Affiche éditée par le Comité de Salut public de la Commune de Paris le 5 mai 1871
Affiche éditée par le Comité de Salut public de la Commune de Paris le 5 mai 1871
Affiche éditée par le Comité de Salut public de la Commune de Paris le 5 mai 1871 ©Getty - Print Collector
Affiche éditée par le Comité de Salut public de la Commune de Paris le 5 mai 1871 ©Getty - Print Collector
Affiche éditée par le Comité de Salut public de la Commune de Paris le 5 mai 1871 ©Getty - Print Collector
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Résumé

Le 1er mai 1871, est une date importante pour la Commune qui va faire ce jour-là le choix de transférer une partie de ses pouvoirs à un Comité de salut public, comme en 1793. Les communards en connaissaient long sur la Grande Révolution qui était encore toute proche. Et ils s'appliquaient à faire comme elle.

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-Samedi Intelligence service sera consacrée à Louise Michel. Ce sera le Premier Mai, une journée à laquelle Louise Michel consacrera beaucoup d'énergie mais ce sera à la fin du XIXème. Le 1er mai 1871, c'est déjà une date importante pour la Commune qui va faire ce jour-là le choix de transférer une partie de ses pouvoirs à un Comité de salut public, comme en 1793.

Dans cette sixième semaine de la Commune, alors que les Versaillais menacent de plus en plus, Louise Michel ne se préoccupe pas de jouer un rôle dirigeant. Elle est oratrice de club le soir mais une parmi d'autres. Et les nuits elle les passe extra muros, accompagnée de son fusil, prête à l'escarmouche avec l'adversaire.

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-Quel effet vous fait la vie que nous menons, demande-t-on dans les postes de guet.

-L'effet de voir devant moi une rive à laquelle il faut atteindre, répond l'un.

Et l'autre ajoute : "Moi ça me fait l'effet de lire un livre avec des images". Et les images que voit Louise, qui a écouté et rédigé tant de contes de revenants et de fantômes, ce sont des images noires de d'horreur, rouges de sang. Elle attend la catastrophe.

-A l'Hôtel de Ville, les élus de la Commune ont eux, des échéances immédiates inquiétantes.

Du coup, certains interrogent : "Ne passe-t-on pas trop de temps en discussions interminables et d'inégale importance ?" Ce sont les blanquistes, des disciples d'Auguste Blanqui- ils sont une quinzaine. L'un d'eux observe : "S'il se présente une solution forte, virile, on la renvoie de commission en commission (il y en a 9 plus une dite exécutive) et s'il se présente une obscure question philosophique, "socialiste", on en discute pendant des heures". Les blanquistes sont toujours partisans de l'action immédiate et de la manière forte. Ils tiennent déjà la commission militaire, la commission de sûreté générale, la préfecture de police, où ils font la chasse aux mouchards et aux curés qu'ils confondent volontiers.

D'autres répondent : oui, nous ne voulons laisser personne sur le bord du chemin, nous recevons toutes les délégations possibles et imaginables, oui nous allons chaque jour dans les mairies d'arrondissement et nous nous attendons sans cesse les uns les autres mais c'est le prix de la démocratie directe. Ils sont quelques dizaines à maintenir ce point de vue, à commencer par le relieur Varlin, qui a sacrifié depuis toujours son sommeil et ses plaisirs à lire, apprendre, argumenter.

-Louise Michel pensait que la révolution, c'était le nouveau. Elle observait ces discussions avec impatience. Mais elle savait aussi que la révolution, étymologiquement, c'est le retour du temps.

Les communards en connaissaient long sur la Grande Révolution qui était encore toute proche. Et ils s'appliquaient à faire comme elle. Le groupe qui, par son nombre à l'Hôtel de Ville, va décider du tour à donner aux choses s'appelle d'ailleurs lui-même les "Jacobins". Leur chef apparait être Delescluze. Plus nombreux que les blanquistes, ils décident pourtant de se mettre dans leur sillage. Ils ressortent Robespierre avec sa vieille perruque du placard à habits de 1793.

-D'où l’idée d'un Comité de salut public comme celui qui réussit à mener la guerre révolutionnaire mais instaura aussi la Terreur.

Quand la proposition vient sur le tapis les derniers jours d'avril, les défenseurs des libertés tempêtent. Ils utilisent une expression qui étonne aujourd'hui : « C'est un ba ta clan jacobin ». La salle du Bataclan avait été ouverte peu auparavant. Leur idée, c'est que ce Comité de salut public c'était une gesticulation théâtrale qui allait rejouer une vieille pièce, hors d'âge.

-Le vote de la Commune sur l'instauration du Comité de salut public aura lieu le 1er mai.

Et il donnera un résultat légèrement favorable à son instauration. Louise Michel non plus que l'opinion ne garderont pas de souvenir d'actions d'éclat de ce petit groupe de cinq hommes. En fait il ne donnera que 22 ordres. Pas nécessairement suivis d'effets. Notamment celui de détruire la chapelle expiatoire dédiée à louis XVI : toujours le re-jeu de 93. Il sera néanmoins néfaste car il divisera presque jusqu'à la fin les communards. Les minoritaires n'admettront jamais son existence. L'unité du mouvement s'en trouvera brisée sans que l'efficacité militaire n'en soit améliorée.

Le 4 mai, un rude coup est porté quand les Versaillais s'emparent de la redoute du Moulin de Saquet à Vitry. C'est un de ces postes de la première ceinture fortifiée qu'affectionne Louise Michel. Les Versaillais ont réussi à en obtenir le mot de passe. C'était "Vengeance". Un mot qu'ils ne vont pas tarder à faire leur. Dans trois semaines.

Références

L'équipe

Jean Lebrun
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