Seule la couronne était là pour le discours de la rentrée parlementaire: pas la Reine, remplacée par son fils
Seule la couronne était là pour le discours de la rentrée parlementaire: pas la Reine, remplacée par son fils
Seule la couronne était là pour le discours de la rentrée parlementaire: pas la Reine, remplacée par son fils ©AFP - Ben Stansall / AFP / POOL
Seule la couronne était là pour le discours de la rentrée parlementaire: pas la Reine, remplacée par son fils ©AFP - Ben Stansall / AFP / POOL
Seule la couronne était là pour le discours de la rentrée parlementaire: pas la Reine, remplacée par son fils ©AFP - Ben Stansall / AFP / POOL
Publicité
Résumé

A Londres, c’était aujourd’hui le traditionnel Discours de la Reine. Pour l’ouverture de la session parlementaire. Mais l’ambiance était morose : la Reine n’était pas là et le Royaume Uni n’est pas très uni, si l’on en croit les résultats des dernières élections locales.

En savoir plus

Dans « Royaume Uni », les deux mots, désormais, posent un peu question.

Commençons par « Royaume ».

Publicité

La scène, tout à l’heure à Midi et demi, dans la Chambre des Lords, avait tout du symbole : l’hymne « God Save the Queen » mais sans la Queen.

La Couronne, toute seule, posée tristement sur un coussin de velours rouge, là où normalement trône la Reine.

Puis son fils, le prince Charles, en costume d’apparat de la marine, assis à la place du prince consort, là où siégeait son père décédé.

C’est donc lui, Charles qui a prononcé le traditionnel discours de rentrée. Et les flonflons, les apparats, les couleurs chatoyantes de la Chambre n’ont pas pu dissiper cette étrange sensation : l’absente était la plus présente.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Elizabeth II, 96 ans, n’était donc pas là pour ce rendez-vous emblématique. Pour la première fois depuis 59 ans : c’était en 1963, et elle avait alors séché, uniquement parce qu’elle était enceinte de son dernier fils Edward.

La Reine est fatiguée, le Palais reconnait des « problèmes de mobilité ».

Elle a annulé toutes ses « garden parties » de l’été prochain. Et elle se ménage en vue des célébrations fde son Jubilé de platine (70 ans sur le trône) début juin.

L’image de la monarchie britannique est tellement associée à cette femme hors du commun, que l’effacement progressif d’Elizabeth II interroge mécaniquement sur l’avenir du Royaume.

A désormais 73 ans, Charles apparait par avance comme un souverain de transition. La succession sera difficile pour la monarchie la plus célèbre du monde.

Des forces centrifuges en Écosse et en Irlande du Nord

Ensuite il y a donc « Uni » dans « Royaume Uni », et là non plus ce n’est pas terrible !

Les élections locales de la fin de la semaine dernière viennent d’en apporter la preuve : le Royaume est de moins en moins uni.

Rappelons-le, le « United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland » est composé de 4 nations : l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande du Nord.

Et depuis le Brexit, les deux dernières ont vu s’accentuer les forces centrifuges : autrement dit les envies de couper les ponts avec le Royaume.

En Irlande du Nord, pour la première fois depuis la fin de la guerre civile il y a 24 ans, les nationalistes du Sinn Fein, partisans de la réunification des deux Irlande, deviennent le premier parti.

Portés par une nouvelle génération sans lien avec les années du combat armé de l’IRA, le Sinn Fein va choisir le nouveau premier ministre nord-irlandais.

L’évolution démographique contribue à cette mutation : les catholiques nationalistes font plus d’enfants que les protestants unionistes pro-britanniques.

Et en République d’Irlande, au Sud, le Sinn Fein a également le vent en poupe. Il promet d’ici 5 ans, un référendum sur la réunification.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

En Ecosse, c’est encore plus net.

Les indépendantistes du SNP, le Scottish National Party ont encore progressé lors de ces mêmes élections locales: 453 élus. A eux seuls, ils ont presque autant d’élus que les deux grands partis britanniques réunis, les travaillistes et les conservateurs.

La cheffe du SNP, Nicola Sturgeon, a mis ses équipes de juristes au travail.

Pour proposer un nouveau référendum sur l’indépendance avant la fin de l’an prochain.

Le retour aux affaires courantes

Que tous les fans du Royaume Uni se rassurent, on n’en est pas encore à l’implosion !

A court terme, Oh my God, il ne va rien se passer.

A court terme, c’est retour aux affaires courantes.

Lors du « discours de la Reine » qui est en fait un discours de politique générale du gouvernement, simplement lu par le monarque, le prince Charles a poliment égrené les 38 réformes promises par Boris Johnson.

Le premier ministre veut détourner l’attention des scandales, des échecs électoraux et des menaces pour le Royaume, donc il promet plus de pouvoir d’achat, une meilleure éducation, un ordre public renforcé, etc.

A court terme encore, les sécessions potentielles de l’Écosse et de l’Irlande du Nord sont loin d’être acquises.

En Irlande du Nord, l’indépendance n’est souhaitée pour l’instant que par 30% des électeurs.

En Ecosse, un premier référendum en 2014 avait validé le maintien dans le Royaume et le gouvernement de Londres refuse d’en autoriser un second.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

A court terme toujours, les festivités du Jubilé, début juin, vont redonner de la vigueur à la Couronne.

Et conforter les Britanniques dans leur conviction que leur monarchie constitutionnelle et parlementaire est le meilleur des régimes.

Donc le Royaume Uni n’est pas menacé à court terme.

Mais à moyen terme, c’est une autre histoire.

Il y a des fissures dans l’édifice. Sur l’unité comme sur la monarchie.

Les diamants sont peut-être éternels.

Le Royaume Uni peut-être pas.

Références

L'équipe

Jean-Marc Four
Jean-Marc Four
Jean-Marc Four
Production