Le compte Twitter de Donald Trump a été rétabli hier par le nouveau patron du réseau social Elon Musk
Le compte Twitter de Donald Trump a été rétabli hier par le nouveau patron du réseau social Elon Musk ©AFP - Dogukan Keskinkilic / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Le compte Twitter de Donald Trump a été rétabli hier par le nouveau patron du réseau social Elon Musk ©AFP - Dogukan Keskinkilic / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Le compte Twitter de Donald Trump a été rétabli hier par le nouveau patron du réseau social Elon Musk ©AFP - Dogukan Keskinkilic / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
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C’est la dernière décision du nouveau patron de Twitter : le milliardaire Elon Musk vient de réautoriser Donald Trump sur le réseau social. Quand on sait l’utilisation qu’en faisait l’ancien président, il y a de quoi s’inquiéter. Et cet épisode est révélateur de l’évolution des réseaux sociaux.

C’est donc la dernière foucade de l’homme qui possède 190 milliards : Elon Musk rétablit le compte Twitter de Donald Trump.

Et la méthode employée est en soi révélatrice : Musk a organisé un pseudo-sondage sur le réseau social.

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Résultat « officiel » : 15 millions de votants, 51% pour le retour de Trump, 49% contre. La valeur démocratique du « scrutin » est évidemment nulle. Puisque par exemple, personne ne peut dire combien de robots ont voté.

Mais la conclusion de Musk, c’est : « Vox populi, vox dei. Le peuple a décidé ».

Du grand n’importe quoi. Et le pire c’est qu’en écrivant cette affirmation, Musk y croit sans doute.

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Et bien sûr, aussitôt dit, aussitôt fait. Dès hier, le compte de Trump a été rétabli.

Il est pour l’instant inactif, mais il y a quand même quelqu’un derrière puisque le compte propose un lien vers la campagne de financement de Trump pour la présidentielle 2024.

Et bien sûr, le nombre d’abonnés a aussitôt grimpé : 87 millions.

Rappelons que ce compte était suspendu depuis janvier 2021, et depuis ses quasi-appels à l’insurrection pour empêcher l’investiture de Joe Biden.

On se souvient aussi que Twitter était devenu, pendant les années Trump, le clairon du président : il en avait fait son outil de campagne et il y annonçait toutes ses décisions politiques, même le licenciement de ses collaborateurs.

On n’ose imaginer la suite alors qu’il repart au combat pour reprendre la Maison Blanche.

Le joujou du Dr Folamour

On en vient à se demander qui est, de Trump et de Musk, est le plus inquiétant ;

J’ai envie de répondre Musk.

Le nouveau patron de Twitter se présente comme le défenseur des libertés, l’homme qui ne censure personne, le partisan du « free speech ».

En réalité, il se comporte comme un tyran mégalo. Et soit dit en passant, il n’en est pas un paradoxe près : il se veut ultra libéral, mais il a bénéficié de milliards d’aides publiques pour ses sociétés Tesla et Space X.

Et puis, désolé pour la formulation, mais Musk est un peu cinglé.

Persuadé de détenir le bien.

Et volontiers vulgaire à l’occasion : par exemple justement avec l’un de ses Tweets la nuit dernière, un dessin où il assimile Trump à un prêtre qui essaie de résister à la tentation de revenir sur Twitter. Twitter incarné par une jeune femme dévêtue.

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Le multimilliardaire, trois semaines après le rachat du réseau social,  affirme vouloir en faire l « la source d’information la plus fiable au monde ».

Mais dans la pratique, il fait exactement l’inverse : il a viré la moitié du personnel en quelques jours, dont toutes les équipes qui s’occupent de la sécurité et de la lutte contre la désinformation.

Il y a quelques années, Twitter avait incarné un canal de mobilisation populaire, par exemple pendant les printemps arabes.

Le réseau a aussi montré son utilité d’information pratique pendant de nombreuses catastrophes, des ouragans, des attentats, la pandémie de Covid.

Mais aujourd’hui, le réseau aux 430 millions d’abonnés est surtout en train de devenir le joujou d’un Dr Folamour.

Le rôle excessif des réseaux sociaux

Le tout, c’est de le savoir !

Les frasques et les incohérences d’Elon Musk peuvent même servir d’alerte sur ce que deviennent les réseaux sociaux.

Faut-il laisser à quelques milliardaires plus ou moins illuminés, ces mêmes qui dirigent les principaux réseaux sociaux, le pouvoir de définir ce qui est diffusable ou pas ? Moral ou pas ? Dangereux ou pas ?

Poser la question c’est y répondre.

Dans le cas de Twitter, cet épisode peut servir de révélateur sur le rôle excessif pris par ce réseau social dans le débat public.

Twitter est un réseau utilisé plutôt par des couches sociales aisées, par les élites, et par les médias. Il conduit la sphère médiatique à se surveiller elle-même en permanence, voire à se copier.

C’est devenu une caisse de rétrécissement de l’information.

Hier le grand network américain CBS a d’ailleurs décidé de suspendre toutes ses publications sur Twitter, au vu des décisions d’Elon Musk.

Et puis le réseau social à l’oiseau bleu est aussi devenu une incarnation de l’agressivité publique : le diktat de la phrase assassine.

Bref, cet épisode Musk / Trump, devrait nous éclairer sur la nécessité de remettre les réseaux sociaux à leur place.

Ils ne sont pas un but en soi. Plutôt un outil de communication, parfois de propagande. Plus rarement une source d’information fiable.

Et ils ne sont certainement pas une garantie de démocratie. Plutôt un miroir aux alouettes.