Publicité
Résumé

Etoile montante du polar scandinave, Jørn Lier Horst poursuit une série commencée en 2004 avec un ancien inspecteur de police.

En savoir plus

Jørn Lier Horst a voulu créer un personnage proche de la réalité et surtout différent de ceux que l’on connaissait jusqu’alors, alcoolique et dépressif comme le Harry Hole de Jo Nesbø, taciturne comme le Wallander d’Henning Mankell ou profondément tourmenté comme le Erlendur d’Indridason.

William Wisting est ainsi un flic bien dans sa peau, qui travaille dans une ville balnéaire du sud de la Norvège, Larvik, et entretient de bonnes relations avec sa fille, devenue journaliste. Cette fois encore, elle va mener l’enquête en parallèle de celle de son père. Ce qui va créer des allers-retours intéressants sur le plan romanesque.

Publicité

Enquête sur une double affaire

Le roman s’ouvre sur un sombre anniversaire et des boîtes d’archives que l’inspecteur Wisting ressort des placards.

Vingt quatre ans plus tôt précisément, Katharina Haugen a disparu. En rentrant après quelques jours d’absence, son mari, Martin, a retrouvé une valise ouverte sur le lit. Et un mystérieux papier, des lignes et des chiffres, que personne n’a jamais réussi à déchiffrer. Et que l’on a fini par appeler « Le code de Katharina ».

Les années passant, Wisting n’a jamais vraiment lâché l’affaire jamais élucidée. Il est même devenu proche de Martin.

Tout va s’accélérer quand la police criminelle nationale débarque à Larvik. Elle rouvre l’enquête sur une autre disparition qui a marqué la région, plus ancienne encore. Avec pour principal suspect, Martin Haugen.

Coincer celui dont on s'est rapproché 

C’est tout l’enjeu du livre. Le jeune flic de la police nationale, manipulateur et sans scrupule, va demander à Wisting d’utiliser cette proximité avec le suspect pour obtenir de lui des confidences, voire des aveux.

Tout va se jouer au cours d’un week-end dans le chalet de Martin, isolé au bord d’un lac, où les deux hommes ont l’habitude de venir pêcher.

Jørn Lier Horst réussit à créer une tension croissante en mettant en scène le conflit moral qui agite son héros contraint de trahir la confiance de Martin Haugen.

Dans un paysage grandiose, à la beauté inquiétante, il met en scène un formidable huis clos. Un dialogue de plus en plus serré entre les deux hommes dont cet extrait donne une idée quand Martin demande à Wisting s’il ne l’a jamais soupçonné de connaître la vérité sur la disparition de sa femme…

Une porte d'entrée dans l'univers de l'auteur

L’auteur ne joue jamais sur le spectaculaire, l’action pour l’action. Il travaille sur ses personnages, Wisting, sa fille, et cette fois-ci le jeune inspecteur de la police nationale, passionnant d’ambiguïté.

Ancien flic, l’auteur connaît parfaitement les procédures et les arcanes du système. Son roman dégage ainsi un puissant effet de réel. Toute la tension vient de la progression millimétrée de l’enquête et des surprises qu’elle recèle. Que je vous laisse évidemment découvrir.

Le code de Katharina de Jørn Lier Horst. Traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, Série noire, éd. Gallimard.

Références

L'équipe

Michel Abescat
Production