Couverture du polar
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Résumé

Olivier Norek a été capitaine de police pendant 18 ans, puis il s’est mis à l’écriture avec un succès grandissant. Il publie son septième roman dont le titre est assez mystérieux : "Dans les brumes de Capelans"…

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Mystérieux et poétique, à l’image de ce roman entre chien et loup. Il se passe sur l’île Saint-Pierre, de Saint-Pierre et Miquelon, un territoire français à 4000 kms de l’Hexagone. Dans l’océan Atlantique nord, à l’est du Canada, au sud de Terre-Neuve.
Les brumes de Capelans sont un phénomène qui intervient entre le printemps et l’été, quand la brume envahit le territoire, trois semaines durant, jusqu’à le faire disparaître.
Et l’auteur utilise subtilement ce décor. Une toute petite île à la beauté sauvage, isolée, peu habitée à l’exception des maisons le long des côtes. Il en suggère l’atmosphère quand la brume s’en empare, comme une métaphore de l’histoire qu’il raconte, où tous les repères sont flous, où la vérité ne cesse d’échapper, où les protagonistes se dissimulent derrière un voile opaque. Une atmosphère de conte effrayant à l’intrigue pourtant très réaliste…

Et l’on retrouve, dans ce roman, le personnage des premiers livres d’Olivier Norek, le capitaine Victor Coste…

Un capitaine de la PJ, héros d’une trilogie qui se passait dans le 93. Et que Norek avait abandonné dans un sale état, après la mort, en opération, d’un membre de son équipe.
Six ans plus tard, après avoir tout largué, il travaille au service de protection des témoins. Chargé d’interroger et d’évaluer des criminels repentis, d’en tirer le maximum d’informations avant de les mettre à l’abri.
Coste travaille ainsi dans une résidence surveillée, classée secret défense, sur l’île de Saint-Pierre. Une sorte de forteresse, aux portes et fenêtres blindées, posée sur une falaise au dessus de l’océan.
Hanté par le passé, flic exceptionnel mais homme fragile, solitaire et asocial, il va se voir confier, par ses chefs, un témoin d’un genre inhabituel…

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De qui s’agit-il ?

Elle s’appelle Anna Bailly, elle a 24 ans. Elle vient d’être retrouvée dans une maison sordide. Kidnappée dix ans auparavant par un psychopathe, elle a vécue enfermée dans une cave qu’elle appelle « l’enclos ». Les autres victimes sont mortes ou n’ont jamais été retrouvées.
Anna est la seule à pouvoir remplir les blancs d’une enquête sur laquelle les flics se sont cassé les dents. Elle détient toutes les clés de l’affaire et Coste a pour mission de la faire parler.
Dans la forteresse au dessus de l’océan, perdue dans le brouillard, un jeu étrange s’installe ainsi entre le flic et le témoin. Un jeu où se mêlent méfiance et séduction, mensonge et éclats de franchise, manipulation et moments d’abandon…

Extrait :

"Le temps passa, une minute ou dix.
— Je sais que tu es sortie de l’enclos.
Elle ne bougea pas, mais suspendit sa respiration.
— Je sais que tu es sortie et je suis incapable d’imaginer ce que tu as accepté de faire pour qu’il te garde en vie.
Un silence. Sur le bandage, de petites taches rouges bourgeonnaient et s’étendaient doucement, le sang traversant les couches au fur et à mesure.
— Non, tu ne sais pas ce que j’ai fait, finit-elle par dire.
— Je m’en fous. C’est bien. C’est bien parce que ça t’a sauvé la vie. Tout ce que tu lui as cédé, tout ce que tu as supporté, tout ce que tu as toléré, rien ne pourra me décevoir, ou me dégoûter. Mais on doit mettre fin à tout ça.
— Ça fait dix ans que vous essayez.
Le temps passa. Une minute ou dix. Et lorsqu’elle parla de nouveau, les mots semblèrent lui entailler les lèvres.
— Il s’appelle Louis, finit-elle par dire. Il s’appelle Joseph, aussi. Et Milos. Et d’autres encore, que je ne connais pas. Il passe d’une identité à l’autre. Il n’existe pas. Vous ne le trouverez jamais."

Le roman joue essentiellement sur cette confrontation entre Coste et Anna

Cette confrontation est particulièrement impressionnante car elle a lieu entre deux êtres en mille morceaux. Chacun joue des fêlures et des faiblesses de l’autre. À la limite sans cesse de la rupture. Ils s’attirent et se repoussent, dans une sorte de danse de mort très ambiguë.
Et Olivier Norek joue quant à lui, avec une belle subtilité, des fragilités de tous ordres. Fragilités de ces deux êtres blessés, fragilités de la vérité, fragilités de la frontière entre le Bien et le Mal. Son roman se lit ainsi dans une tension grandissante, parfaitement orchestrée.

  • Dans les brumes de Capelans, d’Olivier Norek, est édité chez Michel Lafon

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Références

L'équipe

Michel Abescat
Production