Deux millions de bénévoles en moins
Deux millions de bénévoles en moins
Deux millions de bénévoles en moins ©Getty - Halfpoint Images
Deux millions de bénévoles en moins ©Getty - Halfpoint Images
Deux millions de bénévoles en moins ©Getty - Halfpoint Images
Publicité
Résumé

Une étude récente de Recherches et solidarités pour France Bénévolat montre que 27% des bénévoles ont cessé leur engagement pendant la crise sanitaire. Ce manque de bénévoles handicape les associations qui peinent à retrouver un état de fonctionnement normal.

En savoir plus

Le Covid-19 a déstabilisé de nombreux domaines, et parmi eux, les milieux associatifs. Une étude récente montre en effet qu’en 2022, les associations comptent 15% de bénévoles en moins qu’en 2019. Cela représente 2 millions de personnes qui ont interrompu leurs activités de bénévolat au cours des deux dernières années.

Un grand nombre d’associations peinent à maintenir leur niveau d’activité à cause de ce déficit d’engagement. SOS Amitié par exemple affirme n’être en mesure de répondre qu’à un appel sur cinq, faute de bénévoles.

Publicité
  • Comment soutenir le milieu associatif français ?
  • Faut-il repenser notre modèle d’engagement ?
  • Comment attirer les bénévoles dans les associations ?

France Bénévolat est une structure ayant pour vocation de développer l’engagement de bénévoles dans des associations. Si vous souhaitez vous engager, visitez leur réseau d’associations.

SOS Amitié est une association reconnue d’utilité publique pour la prévention du suicide. Pour devenir bénévole, vous pouvez remplir un formulaire de candidature sur la page web de l’association.

Avec nous pour en parler ce soir :

  • Hubert Pénicaud, Référent national pour la vie associative de France Bénévolat
  • Lynda Perdriau, Membre de SOS Amitié

Mais aussi, toutes vos questions et vos témoignages au standard de Radio France - 01 45 24 70 00 -, sur l'application France Inter et par e-mail à l'adresse telsonne@radiofrance.com.

Extraits de l'entretien

Deux millions de bénévoles en moins : que s’est-il passé ?

Fabienne Sintès explique : « Les Français font plus facilement du bénévolat direct et ponctuel donner du temps pour accueillir des réfugiés d'Afghanistan ou d'Ukraine, distribuer quelques repas aux Restos du cœur… Mais l'engagement associatif sur la longueur, celui qui nécessite du temps pour aller en réunion, pour se former, pour donner des heures, ça les gens en veulent moins. »

Un pic pendant le confinement

Lynda Perdriau est membre de SOS Amitié. Elle a constaté : « Au moment du confinement, une armée de volontaires est apparue. Les personnes ont senti un besoin de solidarité. Mais l’élan est retombé lorsque les maisons se sont ouvertes. Résultat : nous sommes arrivés à des niveaux très inférieurs de volontaires. On a moins de candidatures. Les gens s'en vont parce que la vie fait qu'on ne peut pas toujours rester à SOS Amitié. Mais c'est triste pour nous qui travaillons nous relayons pour être à l’écoute 24 heures sir 25, sept jours sur sept. Et lorsqu’on est bénévole, on a besoin de partager. »

Moins de bénévoles, et de plus en plus d’associations

Hubert Pénicaud a relevé un paradoxe. « Les citoyens expriment une grande envie d'agir et viennent frapper à la porte des associations.

Mais il n’y a jamais eu autant de créations d’associations. Donc, les bonnes volontés s’éparpillent.

Parfois, malgré le désir de s’engager, on constate une certaine difficulté a passer à l'action, car l’engagement prend du temps. »

Les bénévoles reprochent une certaine professionnalisation des associations

Un auditeur fait part de son expérience : « On demande aux bénévoles d'amener des compétences dans leur engagement. Les personnes qui s’engagent ont un peu l'impression d'être toujours au boulot et de ne pas être compétents sur les missions très précises qui leur sont données. Ça peut être un frein à l'engagement. »

Remettre du collectif dans l’associatif, travailler sur le sens et les valeurs

Le même auditeur déplore que : « Les personnes n’ont pas toujours de contact entre elles. Et les valeurs portées par les structures qui emploient des bénévoles sont parfois éloignées des valeurs pour lesquelles les personnes s'engagent bénévolement. » Hubert Pénicaud, référent national pour la vie associative de France Bénévolat : est d’accord. « La question du sens de l’engagement, est au cœur du bénévolat.

Mais depuis quelques années, beaucoup d’associations font un travail très important autour de la question de la réappropriation de leur projet associatif. Elles cherchent à se réinventer, à revenir à la source, et s’interrogent sur le sens de leur action a dans le monde d'aujourd'hui. Et finissent par redonner du sens à l’engagement. »

Le témoignage d’une auditrice bénévole chez les scouts :

« L'engagement, ce n'est pas forcément évident. Je suis d'accord. Et ça peut faire peur. Et en même temps, cela m’a beaucoup appris sur la gestion de projets, la prise de parole, les rencontres, etc. Donc cela nous apporte autant que nous apportons. »

Une idée : un engagement limité dans le temps et à plusieurs

Souvent, les personnes ont peur que s’ils s’engagent un peu, ils doivent faire beaucoup. Hubert Pénicaud connaît des associations (La Croix rouge, Familles rurales… ) qui proposent à des jeunes, un engagement au semestre et à deux ou trois. Comme la charge est partagée, elle va pouvoir s’inscrire dans la durée. C’e sont les nouvelles formes très simples que l'on est en train d'imaginer et qui renforcent la question du collectif.

Salarier un peu les bénévoles ou leur accorder des trimestres de retraite ?

2 min

Hubert Pénicaud : « Beaucoup d'associations pensent que c'est une fausse bonne idée. D'ailleurs, les bénévoles nous le disent : cela dénaturerait l'idée même de leur engagement. Mais ils ont une forte attente de reconnaissance un peu formalisée, mais sans forcément de contreparties directes. On pourrait reconnaître les compétences, la prise de responsabilités, ou cotiser pour la retraite. Mais c’est peut-être tordre un peu le bénévolat : l’idée de s’engager sans compter. »

Et aussi dans l’émission :

  • La nécessité de se poser des questions sur son engagement avant de se lancer
  • Choisir le bénévolat qui convient : prendre contact avec France bénévolat et ne pas hésiter à tester
  • L’engagement bénévole concerne les personnes les plus diplômées.
  • Les associations ont été fragilisées par le moindre accès au service civique.
  • Parfois, les bénévoles occupent de véritables emplois.
  • La question de la formation au bénévolat via le CPF et la formation au bénévolat à l’école ?
  • L’accueil du bénévole doit-être soigné.
  • Le compte d’engagement citoyen
Références

L'équipe

Marie-Claude Pinson
Coordination
Tristan Gratalon
Réalisation
Adèle Daumas
Collaboration
Amélie Stadelmann
Collaboration