Le 20 octobre, à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Joe Biden défend son programme d'investissement dans les infrastructures sur le chantier du Fern Hallow Bridge
Le 20 octobre, à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Joe Biden défend son programme d'investissement dans les infrastructures sur le chantier du Fern Hallow Bridge ©AFP - MANDEL NGAN
Le 20 octobre, à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Joe Biden défend son programme d'investissement dans les infrastructures sur le chantier du Fern Hallow Bridge ©AFP - MANDEL NGAN
Le 20 octobre, à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Joe Biden défend son programme d'investissement dans les infrastructures sur le chantier du Fern Hallow Bridge ©AFP - MANDEL NGAN
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Mardi 8 novembre, les Etats-Unis votent pour les élections de mi-mandat. Les démocrates pourraient perdre le contrôle du Congrès. Comme souvent aux Etats-Unis, l’économie est au cœur de la campagne. Un talon d’Achille pour Joe Biden malgré des réformes majeures ces deux dernières années.

A chaque scrutin américain, on répète ce slogan de la campagne de Bill Clinton en 92 : « It’s the economy, stupid » (citation attribuée au stratège démocrate James Carville). En clair, l’économie compte plus que tout pour convaincre les électeurs. Et cette année, ce mantra fonctionne encore : pour plus d’un tiers des Américains, l’économie est la principale préoccupation. Pour 80% d’entre eux, c’est un sujet « très important » au moment de voter.

Et c’est bien le problème pour Joe Biden et les démocrates. Les élections de mi-mandat ne vont sans doute pas se jouer sur la défense du droit à l’avortement, comme ils le souhaiteraient, mais plutôt sur la question du pouvoir d’achat. Et de ce point de vue, les nouvelles sont mauvaises.

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L’inflation dépasse les 8% sur un an. Et pour les produits alimentaires, la hausse des prix est supérieure : +30% par exemple pour les œufs, +24% pour la farine. L’essence coûte aussi plus cher que l’an dernier même si le prix du litre était plus élevé encore avant l’été.

L’Américain moyen voit en tout cas la facture augmenter à la caisse du supermarché. La faute à qui ? Au gouvernement bien sûr, répondent les électeurs. Les derniers sondages sont donc favorables aux Républicains, jugés dans l’ensemble plus crédibles sur l’économie.

Mardi prochain, les Démocrates pourraient ainsi perdre le contrôle de la Chambre des représentants, voire celui du Sénat.

L'inflation, préoccupation principale des Américains

La croissance est pourtant de retour. +2,6% au troisième trimestre sur un an, après deux trimestres de baisse de l’économie américaine.

Un chiffre qu’il faut nuancer. En fait, les Etats-Unis ont réduit leurs importations et vendent plus de pétrole, mais la consommation des ménages ne décolle pas.

De toute façon, on y revient, l’inflation reste le principal problème. La Fed, la banque centrale américaine, réunit son comité de politique monétaire les 1er et 2 novembre. Une nouvelle hausse des taux est attendue pour juguler cette inflation, au risque de plomber l’économie et de provoquer une récession.

Le camp démocrates met en avant la conjoncture mondiale. Après tout, les Etats-Unis ne s’en sortent pas si mal, le chômage est au plus bas, à 3,5%.

Et surtout, l’administration Biden a engagé des réformes majeures pour transformer l’économie américaine. C’est l’argument du camp démocrate.

Il faut rappeler ici les plans d’investissement massifs votés par le Congrès depuis deux ans : 1200 milliards de dollars pour les infrastructures ; près de 400 milliards pour décarboner l’économie américaine, la rendre plus verte ; et près de 300 milliards pour développer les puces électroniques, investir dans la recherche et être moins dépendants de l’Asie.

Les Bidenomics en questions

Pendant longtemps, les Etats-Unis ont fait confiance aux marchés pour s’autoréguler, fixer le cap. Depuis les années Reagan en particulier, le gouvernement se tient à l’écart des affaires économiques et industrielles.

Sous Joe Biden, l’Etat redevient interventionniste. Il définit les domaines vers lesquels l’économie doit s’orienter, et offre des aides aux entreprises et aux ménages dans ces secteurs.

Il y a au moins trois raisons à cela.

D’abord, il faut concurrencer la Chine qui subventionne massivement sa propre économie.

Deuxième raison : La pandémie de Covid-19 a fait prendre conscience aux Etats-Unis qu’il fallait être plus autonome. Le pays a été victime par exemple de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, essentiels pour l’automobile.

Enfin, il faut décarboner l’économie, agir pour le climat, investir dans les batteries au lithium, les éoliennes, ou la captation du carbone.

L’administration Biden défend par ailleursune forme de protectionnisme en accordant beaucoup d’avantages à ses propres entreprises, ce qui agace d’ailleurs beaucoup les Européens.

Cette politique interventionniste a un nom, les Bidenomics, ou l’économie selon Joe Biden.

Mais les électeurs américains semblent peu sensibles à ce changement de cap. S’ils font plutôt confiance aux Républicains mardi prochain dans les urnes, ils n’auront même pas pris le temps de vérifier si cette nouvelle approche économique, assez audacieuse, porte ses fruits.

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