Joe et Jill Biden à Buffalo en train de se recueillir sur le site de la tuerie raciste de samedi dernier
Joe et Jill Biden à Buffalo en train de se recueillir sur le site de la tuerie raciste de samedi dernier
Joe et Jill Biden à Buffalo en train de se recueillir sur le site de la tuerie raciste de samedi dernier ©AFP - Nicholas Kamm / AFP
Joe et Jill Biden à Buffalo en train de se recueillir sur le site de la tuerie raciste de samedi dernier ©AFP - Nicholas Kamm / AFP
Joe et Jill Biden à Buffalo en train de se recueillir sur le site de la tuerie raciste de samedi dernier ©AFP - Nicholas Kamm / AFP
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Résumé

Joe Biden est à Buffalo dans le Nord des États-Unis pour rendre hommage aux victimes de la tuerie raciste de samedi, le tout le jour d’élections primaires dans 5 États, vote marqué par un vif débat sur l’avortement. Et si l'Europe connaissait aussi cette double évolution violente et conservatrice ?

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« Il n’y a aucun doute sur le fait que c’est un crime raciste motivé par la haine ».

Voilà la formule utilisée par la police de Buffalo : elle est catégorique sur les motivations de Payton Gendron, cet homme blanc de 18 ans, qui a donc tué 10 personnes, essentiellement des afro-américains, dans un supermarché samedi. Il voulait tuer des noirs. Il l’a même écrit.

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La violence et le culte voué aux armes ont toujours fait partie de l’Histoire américaine.

Mais depuis quelques années, la situation se dégrade, alimenté par un discours radical sur le suprémacisme blanc. Et sur la théorie complotiste du « grand remplacement » adoptée par un Américain sur trois.

Le terrorisme frappe à répétition : un centre commercial fréquenté par des migrants au Texas, une synagogue à Pittsburgh, une église afro-américaine en Caroline du Sud.

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Dans le même temps, l’autre principale évolution de société que connait le pays, c’est la poussée ultra-conservatrice des opposants à l’avortement. La Cour Suprême, on le sait, semble décidée, dans le mois qui vient, à mettre à terre le droit à l’avortement.

Et le sujet devient un enjeu politique, à 6 mois des élections de mi- mandat. Il est central dans les primaires de ce mardi en Pennsylvanie.

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Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de dire qu’être opposé à l’IVG est assimilable à tirer sur des noirs ou des juifs.

En revanche, il y a un point commun : cette mobilisation anti-avortement est portée par des cercles radicalisés ultra-conservateurs du parti républicain, où l’on retrouve les théoriciens du « grand remplacement ».

Théories complotistes et terrorisme d'extrême droite des deux côtés de l'Atlantique

Et il y a effectivement des points communs. D’abord, la polarisation et la violence croissante dans la société.

Aux Etats-Unis, la théorie du grand remplacement a été légitimée par une partie de la classe politique (Donald Trump en tête) et par une partie des médias (comme l’animateur de Fox News Tucker Carlson).

En Europe aussi, elle est de plus en plus présente : à l’extrême droite, avec Matteo Salvini en Italie, Geert Wilders aux Pays-Bas, Eric Zemmour en France. Et on voit apparaître, ici aussi, des médias qui propagent ces idées.

Le souci, on le voit aux Etats-Unis, c’est que cette théorie pousse certains jusqu’au meurtre.

Or en Europe aussi, le terrorisme d’extrême droite est devenu, depuis 5 ans, plus meurtrier que le terrorisme islamiste. Fait établi par le très sérieux Global Terrorism Index. Citons par exemple les attentats de Halle ou de Hanau en Allemagne.

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Nous n’en sommes pas à la situation des Etats-Unis. Mais il y a une dérive.

Quant aux questions des droits, en particulier des droits des femmes, ils sont également remis en cause dans certains pays européens.

On pense à la Pologne, où l’IVG est devenue quasi impossible. Et dans d’autres pays, en Italie, en Slovaquie, ce discours est également porté par plusieurs partis politiques.

Des sociétés qui s'éloignent l'une de l'autre

Donc une dérive violente et ultra-conservatrice est possible aussi en Europe, mais je n'y crois pas vraiment.

Parce qu’il y a, en Europe, d’autres indicateurs qui vont exactement dans le sens opposé.

Sur l’avortement d’abord, les droits des femmes ont plutôt tendance à progresser. Légalisation récente en Irlande et à Chypre. Et aujourd’hui même en Espagne, présentation d’une nouvelle loi qui garantit l’accès à l’IVG dans les hôpitaux publics.

Tout en instaurant aussi, soit dit en passant, un congé de 3 à 5 jours pour règles douloureuses. Une première en Europe.

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Sur la légitimation des discours suprémacistes blancs ensuite, les partis politiques qui l’incarnent ne parviennent pas au pouvoir en Europe jusqu’à présent.

A l’inverse du parti républicain version Trump ou post Trump, qui semble bien parti pour reprendre les commandes de la Chambre dans 6 mois.

A l’arrière-plan, il y a une autre différence entre le Vieux Continent et les États-Unis. C’est la relative faiblesse ici des mouvements évangéliques. Même s’ils progressent, ils sont loin d’avoir la même dynamique.

L’Europe continue de se séculariser, les jeunes en particulier sont de moins en moins pratiquants. Les statistiques sont spectaculaires dans des pays comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, la République Tchèque, la France.

Or aux Etats-Unis, les évangéliques sont le socle de la « révolution ultra conservatrice ».

Je prendrais donc plutôt le pari que les sociétés américaines et européennes sont plus en train de s’éloigner que de se rapprocher.

La volonté politique de Joe Biden de renouer le lien transatlantique est peut-être un trompe-l’œil. Les différences, en réalité, continuent de se creuser, entre les deux côtés de l’Atlantique.