Au nord de l'Allemagne, cette agricultrice laboure avec ses chevaux quelques rangées de trèfle, après quoi elle veut semer du sarrasin comme engrais vert. ©AFP - STEFAN SAUER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE
Au nord de l'Allemagne, cette agricultrice laboure avec ses chevaux quelques rangées de trèfle, après quoi elle veut semer du sarrasin comme engrais vert. ©AFP - STEFAN SAUER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE
Au nord de l'Allemagne, cette agricultrice laboure avec ses chevaux quelques rangées de trèfle, après quoi elle veut semer du sarrasin comme engrais vert. ©AFP - STEFAN SAUER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE
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Résumé

La difficile transition verte de la politique agricole européenne. D'une obligation de moyens, l'UE s'achemine vers une obligation de résultats

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Aujourd’hui les aides de la PAC sont conditionnés à la taille des exploitations. Plus on est gros, plus on touche de subvention européennes. Un système qui pousse à une agriculture intensive et productiviste. La nouvelle PAC qui démarre en 2023 prévoit de conditionner plus fermement ces aides directes à des pratiques respectueuses de l'environnement. Aujourd’hui les aides européennes aux agriculteurs sont « trop déconnectées des exigences environnementales » constate dans une Note d’analyse l'institut France Stratégie. L'idée c'est de passer d'une obligation de moyens à une obligation de résultats. Il s’agit de récompenser les producteurs qui se convertissent au bio et réduisent les pesticides. Les consommateurs, qui veulent une alimentation de qualité, seraient gagnants, eux aussi. Mais c'est sur la façon de faire cette PAC plus verte que le bât blesse

Qu'est ce qui fait polémique ? 

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Pour certains on va trop loin,  pour d’autres pas assez. Le Parlement européen voudrait conditionner 30% des futures aides agricoles à l’environnement, les 27 chefs d’Etat parlent plutôt de 20%. Les agriculteurs, eux aussi sont divisés. Peur de perdre une partie de leurs subventions, de voir baisser la rentabilité de leurs entreprises, en particulier les agriculteurs céréaliers. Peur aussi de perdre des parts de marchés à l'exportation, car, c'est neuf, la PAC va laisser plus de liberté à chaque pays d'appliquer les règles européennes, ce qui peut pousser à des distorsions de concurrence à l'intérieur du marché unique. 

A l'inverse d’autres trouvent ce verdissement européen bien trop timide. Dans certains cas, "o_n se tire une balle dans le pied_" estime la plateforme « Pour une autre PAC  ». Au niveau de français le plan de stratégie n'est pas bouclé, mais les aides au maintien du bio baisseraient  de moitié, affirme Mathieur Courgeau, président de la plateforme inter-organisations qui veut constituer un espace commun de réflexion et d'action, en vue de la refonte de la politique agricole commune.

Gagnants et perdants de la future PAC ? 

Les négociations se poursuivent tant au niveau européen (un "super" trilogue aura lieu d'ici l'été avec le conseil européen, le parlement européen et la commission), qu'au niveau français. En Allemagne, dans les pays du nord de l'Europe, voire en Autriche, championne d'Europe du bio (un quart des surfaces autrichiennes cultivées sont labellisées bio), on est plutôt favorable à ce verdissement. A l'inverse les pays de l'Est, la Pologne notamment, sont moins allant. Globalement les pays européens sont plutôt frileux à se poser des objectifs contraignants; en cas d'échec, personne ne veut avoir à rembourser  les aides financières. La future PAC sera-t-elle en adéquation avec le GREEN Deal, le pacte vert censé destiner à lutter contre le changement climatique ? Quels seront les gagnants et les perdants, encore trop tôt pour le dire, mais les prochains mois seront déterminants.

Références

L'équipe

Delphine Simon
Production
Delphine Simon
Chronique