La peur de parler en public, est-ce que ça se soigne ?

La peur de parler en public, est-ce que ça se soigne ?
La peur de parler en public, est-ce que ça se soigne ? ©Getty - Jasmin Merdan
La peur de parler en public, est-ce que ça se soigne ? ©Getty - Jasmin Merdan
La peur de parler en public, est-ce que ça se soigne ? ©Getty - Jasmin Merdan
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La glossophobie, la peur de parler en public serait une des premières formes d’anxiété sociale, touchant près de 7% des personnes en France. Mais, même pour les plus mal à l’aise, la prise de parole, ça s’apprend.

Avec

En période de campagne électorale, le malaise de certaines personnes au moment de prendre la parole devient d’autant plus flagrant. Certains orateurs ont les gestes naturels, la voix bien posée, des phrases et des intonations qui semblent instinctives… D’autres ont le geste forcé et bien appris, la voix grave pour inspirer le sérieux, et un manque de naturel qui peut trahir leur crispation.

Mais, même si certains ont des prédispositions leur permettant de faire face aux prises de parole aisément, les autres, pour qui l’exercice n’est pas si simple ne devraient pas désespérer. Effectivement, parler en public ça peut s’apprendre, même pour les plus glossophobes.

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La preuve, avec le témoignage d'Olivier, enseignant en CP : "Dans ma classe j'ai eu une petite qui souffrait de mutisme sélectif. Pour elle, la prise de parole c'était compliquée. C'est une petite qui ne parlait qu'à sa maman, son papa, mais dans un cadre privé et sans que personne d'autre ne l'entende. Donc en fait les enseignants de maternelle n'avaient jamais entendu sa voix, ça me posait un problème car, en tant qu'enseignant de CP, pour lui apprendre à lire il fallait quand même que j'entende un petit peu ce qu'elle pouvait faire. Et donc je me suis renseigné et à cette époque là en 2017, il n'y avait aucune littérature sur ce trouble psychologique qu'est le mutisme sélectif. Toute la littérature était américaine, anglo-saxonne ou québécoise. Mais j'ai trouvé une association qui s'appelle "Ouvrir la voix"__, une association qui est maintenant reconnue par l'éducation nationale et qui m'a communiqué un kit école. Ce qui m'a permis de construire avec cette élève une introduction progressive à la parole, parce que cette petite ses camarades la connaissaient et ils disaient, "non mais elle parle pas" comme si elle était muette en fait. [...] Et c'est une de mes grandes victoires d'enseignants, j'ai travaillé longtemps et au bout de quatre mois elle prenait la parole en classe […]. Effectivement elle a appris à parler en public et que c'était pas si grave que ça et que ça n'avait pas de conséquences après."

De plus en plus de personnes prônent justement un apprentissage spécifique d’oratoire à l’école, pour éviter le développement de ces difficultés. Cela permettrait notamment de réduire les inégalités sociales, mais aussi les inégalités de genre. En effet, la glossophobie est une condition touchant en particulier les femmes, qui très jeunes, ont tendance à s’effacer en salle de classe, et conservent ces difficultés jusque dans les études supérieures et dans le monde professionnel.

  • Comment dépasser sa peur de parler en public ?
  • L’apprentissage de l’art oratoire peut-il réduire les inégalités ?
  • Comment améliorer cet apprentissage à l’école ?

Avec nous pour en parler ce soir :

Bertrand Perier Avocat, spécialiste de la prise de parole en public, auteur de Sauve qui parle et de La parole est un sport de combat (Ed Jean-Claude Lattès)

Carine Nagot Ancienne « glossophobe », formatrice en prise de parole, auteure de Vous êtes bon à l’oral mais vous ne le savez pas (Ed Alisio)

Mais aussi, toutes vos questions et vos témoignages au standard de Radio France - 01 45 24 70 00 -, sur l'application France Inter et par e-mail à l'adresse telsonne@radiofrance.com.

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