A Bruxelles, manifestation du 1er mai à l'appel des centrales syndicales socialistes belges et neerlandaises FGTB et FNV pour des salaires minimum plus élevés en Europe ©AFP - NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / BELGA VIA AFP
A Bruxelles, manifestation du 1er mai à l'appel des centrales syndicales socialistes belges et neerlandaises FGTB et FNV pour des salaires minimum plus élevés en Europe ©AFP - NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / BELGA VIA AFP
A Bruxelles, manifestation du 1er mai à l'appel des centrales syndicales socialistes belges et neerlandaises FGTB et FNV pour des salaires minimum plus élevés en Europe ©AFP - NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / BELGA VIA AFP
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Résumé

Comment gérer l’après crise ? On est loin de l'austérité qui a suivi la dernière crise, mais au sommet social à Porto, les 27 avancent lentement.

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Ils se sont fixés pour objectifs à l’horizon 2030 de sortir de l’exclusion 15 millions de pauvres.  Au programme, aussi le salaire minimum européen, du moins en principe. 

En septembre, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen tapait du poing, dans son discours sur l’Etat de l’Union européenne.  « Dumping des salaires, la concurrence faussée qui gangrène le marché du travail en Europe. » Même les travailleurs qui bénéficient d’un salaire minimum garanti légal (c'est le cas dans 21 pays) ou fixé par des conventions collectives (Danemark, Italie, Chypre, Autriche, Finlande et Suède) n’ont pas des salaires suffisants. Le risque de pauvreté des travailleurs précaires, à temps partiel ou atypique est en forte augmentation. La situation empire depuis des années et la crise sanitaire n'a rien arrangé. Mais dans la déclaration finale du sommet de Porto, le mot « salaire » n'apparait même pas. 

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La montagne a-t-elle accouché d’une souris ? 

C’est vrai que le salaire minimum, c’est LE serpent de mer de l’Europe depuis 40 ans. Certains, la France, l’Espagne, ou l’Italie pousse pour avancer, d'autres, comme le Danemark, l'Irlande et l'Autriche ont fait savoir avant même l'ouverture du sommet de Porto, qu’ils y sont toujours opposés : au nord de l’Europe, on craint un nivellement par le bas, à l’est on redoute de perdre un avantage comparatif sur le marché unique.  La commission européenne marche sur des œufs : "on avance à pas de fourmi", elle le reconnait, mais il y a quand même du neuf. 

Une proposition de directive sur la table 

C’est un peu passé inaperçu, en octobre, Bruxelles a fait une proposition de loi. La directive prévoit, non pas de fixer un salaire minimum unique en Europe : la commission européenne n’en a pas pouvoir, selon les traités c’est une prérogative des Etats. Officiellement on ne parle même pas de convergence. c’est irréaliste alors que le salaire minimum au Luxembourg représente 4 fois son équivalent en Roumanie. L’objectif c'est plutôt d'inciter les Etats à calculer des salaires décents, avec des critères comme le cout de la vie, car dans un tiers des pays; même avec un salaire minimal légal, le travailleur est à la limite du seuil de pauvreté. Les salariés ne sont pas seuls concernés, la directive européenne propose aussi d'englober les travailleurs à la demande, type Uber, les stagiaires, ou encore les faux indépendants.

Les syndicats européens (Confédération européenne des syndicats) actuellement présidée par Laurent Berger (CFDT), se sont ralliés à cette idée, mais réclament une base plus contraignante. Le Medef européen, Business Europ présidé par Pierre Gattaz s'y oppose. Résultat, en pleine crise du Covid, à Porto, le dossier n'a guère évolué, les dirigeants européens ne sont s’y sont pas risqués. Le chef de l'Etat Emmanuel Macron compte bien en faire une de ses priorités lorsque la France occupera la présidence de l’Union européenne l'an prochain, un argument en pleine campagne présidentielle

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L'équipe

Delphine Simon
Production
Delphine Simon
Chronique