Alain Baraton, jardinier, écrivain, chroniqueur de télévision et de radio auteur du "Dictionnaire amoureux des arbres" (Plon). ©Maxppp - PHOTOPQR/LE PARISIEN/Philippe de Poulpiquet
Alain Baraton, jardinier, écrivain, chroniqueur de télévision et de radio auteur du "Dictionnaire amoureux des arbres" (Plon). ©Maxppp - PHOTOPQR/LE PARISIEN/Philippe de Poulpiquet
Alain Baraton, jardinier, écrivain, chroniqueur de télévision et de radio auteur du "Dictionnaire amoureux des arbres" (Plon). ©Maxppp - PHOTOPQR/LE PARISIEN/Philippe de Poulpiquet
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Résumé

C’est en découvrant le Parc de Versailles dont il est devenu jardinier en Chef, qu’Alain Baraton est tombé amoureux des arbres dans toute leur diversité. Il nous emmène dans un voyage à travers tous les continents à la découverte de ces géants de bois si chers à son cœur.

En savoir plus

C’est l’histoire d’un jardinier qui, à force de planter des arbres, en tombe éperdument amoureux. Plus il les fréquente, plus il veut en savoir sur eux : leur terre natale, l’origine de leurs noms, les propriétés médicinales de leurs feuilles, la couleur de leurs fleurs, la saveur de leurs fruits… 

Sa passion débordante le pousse à porter le regard bien au-delà de son jardin et à s’intéresser aux arbres dans toute leur diversité, sur tous les continents. Plus de 40 ans après ses débuts, notre jardinier, Alain Baraton, est toujours aussi émerveillé par ces géants de bois. 

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Amoureux comme au premier jour et peut-être plus encore, il vient tout naturellement de publier aux éditions Plon un dictionnaire amoureux des arbres. "Là où il n'y a pas d'arbre, il n'y a pas de vie" écrit le jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles . Sujet de toutes les passions, les arbres lui ont transmis l’envie d’éternité.

Cet après-midi, des baobabs joufflus du Sénégal aux séquoias géants de Californie en passant par les banians tentaculaires d’Inde et les chênes légendaires de nos contrées, Alain Baraton nous emmène loin du château, pour un voyage à la découverte de l’extraordinaire diversité du monde des arbres.

Retrouvez ci-dessous des extraits de l'émission (en cours)

Les arbres, une invitation au voyage

Alain Baraton : "Les arbres, quand on les regarde, ce ne sont pas que des morceaux de bois qui produisent des fleurs, des feuilles ou quelques graines. Ce sont des personnages vivants qui vous invitent à les accompagner. Quand on connaît leur histoire, il n'est nul besoin de parcourir la planète pour découvrir les continents : 

Allez dans un jardin, asseyez-vous, regardez les arbres et vous voyagerez. Vous verrez vite et très, très loin"

La très belle histoire d'un arbre que l'on croyait disparu

Alain Baraton : "Au début du XXe siècle, les botanistes qui se rendent au Sri Lanka constatent qu'il y a un arbre qui existe en très petite quantité : le "crudia zeylanica". Ils le regardent, le notent, le dessinent. Ils le connaissait sous forme fossilisée, ils sont très heureux d'en voir quelques uns - mais il y en a très peu, ils sont quelque peu inquiets. Quand ils retournent au Sri Lanka il y a une quarantaine d'années, l'arbre a totalement disparu, il est officiellement reconnu comme "éteint". Et il y a quelques années de cela à peine, un arbre est retrouvé. 

Mais le drame est qu'il est sur le passage d'une future autoroute. Les manifestations, immédiatement, se mettent en branle pour sauver l'arbre. Rien n'y fait. Le pouvoir politique est intransigeant : l'autoroute doit passer. Alors les moines bouddhistes décident de s'emparer du dossier. Ils se rendent au pied de l'arbre. Eux aussi tombent en vénération devant ce végétal, l'entourent - et mieux encore : ils le font moine. Et là, ça change tout ! Le Sri Lanka est très respectueux de la religion bouddhiste, il est donc hors de question de couper l'arbre. Aujourd'hui, l'autoroute évite l'arbre ; l'arbre est toujours en vie. Il va être multiplié, bien évidemment. 

Cet arbre moine est le seul de son espèce à vivre aujourd'hui sur la planète. Moi, je trouve ça extraordinaire". 

Les moines en train de mettre une robe de moine bouddhiste à l'unique spécimen connu encore en vie de "Crudia zeylanica"
Les moines en train de mettre une robe de moine bouddhiste à l'unique spécimen connu encore en vie de "Crudia zeylanica"
© AFP

D comme "désert"

Alain Baraton : 

On a tendance à croire que s'il y a des déserts, c'est qu'il ne pleut pas. Mais s'il ne pleut pas, ce n'est pas parce qu'il y a des déserts : c'est qu'il n'y a pas d'arbres. 

S'il pleut tous les jours sur la forêt amazonienne, c'est qu'il y a des arbres.

On va faire très simple : les arbres avec leurs racines puisent dans la terre, en profondeur, de l'eau et la rejettent par les feuilles. C'est ce que l'on appelle l'évapotranspiration. C'est la raison pour laquelle il y a toujours un petit brouillard sur les photos de l'Amazonie. Et par un phénomène chimique, cette eau transforme l'atmosphère et attire l'eau. C'est comme ça, l'eau attire l'eau. Et donc, s'il pleut tous les jours ou presque en Amazonie, c'est qu'il y a des arbres. Si demain vous coupez les arbres en Amazonie, il ne pleuvra plus. Et si, au contraire, vous planter des arbres sur le désert, il se remettra à pleuvoir. L'arbre a une influence énorme sur le climat, ne l'oublions pas." 

Arbre dans le désert
Arbre dans le désert
© Getty - Vicente Méndez

L'arbre le plus isolé du monde

Il y avait dans le Sahara, au cœur du Ténéré, un arbre au milieu de nulle part. "C'était peut-être l'arbre le plus isolé du monde. C'est quand même dément de s'imaginer qu'il n'y avait pas d'arbre à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde ! Pas le moindre palmier, rien du tout !"

Malheureusement, un camionneur ivre l'a percuté ; l'arbre est mort. 

"Comment faisait-il pour se nourrir ? On ne sait pas" poursuit Alain Baraton. "Comment la graine a-t-elle réussi à parvenir jusque là ? Une graine peut voler, mais dans des conditions extrêmes de température, c'est beaucoup plus compliqué... C'est toujours incroyable de voir comment les plantes ont réussi à s'adapter aux conditions environnementales vraiment pénibles". 

Un arbre qui fait office de cimetière - ou de porte vers l'autre monde

Le banyan, aux îles Marquises, a un tronc très ramifié avec plein de rejets secondaires qui viennent se planter dans la terre et se transforment petit à petit en troncs. "C'est un arbre vraiment important qui marque aussi les sites parce que de de loin, des crêtes, tu les vois bien. Mais en dehors de ça, souvent, il mettait aussi dans les banians, ils confiaient les os des ancêtres, soit directement, soit dans des petits cercueils" explique l'archéologue Pierre Ottino. "Petit à petit, le banian recouvrait ces ossements des anciens en les intégrant à ses racines". 

Le figuier des banians ou banian de l'Inde (écrit aussi "banyan")
Le figuier des banians ou banian de l'Inde (écrit aussi "banyan")
© Getty - Matt Anderson Photography

"C'est une succession effectivement de troncs, tous reliés bien évidemment, mais quand on les regarde de l'extérieur, on dirait une forêt. Le plus important banian en Inde, considéré comme monument national, contient la surface de deux stades de football. Quand on le regarde, on a du mal à s'imaginer que c'est une seule et même plante."

Le reste à écouter...

A lire

Le dictionnaire amoureux des arbres qui vient de paraitre chez Plon 

Sur les GR de France

En fin d’émission avec Sylvain Bazin, grand adepte de la marche, nous explorerons quelques chemins de grandes randonnées qui traversent nos régions et qui valent le détour. 

A Lire : La France des GR de Sylvain Bazin aux éditions Glénat

La programmation musicale 

Pomme : "Les Séquoias"

Rover : "To this tree"

Maxime le Forestier : "Comme un arbre"

Références

Programmation musicale

L'équipe

Daniel Fiévet
Production