Kristalina Giorgeva, directrice générale du FMI, était soupçonnée de favoritisme en faveur de la Chine alors qu'elle était à la Banque Mondiale. ©AFP - OLIVIER DOULIERY / AFP
Kristalina Giorgeva, directrice générale du FMI, était soupçonnée de favoritisme en faveur de la Chine alors qu'elle était à la Banque Mondiale. ©AFP - OLIVIER DOULIERY / AFP
Kristalina Giorgeva, directrice générale du FMI, était soupçonnée de favoritisme en faveur de la Chine alors qu'elle était à la Banque Mondiale. ©AFP - OLIVIER DOULIERY / AFP
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Résumé

Kristalina Georgieva, la dirigeante du Fonds Monétaire International a été reconfirmée hier à son poste malgré des soupçons d'irrégularités. Elle était accusée de manipulations de données en faveur de la Chine lors de son précédent poste à la Banque mondiale. Des faits "infondés", selon elle.

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Rappel des faits... En 2018 : Kristalina Georgieva est numéro deux de la banque mondiale, vénérable institution internationale financière issue de la deuxième guerre mondiale, qui publie chaque année, un rapport, le Doing Business. Littéralement : "faire des affaires".

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Chaque année, ce rapport classe les pays selon leur état de santé économique, une sorte de bulletin de notes pour les investisseurs qui savent ainsi s'ils doivent ou pas investir dans tel ou tel pays en fonction de son potentiel et de sa stabilité économique. 

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Le Doing Business sert aussi de repère pour établir les taux auxquels les états peuvent emprunter. 

C'est dire l'importance de cette publication, et on imagine bien la colère de la France, il y a quelques années, quand elle s'est vue dépasser par la Jamaïque, à cause du système de notation utilisé.

Car les pays qui obtiennent les meilleures notes, et donc le meilleur rang sont ceux qui appliquent les réformes préconisées par le FMI, le classement descend pour ceux qui maintiennent par exemple trop de subventions ou d'amortisseurs sociaux. 

Une politique d’inspiration ultra-libérale

Et pour cause, les Etats Unis sont les premiers contributeurs de la Banque Mondiale, suivis par le Japon. Or en cette année 2018, les caisses de la Banque mondiale ne sont pas florissantes, et l'institution aimerait que la Chine, deuxième économie mondiale, augmente sa quote-part au sein de l'institution. 

Problème : les indicateurs ne lui sont pas favorables. Un subit changement de calcul permet alors à Pékin de gagner 7 places, passant de la 85e à la 78e. Un changement de traitement de données qui aurait été impulsé sous pression de Kristalina Georgieva, assurent ses détracteurs... 

Or en 2018, Donald Trump est à la tête des Etats Unis. La guerre économique entre Washington et Pékin fait rage. Dans ce contexte ce classement positif de la Chine déplait fortement à la Maison Blanche.

Le comité d'éthique de la Banque Mondiale décide alors d'une enquête, confiée à un cabinet d'avocats américain. Ce sont les conclusions de cette enquête qui ont été analysées hier par le FMI, dont, entre temps, Kristalina Georgieva est devenue la présidente.

Le FMI est l'autre grande institution financière mondiale, également issue de la conférence de Bretton Woods, qui en 1944 a jeté les bases de l'économie mondiale de l'après-guerre. 

Un profil qui dérange

Depuis cette époque, traditionnellement, la Banque Mondiale est dirigée par un américain et le FMI, par un européen. En l'occurrence une européenne, Kristalina Georgieva ayant succédé à Christine Lagarde..

Voir Kristalina Georgieva nommée à ce poste après la polémique du rapport Doing Business n'a pas été du gout de tout le monde. 

Surtout que son profil a fait tiquer à Washington. Pensez-donc. Une bulgare, née dans le bloc de l'est, qui a travaillé en Russie, et qui vient d'un pays émergent: bref, pas vraiment dans les clous... 

Economiste réputée, soutenue par l'Union européenne et l'Afrique, elle a pourtant déjà marqué le FMI par son action, notamment en faveur de l'environnement. 

Elle entend en faire un pionnier dans la lutte contre le dérèglement climatique. Dans le contexte du Covid, elle a aussi su convaincre les pays membres d'augmenter les réserves du FMI pour aider les pays les plus vulnérables face à la pandémie. 

Les accusations qui la visaient ont déchiré le FMI, qui a pourtant fini par conclure, hier à l'absence de preuves concluantes sur sa culpabilité, malgré les réticences du Trésor américain et du Japon, qui entendent superviser de près son action. 

Pour le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, un de ses principaux soutiens, Kristalina Georgieva a été victime d'une cabale aux relents de Maccarthisme, un bon vieux retour à la chasse aux sorcières. 

Références

L'équipe

Claude Guibal
Claude Guibal
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Production
Jean-Marc Four
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