Psychologues et psychiatres reçoivent de plus en plus de demandes de consultations de la part de jeunes
Psychologues et psychiatres reçoivent de plus en plus de demandes de consultations de la part de jeunes
Psychologues et psychiatres reçoivent de plus en plus de demandes de consultations de la part de jeunes ©Getty - Justin Paget
Psychologues et psychiatres reçoivent de plus en plus de demandes de consultations de la part de jeunes ©Getty - Justin Paget
Psychologues et psychiatres reçoivent de plus en plus de demandes de consultations de la part de jeunes ©Getty - Justin Paget
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Résumé

La perte de vie sociale et l'école en pointillés bouleversent profondément enfants et adolescents. Les demandes de consultations sont de plus en plus nombreuses. Dans les centres établis en ville, les files d'attente s'allongent.

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Avec la crise sanitaire, psychologues et psychiatres reçoivent de plus en plus de demandes de consultations de la part de jeunes, qu'ils soient adolescents ou enfants. La perte de vie sociale et l'école en pointillés les bouleversent profondément. Dans les centres en ville, les files d'attente s'allongent, et cela se ressent aussi dans les hospitalisations d'urgence en psychiatrie. 

"Les profs ne se rendent pas compte de la pression sur les élèves"

Nous rencontrons ainsi Sarah, 17 ans, jean et sweat-shirt gris, cheveux mi-longs. Elle a commencé à développer des crises d'angoisse lors du premier confinement. "Je suis une personne très stressée de nature, en ce moment ça n'aide pas du tout. Les profs ne se rendent pas compte de la pression qu'ils peuvent mettre sur les élèves... Ça me donne la boule au ventre", explique la jeune fille. "Mon père travaille dans un restaurant. Vu que c'est fermé, il est tout le temps à la maison. Ma soeur est étudiante, elle est en pleine déprime. Avant je me disais tiens, aujourd'hui, je pourrais aller au musée, mais maintenant, il n'y a plus rien".

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Phobie scolaire, augmentation des troubles compulsifs (comme se laver les mains en permanence), la pédopsychiatre Corinne Tysler constate un mal être profond : "Il faut leur proposer des groupes de théâtre : on fait une mise en scène, qui est déjà une mise en mouvement de son propre corps et du corps de l'autre dans un monde où on parle que de distanciation sociale."

"Certains développent véritablement quelque chose de l'ordre du désespoir, une démotivation complète. L'avenir est totalement flou" (Corinne Tysler, pédopsychiatre)

"Avant, j'étais beaucoup plus heureux"

Hadrien, 12 ans, lui aussi se sert du théâtre. Mais ses anxiétés envahissent encore son quotidien. "Je suis un peu tout le temps angoissé. C'est stressant d'avoir peur d'attraper le virus ou de contaminer sa famille. C'est pas tellement pour moi que j'ai peur, mais plutôt pour mes parents, mes grands-parents. Je prends le métro, du coup il faut que je fasse attention quand je croise les gens. Pour éviter la cantine, je suis externe, mais du coup je ne peux pas voir mes amis. Je dors moins bien, j'ai plus mal au ventre. Cela vient du premier confinement. Avant, j'étais beaucoup plus heureux"

Au centre médico-psychologique de Vincennes, un centre bien intégré dans la ville,  Anne, la mère d'Hadrien, l'accompagne une fois par semaine. "Il y a eu cette coupure brutale au moment du confinement du printemps dernier. Ce dont il a surtout souffert, c'est de la perte du lien social. Aujourd'hui, il vit dans l'angoisse que ça recommence. On fait du mieux qu'on peut, on tâtonne", soupire-t-elle.

De nouveau, Hadrien et Sarah vont se retrouver sans école, mais cette fois avec une date de reprise annoncée. Une échéance qui pourrait alléger leurs angoisses.