Régis Jonckheere, alias le maréchal Berthier, agent territorial (à gauche) et Thierry Barthomomeus, alias le colonel Lejeune, directeur de banque  (à droite)
Régis Jonckheere, alias le maréchal Berthier, agent territorial (à gauche) et Thierry Barthomomeus, alias le colonel Lejeune, directeur de banque (à droite)
Régis Jonckheere, alias le maréchal Berthier, agent territorial (à gauche) et Thierry Barthomomeus, alias le colonel Lejeune, directeur de banque  (à droite) ©Radio France - Béatrice Dugué
Régis Jonckheere, alias le maréchal Berthier, agent territorial (à gauche) et Thierry Barthomomeus, alias le colonel Lejeune, directeur de banque (à droite) ©Radio France - Béatrice Dugué
Régis Jonckheere, alias le maréchal Berthier, agent territorial (à gauche) et Thierry Barthomomeus, alias le colonel Lejeune, directeur de banque (à droite) ©Radio France - Béatrice Dugué
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Résumé

Rares sont les personnages de l'Histoire de France qui suscitent autant de passion. 200 ans après sa mort sur l'île de Sainte-Hélène, qui sera commémorée mercredi, ils vivent, ils s'habillent, ils "pensent" "Napoléon". À l'affut de la moindre relique de Bonaparte, ils connaissent l'histoire de l'ex-empereur par coeur.

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Ils collectionnent et ils connaissent l'histoire de Napoléon par coeur. Connaissent les mouvements de troupes des grandes batailles sur le bout des doigts. À Coudekerque-Branches, près de Dunkerque, la "brigade Vandame", une association napoléonienne, organise régulièrement des reconstitutions historiques en costume d'époque. Et entrer chez Régis Jonckheere, c'est un peu entrer au musée. 

La table de la salle à manger de Marie France - la maman - a supporté bien des mètres de vieux draps, de tissu. "J'ai coupé les premiers pantalons et les premiers costumes, maintenant il se débrouillent", raconte-t-elle. Le salon se laisse envahir par les uniformes. Car c'est finalement l'habit qui fait... le maréchal Berthier, en l'occurrence. Les deux hommes de notre photo se présentent : "Régis Jockheere, je représente le maréchal Berthier, major général de la Grande Armée de Napoléon" et "Thierry Bartholomeus, aide de camp de camps de Monsieur le maréchal Berthier, je représente représente Lejeune. J'ai le grade de colonel !"

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De 2021 à 1809 en "un claquement de doigts"

"Quand on s'habille, le gilet a 75 boutons, le dolman en a 90. Progressivement, on a les poils qui s'hérissent, on sort de la tente d'officier et on n'est plus le même homme. C'est comme si, d'un claquement de doigts, on est en 2021 et on se retrouve en 1809", explique Thierry Bartholomeus.

Régis Jockheere est agent territorial dans la vie, alors que son compère Thierry Bartholomeus, alias colonel Lejeune, est directeur de banque. Passionnés d'histoire depuis tout petits, ils s'appuient sur les épisodes locaux. Régis Jonkheere a d'ailleurs écrit deux livres. Car c'est à Boulogne et Coudekerque que Bonaparte installe un camp de base de plus de 60 000 hommes en 1803, pour un potentiel débarquement en Angleterre.

Un jeu de rôle sur des lieux historiques, très codifié, très planifié, cartes des batailles à l'appui, mais bon enfant, raconte Gérard Jonkheere, le papa, commissaire des guerres. "Tous les matins il font une réunion de l'état major pour reconstituer la vraie bataille qui doit avoir lieu : par exemple le samedi, ce sont les Espagnols qui gagnent. Le dimanche c'est les Français, de façon à ce que tout le monde trouve un peu son animation et le plaisir", décrit-il. 

"Une deuxième famille"

Plaisir, le mot est lâché. Ces bivouacs napoléoniens réunissent, par tous les temps, des centaines de personnages français, belges, italiens allemands, tchèques, ukrainiens qui dorment sous la tente, font la cuisine au feu de bois, s'éclairent à la bougie, comme les soldats de l'époque grégaires. "Ce n'est pas seulement l'art militaire, mais aussi de camaraderie. On est issu de milieux totalement différents, cadres, ouvriers, et il n'y a aucun, aucun souci pour nous", explique Régis Jonckheere : "C'est une deuxième famille" qui pousse le détail historique jusqu'à défiler en grand uniforme par 40 degrés à Ajaccio, lors du 250e anniversaire de Napoléon il y a deux ans.

Un Empereur admiré pour avoir promu chez ses hommes la compétence, la bravoure, la loyauté. Fondateur aussi de l'État français moderne, disent de concert le maréchal Berthier et le colonel Lejeune. "C'est quand même l'architecte de notre République", rappelle Régis Jockheere. 

"On lui doit l'administration, les préfets, les sous préfets, la codification, le Code civil...!" 

"Mais aussi tout ce qui est la création du conseil du d'État, du conseil de prudhommes, la Banque de France, les départements, les chefs lieux", renchérit Thierry Bartholomeus. "Pour être plus terre à terre, vous avez aussi la création du ramassage des ordures, par exemple, et la numérotation des rues : le pair à droite, impair à gauche. Tout ça, ça vient de l'empereur." 

En cette année de bicentenaire de sa mort, Napoléon a aussi ses détracteurs. Pour avoir rétabli l'esclavage en 1802, instauré un livret ouvrier pour contrôler les déplacements. Misogyne, sexiste, son code civil a aussi figé dans la loi l'infériorité des femmes.

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Références

L'équipe

Béatrice Dugué
Production