Vue aérienne de la cabane de Jacob Karhu. - David Pincemaille
Vue aérienne de la cabane de Jacob Karhu. - David Pincemaille
Vue aérienne de la cabane de Jacob Karhu. - David Pincemaille
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Résumé

A 24 ans, Jacob Karhu a interrompu ses études pour aller vivre 7 mois dans une cabane dans les Pyrénées à 1 700 mètres d’altitude. Une "échappée sauvage" en quasi-autosuffisance, durant laquelle il a montré que l’on peut se débrouiller avec peu de chose en prenant juste ce que la nature nous offre.

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Jacob Karhu et ses poules Coquette et Heny
Jacob Karhu et ses poules Coquette et Heny
- Jacob Karhu

**Faire une pause, pour changer d’air et prendre de la hauteur.  **C’est ce besoin irrépressible qui a conduit Jacob Karhu, étudiant de 24 ans, à négocier une année de césure avec son école pour partir vivre sept mois dans une cabane de berger en ruine perchée à 1700 mètres d’altitude dans les Pyrénées. Une parenthèse au plus près de la nature et en quasi-autosuffisance. Sous le regard des aigles royaux et des isards, à l’ombre des bouleaux  et des sapins, notre étudiant devenu ermite, entreprend de rénover sa cabane et de vivre de façon la plus autonome possible. Il veut montrer que l’on peut se débrouiller avec peu de chose en prenant juste ce que la nature nous offre. Cette échappée sauvage ne sera pas uniquement l’occasion d’expérimenter des techniques pour vivre en pleine nature, elle l’amènera aussi à se questionner sur lui et son rapport aux autres. Jacob Kharu raconte cette expérience et ce qu’elle lui a appris dans un livre intitulé Vie sauvage mode d’emploi qui vient de paraitre aux éditions Flammarion. Cet après-midi, celui qui a gagné le surnom d’« ermite des Pyrénées » vient nous raconter les sept mois qu’il a passés dans sa cabane perdue dans la montagne.

Pour voir la cabane de Jacob Karhu rendez-vous sur notre page Facebook. 

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Extraits de l'entretien : 

Jacob Karhu : "Cette expérience a été un séisme dans ma vie"

L'appel de la nature en lisant Sylvain Tesson

Sylvain Tesson

Je voulais vivre dans le silence, le froid et la solitude. Je pense que ce sont les trois produits de luxe du monde de demain, parce que notre monde devient de plus en plus bruyant, de plus en plus rapide, de plus en plus surchauffé, de plus en plus peuplé. Et vivre dans les bois seul devant un spectacle de splendeur. C'est un luxe inouï. Puis de vivre dans la cabane, me permettait de réconcilier l'archaïque et le civilisé."

Jacob Kharu : "J'avais déjà depuis longtemps ce rêve de partir loin et de m'isoler du monde. En lisant le livre Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson j'ai eu le déclic pour partir dans les mêmes conditions. Mais je ne voulais pas forcément au lac Baïkal, en Sibérie. Et j'ai trouvé les Pyrénées. 

Une urgence qui s'est imposée pendant de études brillantes

J'ai déjà eu des projets similaires auparavant. J'avais imaginé partir en Roumanie ou au Yukon. J'avais un contact là-bas pour partir m'isoler pendant six mois. Surtout, je voulais faire cette expérience avant de finir mes études. C'est un moment de la vie où on a du temps.

Quand j'aurai un travail, une famille, ce sera plus compliqué de tout quitter.

Pendant ces sept mois, mon pronostic n'a jamais pas engagé, ce n'était donc pas une expérience de survie, mais de la vie sauvage. 

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Un rendez-vous avec soi-même

Pour cerner quelqu'un, il faut passer du temps. Et si on ne passe pas du temps avec soi-même, on ne veut pas savoir qui on est. La solitude est quelque chose de primordial pour se connaître.

Aussi loin que je me souvienne, je ne me suis jamais senti aussi heureux qu'entouré de nature. Les êtres humains ont besoin de faire passer des messages et d'être compris. 

Je ne me suis jamais senti vraiment accepté. Je pense que plus jeune être dans la nature, était une certaine forme d'acceptation. 

Au lycée, on surnommait déjà "le mec aux cabanes". Cet amour de la nature a creusé la distance entre mes camarade de classe et moi.

J'avais envie d'expérimenter la solitude. Je pensais que j'étais vraiment très misanthrope et antisocial. Le fait de vivre au milieu de nulle part pendant plusieurs semaines, m'a fait comprendre que ce n'était pas vraiment ce que je cherchais, mais que cette étape de solitude dans les alpages était une phase nécessaire.

Le choix de la cabane en fonction du paysage

J'ai choisi les Pyrénées parce que c'est un endroit sauvage. L'année précédente j'y avais fait un mois de bivouac. Je cherchais des cabanes de façon assez active. J'étais allé voir sur des sites où on trouve des refuges ou des cabanes libres. 

J'ai visité plusieurs cabanes. Mais quand je suis arrivée sur le plateau de Beille, j'ai eu un coup de cœur sur le paysage.

J'avais une vue dégagée sur toute la vallée, les montagnes, dont celles d'Andorre. Je voyais les sommets enneigés. J'avais à ma disposition un grand plateau avec des forêts, et des sources. 

C'était un lieu assez paradisiaque.

Quand je suis arrivé comme l'hiver avait été assez rigoureux, qu'il y avait beaucoup de neige, les premiers mois ont été difficiles. 

Quand j'arrive, la cabane est un squat et c'est plus qu'une ruine, c'est un dépotoir avec des seringues, de la nourriture en train de pourrir… Elle a aussi beaucoup de souris. Je n'ai jamais pu avoir plus de 10 degrés avec un feu en journée. Et pendant la nuit les températures descendaient à -10°. 

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Quand on part s'isoler comme cela, il y a une part de risque. Je ne pouvais par exemple pas appeler à l'aide en cas de pépin. Heureusement, je ne me suis blessé qu'une fois et ça s'est bien terminé. Au début, j'ai fait une erreur de débutant : j'ai bu de l'eau infectée car pour moi les sources en montagne sont toujours potables. Or ce n'était pas forcément le cas. Les crottes des animaux d'élevage étaient cachées sous les couches de neige. Et des bactéries venues de ces déjections étaient présentes dans l'eau que j'ai bue. J'ai eu de terribles maux de ventre et ensuite, j'ai filtré l'eau.

Se nourrir et laver ses habits

En échange d'un peu de matériel fourni par la mairie du village d'en bas, je retapais la cabane. En plus de ça, il fallait que je m'occupe de la nourriture. A 1700 mètres, il n'y a pas beaucoup de plantes sauvages. 

Mais j'avais quelques plantes, une sorte de d'épinard qu'on peut cuire à la poêle avec un peu de beurre. Mais aussi du cresson de fontaine, des champignons comme les girolles… Il y avait aussi des autres plantes plutôt aromatiques, comme du serpolet de la menthe, de la, de la réglisse, et beaucoup de baies aussi. Je me faisais des tisanes d'aiguilles de sapin… J'ai aussi fait un potager.

Mais comme les écarts de températures importants entre le jour et la nuit rendent les cultures difficiles, j'ai construit une serre creusée sous terre qui a réduit ces écarts….

Je ne faisais pas  de lessives toutes les semaines. J'avais très peu de vêtements, et quand il le fallait, je faisais bouillir une grande bassine d'eau. Pour cela, il fallait couper du bois, allumer le feu, prendre l'eau, etc… Ensuite, je prenais quelques copeaux de savon de Marseille ou un peu de cendre du poêle à bois. Et je faisais tremper le tout pendant une heure. Ensuite, il fallait rincer à l'eau claire. Donc la lessive c'était beaucoup de travail. Cela me prenait une matinée entière pour deux pantalons et trois tee shirts…"

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La suite à écouter...

Pour aller plus loin 

Et en fin d’émission nous mettrons le cap sur le Massif central avec la revue "Reliefs"

Caroline Drillon ,spécialiste de la région ,journaliste et autrice participe au numéro spécial que la magnifique Revue Reliefs  consacre au  Massif Central dans le cadre de la candidature de Clermont-Ferrand au titre de Capitale Européenne de la Culture 2028

Caroline Drillon a fait paraitre :

La programmation musicale

  • FRANCOIS & THE ATLAS MOUNTAINS Tourne autour 
  • DJANGO DJANGO  et  Charlotte GAINSBOURG Waking up 
  • FOALS Mountain at my gates
Références

Programmation musicale

  • 15h20
    Tourne autour
    Tourne autour
    Francois & The Atlas Mountains
    Tourne autour
    Album Tourne autour (2021)
    Label DOMINO RECORDS
  • 15h34
    Moutain at my gates
    Moutain at my gates
    Foals
    Moutain at my gates

    Album Moutain at my gates (2015)
  • 15h46
    Waking up (radio edit) (feat. Charlotte Gainsbourg)
    Waking up (radio edit) (feat. Charlotte Gainsbourg)
    Django Django
    Waking up (radio edit) (feat. Charlotte Gainsbourg)

    Charlotte Gainsbourg

    Album Waking up (radio edit) (feat. Charlotte Gainsbourg) (2021)
    Label BECAUSE MUSIC

L'équipe

Daniel Fiévet
Production