Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie sans jamais oser le demander
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie sans jamais oser le demander ©Getty - TERADAT SANTIVIVUT
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie sans jamais oser le demander ©Getty - TERADAT SANTIVIVUT
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie sans jamais oser le demander ©Getty - TERADAT SANTIVIVUT
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Inflation, chômage, fiscalité, dette publique… Alexandra Bensaïd et Christian Chavagneux, co-auteurs de “On n’arrête pas l’Eco” (Editions France-Inter et Seuil), répondent aux questions des auditeurs sur l’économie.

Avec

On n’arrête pas l’éco” (Editions France-Inter et Seuil, 2022), ouvrage illustré par Simon Landrein et co-écrit par Alexandra Bensaid, Christian Chavagneux Valentin Pérez, Sandrine Foulon et Marc Vignaud, a pour ambition d’aider les lecteurs à tout comprendre de l’économie. Prolongement de l’émission du même nom, ce livre, au travers de questions, d’idées reçues et de tentatives de réponse, donne les clés pour se construire une opinion sur l’économie.

Alexandra Bensaïd, journaliste et productrice de l'émission On n'arrête pas l'écoChristian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives économiques, et Sandrine Foulon, rédactrice en chef du site Alternatives-Economiques.fr, sont sur le plateau du Téléphone sonne pour répondre à toutes les questions des auditeurs sur l’économie.

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  • Comment en finir avec l’inflation ?
  • Faut-il indexer les salaires sur l’inflation ?
  • Faut-il taxer les superprofits ?
  • Faut-il avoir peur de la dette publique ?
  • La fraude sociale est-elle si importante ? Surpasse-t-elle la fraude fiscale ?
  • Existe-t-il des économistes neutres ?

Extraits de l'entretien

L'inflation

Christian Chavagneux : « L'inflation, c'est une hausse généralisée de tous les prix. Par exemple, en Europe, en ce moment, l’inflation dans la zone euro est autour de 10 %. Dans le détail, les prix de l'énergie, le pétrole et le gaz, ont augmenté de plus de 30%, l'alimentation autour de dix, mais les biens de tous les jours, votre machine à laver ou un stylo plutôt de 5 ou 6%.

Pour l'économiste de base, l’inflation provient d’un surplus de demande par rapport à l'offre. Aujourd'hui, le prix du gaz et du pétrole augmentent parce que les Russes qui nous en vendaient le plus, ne peuvent plus le faire. Or, nous sommes en plein hiver, nous avons besoin de nous chauffer, de nous éclairer. Nous avons beaucoup de demandes à un moment ou l'offre est faible.

L’autre explication serait la fameuse boucle prix/salaires : lorsque les entreprises augmentent les prix suite à des augmentations de salaire. Or, le FMI a publié une étude pour montrer que cette boucle n'existe pas ou est très très rare. Lors de hausse des prix, les salaires ne vont jamais augmenter autant que les prix. Donc nous les salariés, nous perdons du pouvoir d'achat. »

Alexandra Bensaid : « Les prix augmentent également à cause du réchauffement climatique. Il n’y a pas que la guerre en Ukraine. »

Pourquoi n’arrive-t-on pas à neutraliser l’inflation ?

Comment on arrive à neutraliser l’inflation ou à la rendre moins douloureuse pour les Français ? Alexandra Bensaïd : « Avec les indemnités pour le carburant, le bouclier tarifaire, on la limite cette année. Début 2023, l’essence va augmenter de 15 %. Après l’énergie, l’inflation s’est diffusée à l’alimentation et maintenant aux services. Et la question est de savoir pendant combien de temps, on va pouvoir soutenir le pouvoir d’achat, car les mesures d’aide coûtent cher. »

Fraude fiscale VS fraude sociale

Sandrine Foulon : « Il n’y a pas photo. La fraude fiscale représente environ 100 milliards (Au niveau mondial : 37% des bénéfices des entreprises sont placés dans des paradis fiscaux, ce qui fait perdre aux Etats environ 10% des impôts sur les sociétés. Mais en 2023, cela devrait changer au moins en France) contre 10 milliards de fraude sociale. Et la fraude sociale est souvent le fait d’employeur qui ne déclarent pas les heures supplémentaires, ou les emplois. C’est du travail au noir. Les fraudeurs aux allocations sont absolument minoritaires, mais c’est sur eux que va pointer la focale ! »

La neutralité des économistes

Christian Chavagneux : « La neutralité n’existe pas. Les économistes sont des citoyens avec des opinions politiques. »

Pour savoir d’où ils parlent, Alexandra Bensaïd conseille de « se renseigner sur les organismes pour lesquels ils travaillent, c’est toujours instructif. »

Problème de main d’œuvre et le chômage

Sandrine Foulon explique : « Il y a six millions de chômeurs en France et environ entre 400 et 500 000 emplois non pourvus. Mais d’après différentes études très sérieuses, si ces postes sont inoccupés, c’est souvent la faute aux employeurs qui ne proposent pas de bonnes conditions de travail : salaire trop bas, horaires morcelés, etc. Ce n’est pas parce que les chômeurs ne veulent pas travailler. On ne sait pas encore combien de personnes ne sont pas revenues dans ces jobs après le confinement. On le saura dans un an ou deux. »

L’ISF

Christian Chavagneux : « Quand l’ISF existait, il rapportait 4 à 5 milliards. C’est juste que les plus fortunés participent plus. Mais ce n’est pas avec ces milliards que nous pourrons financer la transition écologique ! Il faudrait, et tous les économistes sont d’accord là-dessus, taxer plus l’héritage. Car les très hauts revenus y échappent. Même si les Français ne sont pas toujours d’accord. »

La suite est à écouter...

On n'arrête pas l'éco
44 min

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