Le cirque Royal Kerwich à Sénas ©Radio France - Géraldine Hallot
Le cirque Royal Kerwich à Sénas ©Radio France - Géraldine Hallot
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Résumé

Les tigres, lions, ours, éléphants et autres animaux sauvages seront bientôt interdits dans les cirques itinérants*. C'est ce que prévoit la proposition de loi contre la maltraitance animale, votée à l'Assemblée et examinée prochainement au Sénat.

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Les professionnels du cirque auront de 5 à 8 ans pour s'adapter et placer leurs animaux dans des refuges.
Il y aurait près d'un millier d'animaux sauvages - dont 500 fauves - dans les cirques français.
Le gouvernement estime que leurs conditions de détention et de transport s'apparentent à de la maltraitance, ce que dénoncent avec véhémence les propriétaires de cirques traditionnels.
Reportage auprès du cirque Royal Kerwich à Sénas au sud d'Avignon.

Bouli est un hippopotame de 26 ans, au repos forcé, comme tout le cirque Royal Kerwich, Covid oblige.
La troupe et sa ménagerie se sont repliées sur leur base arrière de Sénas, 4 hectares de terrain au cœur du parc naturel des Alpilles.  
Pendant les représentations, quand elles avaient lieu, Bouli était perchée sur un large tabouret et ouvrait sa bouche à la demande.
Gênant? Spectacle d'un autre temps? Non, répond William Kerwich, le directeur du cirque, également président du syndicat des capacitaires d'animaux.
"On ne demande pas à Bouli de faire du vélo, contrairement à ce que font croire les associations", s'insurge William Kerwich.
"Quand Bouli ouvre la bouche en grand, tous les enfants ouvrent la bouche de la même manière, même les parents!", s'amuse le patron du cirque.  
Le cirque Royal Kerwich détient 70 animaux, la plupart sauvages mais élevés en captivité : des tigres, des lions, un bison, des perroquets… Au-delà de l'attachement à leurs animaux, William et sa femme Sophie mettent en avant leurs diplômes et les contrôles auxquels ils sont soumis.
"Nous devons avoir un certificat de capacitaire pour détenir ces animaux", explique Sophie Kerwich, qui présente les perroquets lors des spectacles.  "J'ai suivi une formation de trois ans avec un autre professionnel du cirque pour apprendre à m'occuper d'eux", poursuit-elle. "Nous sommes régulièrement contrôlés par les services vétérinaires, qui nous délivrent aussi les autorisations de transport".  

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Les propriétaires du cirque Kerwich disent qu'ils préfèreront arrêter l'itinérance plutôt que de placer leurs animaux dans des refuges.    
"Au cirque il y a des clowns, il y a des trapézistes, il y a des animaux… Bon, dans toutes les professions il y a des brebis galeuses mais les gens du cirque aiment leurs animaux. Donc je pense qu'on ne peut pas nous demander une telle chose!", s'emporte William Kerwich.  
Leur beau-fils Sacha, le Monsieur Loyal du spectacle, est sur la même ligne. "On passe plus de temps avec nos animaux qu'avec notre famille", avance le jeune homme.
"Pour moi, le cirque ce sont les véhicules, le chapiteau, la ménagerie, les odeurs de pop-corn, les jongleurs, les trapézistes. C'est tout cela en même temps!"  

"Le cirque sans animaux sauvages : révolution sous le chapiteau", c'est un reportage à retrouver en longueur dimanche dans l'émission Interception

*Les cirques fixes et les parcs animaliers pourront eux garder leurs animaux sauvages.