil souvent extrémiste des candidats républicains adoubés par Trump a pu agir comme un repoussoir auprès d’électeurs modérés.

Ensuite, les élections de mi-mandat sont presque toujours synonymes de revers pour le parti du président en place (en l’occurrence Joe Biden). Depuis un siècle et demi, les exceptions sont rarissimes.

Dans l’Histoire récente, il n’y a guère que George Bush Jr, pour avoir remporté la mise à mi-mandat, mais c’était en 2002, dans le trauma post attentats de 2001. Sinon, à chaque fois, c’est un échec : Clinton, Obama, Trump, tous ont perdu à mi-mandat.

Géopolitique
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Parce qu’à mi-mandat, les électeurs mécontents sont plus mobilisés que les satisfaits ; ils veulent sanctionner le pouvoir en place.

Mais deux ans plus tard, lorsqu’il faut retourner encore aux urnes dans cet étrange système politique américain, le balancier repart dans l’autre sens. C’est comme ça que Clinton et Obama ont été réélus.

Donc les démocrates peuvent très bien perdre demain. Si l’on en croit l’histoire politique des États-Unis, ça ne veut pas dire qu’ils perdront dans deux ans.

Trump a des rivaux républicains

Reste cette impression de se diriger vers un remake du duel Biden Trump, où cette fois Trump pourrait l’emporter !

Mais je mettrais volontiers une petite pièce sur un tout autre scénario : ni Biden, ni Trump.

En cas de défaite de son parti demain, Biden, 80 ans dans quelques jours, sera affaibli. Une candidature bis dans 2 ans deviendra plus improbable.

Quant à Trump, certes il demeure incontournable dans les rangs républicains. Mais il sera lui aussi vieillissant dans 2 ans : 78 ans.

En plus les États-Unis n’aiment pas les perdants. Et Trump a perdu en 2020.

Ensuite, Il ne faut pas sous-estimer les soucis judiciaires de l’ancien président. Dès les élections de mi-mandat passées, les enquêtes vont repartir : l’investigation sur son recel de documents classés top secret ; la commission d’enquête parlementaire sur son rôle dans l’assaut contre le Capitole en janvier 2021.

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Enfin, et surtout, Trump ne fait pas l’unanimité chez les Républicains : il aura du mal à convaincre les femmes, les jeunes, et il a perdu de son aura auprès de l’électorat évangélique.

Et puis il a des rivaux : son ancien vice-président Mike Pence, et la figure montante du parti, Ron de Santis, qui peut espérer demain être réélu triomphalement gouverneur de Floride.

Tous deux incarnent beaucoup plus l’ADN idéologique profond du parti républicain aujourd’hui : anti IVG, anti LGBT, pro-armes, pro famille traditionnelle, anti immigration.

Les financiers du parti mettront leurs billes sur le cheval le plus à même de l’emporter dans les Etats-clés : Géorgie, Arizona Pennsylvanie.

Ces États où précisément Trump a perdu en 2020.

Donc oui on peut très bien se retrouver avec un duel entièrement nouveau dans deux ans.

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