Tu seras agriculteur mon fils ! Comment aider les jeunes agriculteurs à s'installer ?
Tu seras agriculteur mon fils ! Comment aider les jeunes agriculteurs à s'installer ?
Tu seras agriculteur mon fils ! Comment aider les jeunes agriculteurs à s'installer ? ©Getty - Monty Rakusen
Tu seras agriculteur mon fils ! Comment aider les jeunes agriculteurs à s'installer ? ©Getty - Monty Rakusen
Tu seras agriculteur mon fils ! Comment aider les jeunes agriculteurs à s'installer ? ©Getty - Monty Rakusen
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Résumé

Le nombre d’exploitants agricoles diminue drastiquement en France. Pourtant, de nombreux jeunes continuent de se lancer dans la profession. Comment favoriser leur installation ?

avec :

François-Étienne Mercier (vice-président en charge de l'installation aux Jeunes agriculteurs et il est céréalier en Meurthe-et-Moselle), Loïc Madeline (secrétaire national de la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB) et polyculteur-éleveur dans l'Orne).

En savoir plus

Le nombre d’exploitants agricoles ne cesse de diminuer. Tandis qu’ils étaient plus d’un million en 1988, il en demeurait seulement 404 000 en 2019. Une baisse qui risque de continuer les prochaines années : un agriculteur sur deux aura l’âge de partir à la retraite d’ici 2026. Or, la reprise des exploitations agricoles est rendue difficile par l’augmentation des coûts du foncier, le manque d’attractivité d'une activité peu rémunératrice et la difficulté à transmettre les exploitations.

Pourtant, certains n’hésitent pas à se lancer dans la profession. Si le nombre des nouveaux entrants demeure inférieur à celui des sortants, il est toutefois en hausse ces dernières années. Aujourd’hui, un agriculteur sur trois n’est pas issu d’une famille agricole, témoignant d’un regain d’intérêt pour l’activité. Des installations encouragées par des aides d’État comme la Dotation Jeune Agriculteur (DJA). 

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  • Quelles sont les aides proposées par l’État pour favoriser l’installation de jeunes agriculteurs ? 
  • Ces mesures sont-elles suffisantes pour endiguer la diminution du nombre d’exploitants agricoles ?
  • Quels est le profil de ces jeunes agriculteurs qui décident de reprendre une exploitation ? 

Vous souhaitez racheter une exploitation, quelles sont les aides disponibles ? 

François-Etienne Mercier : Quand une personne a envie de s'installer en agriculture, il y a beaucoup de d'accompagnants qui vont vous aider à vous installer et aujourd'hui, c'est peut être ça un peu le problème. Il y a énormément de dispositifs qui ne travaillent pas les uns avec les autres, qui ne savent pas qui va aider comment. Et aujourd'hui, il y a un dispositif qui a été créé par l'Etat, un dispositif d'accompagnement qui vous accompagne à chaque grande étape de votre installation, qui vous conseille, qui vous écoute et qui vous oriente vers les personnes les plus adaptées. Il suffit de s'adresser au Point Accueil installation de son département. Ils vous expliqueront quelles compétences sont nécessaires, vous proposeront des formations si vous n'avez pas les compétences et vous aideront dans les étapes clés jusqu'à votre installation. 

Et pour le prêt que pouvez-vous espérer ?

François-Etienne Mercier : l'État aide les projets financièrement, mais des projets qui sont économiquement et environnementalement durables. C'est ce qu'on défend chez Jeunes agriculteurs, c'est d'installer des personnes qui vont réussir à gagner leur vie parce que c'est potentiellement un peu des métiers passion où on va travailler beaucoup. Mais il faut pouvoir en vivre et vivre tout simplement. 

Si vous respectez ces critères d'éligibilité : réussir à vous dégager un revenu et vous engager à être agriculteur pendant 4 ans, l'Etat va vous donner un coup de pouce. Et en moyenne, en France, c'est 31 000 euros que l'Etat donne aux jeunes qui s'installent pour démarrer.  

Et les banques ainsi vont suivre parce que l'Etat vous oblige à créer un projet d'entreprise qui leur montrera que votre projet est réaliste. 

Combien de temps vous faut-il pour préparer votre installation en agriculture ? 

François-Etienne Mercier : ll faut vraiment minimum un an pour bien réfléchir son installation, même dans le cas d'une reprise derrière. Un projet, ça se réfléchit parce que on va s'engager quand on s'engage pour être agriculteur, on s'engage pour plusieurs années et donc ça demande énormément de réflexion dans le choix de la société. Le fait de créer ce projet d'entreprise pour savoir combien on va gagner prend du temps. C'est une année pour potentiellement 20 ou 30 ans de carrière derrière. 

🎧 Écoutez les témoignages 

Hugo, jeune agriculteur dans le Tarn qui raconte les difficultés pour s'installer dans sa région

Hélène, agricultrice qui souhaite partir à la retraite mais rencontre des difficultés pour trouver un(e) repreneur(e)

Gwendoline, ancienne responsable marketing qui a tout quitté pour se reconvertir dans le maraîchage bio avec son mari (ancien ingénieur mécanique). Installés depuis 3 ans, ils ne se rémunèrent toujours pas aujourd'hui. 

Guy, viticulteur en Languedoc, qui raconte son parcours et la transmission qu'il prépare à son fils, et les difficultés que celui-ci rencontre. Pour lui, c'est plus simple si dans un couple, l'un des deux a un travail ailleurs pour assurer un revenu. 

Fabrice, en reconversion, qui soulève la question de l'intervention des pouvoirs publics et de l'autosuffisance alimentaire de la France

Avec nous pour en parler

  • Loïc Madeline est secrétaire national de la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB) et polyculteur-éleveur dans l'Orne.
  • François-Etienne Mercier est vice-président en charge de l'installation aux Jeunes agriculteurs et il est céréalier en Meurthe-et-Moselle.
Références

L'équipe

Fabienne Sintès, de 18h à 20h avec "Un jour dans le monde" et "Le téléphone sonne".
Fabienne Sintès, de 18h à 20h avec "Un jour dans le monde" et "Le téléphone sonne".
Fabienne Sintes
Production