Un livreur à vélo cargo de l'entreprise Aquarelle spécialisée dans la livraison de fleurs
Un livreur à vélo cargo de l'entreprise Aquarelle spécialisée dans la livraison de fleurs
Un livreur à vélo cargo de l'entreprise Aquarelle spécialisée dans la livraison de fleurs   ©Maxppp - IP3 / Bruno Levesque
Un livreur à vélo cargo de l'entreprise Aquarelle spécialisée dans la livraison de fleurs ©Maxppp - IP3 / Bruno Levesque
Un livreur à vélo cargo de l'entreprise Aquarelle spécialisée dans la livraison de fleurs ©Maxppp - IP3 / Bruno Levesque
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Résumé

Le gouvernement vient de débloquer 12 millions d'euros pour développer la cyclo-logistique. Le transport de marchandises à vélo se développe à Paris, grâce au réseau express de pistes cyclables, et au vélo cargo électrique, capable de transporter de grosses charges sans effort.

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Simon le Prince est cyclo-plombier à Paris. Il circule à vélo cargo, un vélo électrique équipé d'une grosse caisse à l'avant pour ranger ses outils. Ce jour-là, il effectue un dépannage pour une fuite de robinet dans le 20e arrondissement. Il a mis vingt minutes pour faire le trajet depuis son atelier dans le 19e et s'est garé sans difficulté juste devant la porte. Un scénario inimaginable lorsqu'il dépannait en camionnette. "En camion, j'étais toujours stressé, trop de bouchons, trop de trafic, impossible de se garer,  là je ne le ressens pas, je me faufile et voilà", raconte-t-il. 

Son mode de transport suscite un capital sympathie auprès de la cliente, qui l'a appelé en connaissance de cause. "J'essaye de consommer responsable au quotidien et donc je me suis dis que faire appel à un cyclo-plombier, c'était pas mal", explique la trentenaire.  

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Elian Aluin est le fondateur de cette start-up CycloPlombier créée en 2014. Depuis, pour  faire face à la demande, il a embauché deux salariés. Pour lui, le vélo est un choix écologique mais aussi économique : "niveau réactivité et rapidité c'est vrai que dans les rues de Paris c'est imbattable, on va beaucoup plus vite qu'un utilitaire classique. Et puis, forcément on a moins de consommation d'essence , d'assurance, de tickets de stationnement et de maintenance". Cet entrepreneur à vélo reconnait qu'il ne peut pas effectuer tout type  de réparation à vélo : "Mais o_n peut quand même faire beaucoup de dépannages,  alors pourquoi ne pas le faire à vélo ? Cela fait moins de camions en ville et  justement on laisse les emplacements  à ceux qui ont vraiment besoin de faire venir des gros utilitaires_". 

Elian Alluin est cyclo-plombier depuis 2014 dans Paris
Elian Alluin est cyclo-plombier depuis 2014 dans Paris
© Radio France - Sandy Dauphin

Avec la crise du Covid, le boum des livraisons

Avec la crise sanitaire, beaucoup de citadins se sont habitués à tout se faire livrer à domicile : colis, plats à emporter. Othman Razine a cofondé Vély-Vélo, une start-up qui loue des flottes de vélos électriques aux entreprises, surtout de livraisons. "Je gérais trois restaurants avec livraison en scooter… On s’est dit que c’était pas le bon moyen. On propose le vélo électrique, c'est moins couteux, moins accidentogène aussi". Et le marché est exponentiel dit-il : "Depuis le confinement on a multiplié par cinq notre flotte de vélo". A sa création en 2017, la start-up gérait 150 vélos, aujourd'hui c'est plus d'un millier. 

Othman Razine a co-fondé un service de location de flottes de vélos électriques destinées notamment aux entreprises de livraisons
Othman Razine a co-fondé un service de location de flottes de vélos électriques destinées notamment aux entreprises de livraisons
© Radio France - Sandy Dauphin

Et si le vélo électrique peut se développer dans Paris comme véhicule utilitaire, c’est aussi parce que le réseau de pistes cyclables s’est étoffé, par exemple la rue de Rivoli transformée en sorte de voie express vélo. 

Philippe Genty est le porte-parole des Boites à vélos, l’association professionnelle des entreprises qui ont choisi le vélo comme véhicule utilitaire (artisans, professionnels de la santé, paysagistes et aussi livreurs). La cyclo-logistique n’en est encore qu’à ses débuts en ville, souligne-t-il. "Le vélo cargo peut transporter jusqu’à 300 kilos. On a un adhérent qui livre dans Paris en péniche électrique, avec une flottille  de vélos électriques qui viennent récupérer les colis sur le bateau pour ensuite les livrer dans le centre-ville".

À l'avenir on peut imaginer la multiplication des hubs de livraisons, c'est à dire ces centres de livraisons dans lesquels les camions viennent déposer les colis en périphérie des villes et à partir desquels des flottilles de vélos cargos viennent prendre en charge ces colis pour les livrer de manière propre et silencieuse.

Le gouvernement vient d'annoncer un plan de 12 millions d'euros pour développer la cyclo-logistique (financé par les Certificats d'économie d'énergie). Objectif : lutter contre la pollution de l'air  et diminuer l'empreinte carbone des livraisons en ville. Le plan prévoit notamment des subventions dans les grandes agglomérations pour les livraisons à vélos (dispositif baptisé ColisActiv) ainsi qu'une aide à l'achat pour des vélos cargos pour les professionnels. Le projet de loi Climat et résilience propose aussi d'étendre la prime à la conversion à ceux qui souhaitent remplacer une vieille voiture par un vélo à assistance électrique. 

La cyclo-logistique trace sa route : 2020 a été une année record, avec 11.000 vélos cargos vendus, c’est deux fois plus que l’année précédente. 

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L'équipe

Sandy Dauphin
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