Les discothèques ont fermé leurs portes depuis le début de la pandémie, il y a 15 mois ©AFP - Antoine Kremer / Hans Lucas
Les discothèques ont fermé leurs portes depuis le début de la pandémie, il y a 15 mois ©AFP - Antoine Kremer / Hans Lucas
Les discothèques ont fermé leurs portes depuis le début de la pandémie, il y a 15 mois ©AFP - Antoine Kremer / Hans Lucas
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Résumé

Les habitués des discothèques désespèrent de retrouver un jour les pistes de danse. Les boîtes de nuit sont fermées depuis 15 mois. Ce sont les seules dans ce cas et elles n'ont toujours pas de date de réouverture.  

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En pleine pandémie, le gouvernement se méfie de ces lieux clos qui favorisent la proximité. Mais dans les zones rurales où les discothèques sont synonymes de lien social, le manque est particulièrement criant. 

Au Tango, à Saint-Laurent-Nouan dans le Loir-et-Cher, le temps semble suspendu. Le décor, style Nouvelle-Orléans, rideaux en cuir rouge et canapés noir, n'a pas bougé depuis le 14 mars 2020. La poussière s'accumule sur les bouteilles d'alcool. Et les platines du DJ Stéphane sont collées à leur table. "Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé", raconte Stéphane avec nostalgie, "mais à la fin d'une soirée en boîte, souvent sur le sol ça colle". "Ce sont les émanations de toutes sortes, transpiration, sodas... On a l'habitude de dire que quand ça colle super bien c'est que la soirée a été bonne." Sauf que de soirée, il n'y en a pas eu depuis plus d'un an. Depuis 15 mois en fait.  

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Les patrons du Tango, Sabine et Fabrice, espèrent rouvrir bientôt, sans trop y croire. "La discothèque en milieu rural c'est un lieu de vie", explique Fabrice. "

"Avant l'avènement des réseaux sociaux, c'était le seul lieu de rencontre" 

"On a marié ici un nombre incalculable de personnes qui se sont rencontrées au Tango" explique le patron, qui poursuit : "Ici, on ne fait pas la distinction entre cols blancs ou cols bleus. On accueille toutes les catégories sociales. Tout le monde se mélange!"

Christophe est un habitué du Tango. Divorcé, à plus de 50 ans, il y a rencontré sa nouvelle compagne. "Après de longues soirées d'hiver avec le vague à l'âme, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis sorti au Tango tout seul. J'y ai rencontré ma compagne". Christophe ne tarit pas d'éloge sur ce lieu. "Ici, on n'est pas devant un écran. On se rencontre pour de vrai. C'est cela qui nous fait avancer dans la vie!"

"Une vie sans goût, sans sel, insipide"

Fabrice le patron, parle aussi de ces personnes timides dans la vie qui se révèlent sur la piste de danse. "La nuit dans ce type d'établissements, c'est une soupape. On se fait plaisir, on vit une autre vie. Parfois on s'invente une vie. Mais on a la reconnaissance des autres et cela est essentiel".

Geneviève et José, 76 et 78 ans, sont les plus anciens clients du Tango. Avant la pandémie, ils venaient tous les samedis soir. "On dansait les danses de salon en début de soirée. Puis vers minuit la clientèle arrivait et le DJ passait d'autres styles de musique. Nous restions toute la nuit à danser." Quand on demande à Geneviève comment elle occupe désormais ses samedis soir, elle répond, lasse : "On regarde la télévision pour tuer le temps." "Nous avons une vie sans goût, sans sel, insipide" raconte celle qui passait des heures à se préparer avant de sortir, et pour qui les soirées en discothèque représentaient "la motivation de la semaine". Geneviève est vaccinée, José pas encore. Il est prêt à se faire tester toutes les semaines s'il le faut pour sortir en boîte. 

Le gouvernement s'est engagé à donner une date de réouverture aux patrons de discothèques, d'ici au 15 juin.

"La nuit reverra-t-elle le jour?", c'est un reportage de Géraldine Hallot et Raymond Albouy à retrouver en longueur  dans l'émission Interception.

Références

L'équipe

Géraldine Hallot
Géraldine Hallot
Géraldine Hallot
Géraldine Hallot