La Floride, laboratoire Républicain pour la présidentielle 2024

Le gouverneur de Floride est perçu comme un candidat sérieux à la Maison-Blanche pour la présidentielle 2024.
Le gouverneur de Floride est perçu comme un candidat sérieux à la Maison-Blanche pour la présidentielle 2024. ©Radio France - Claude Guibal
Le gouverneur de Floride est perçu comme un candidat sérieux à la Maison-Blanche pour la présidentielle 2024. ©Radio France - Claude Guibal
Le gouverneur de Floride est perçu comme un candidat sérieux à la Maison-Blanche pour la présidentielle 2024. ©Radio France - Claude Guibal
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Gouverneur sortant de Floride, Ron DeSantis est quasi assuré d'être réeelu. Un mandat a suffi à celui qui a ravi la Floride aux démocrates lors des midterms 2018 pour devenir l’homme politique le plus en vue des Etats-Unis. Il fait de la Floride l’exemple de ce que pourraient devenir les Etats-Unis.

Une fine pluie tombe sur la Floride. Les regards sont extatiques.

C’est le 3e meeting de la journée pour Ron De Santis.

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" Tout le monde aux Etats-Unis sait qui est notre gouverneur Ron De Santis. On l’adore. Il fait de la Floride le meilleur endroit pour vivre" s'enthousiasme une femme, au t-shirt barré d'un "DeSantis 2024", une allusion à la prochaine présidentielle pour laquelle l'ancien dauphin de Donald Trump, et potentiel rival aujourd'hui, se positionne déjà. La Floride, hier encore un état pivot, est désormais un état quasi perdu pour les démocrates.

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le parti Républicain a en quatre ans vu le nombre de ses adhérents grimper en flèche.

A Pine Hills, une banlieue de la classe moyenne d’Orlando, terre jadis acquise aux démocrates, trois bénévoles - tous démocrates - font du porte à porte. Dans la rue, trois bénévoles démocrates font du porte à porte. L’homme qui leur ouvre s’appelle Aristide. Il vient d’Haiti. « Niveau économie, la Floride est un état stable. Ce mec, c’est le meilleur gouverneur du pays. »

Une Floride anti-vax

Pas d’obligation vaccinale, quasiment pas de confinement ; de fait la gestion très laxe de la pandémie a permis à Ron De Santis de conquérir la Floride, et peu à peu, l’ensemble des Etats-Unis.

Jennifer Jenkins a été élue à la tête du comité d’établissement des écoles du comté de Brevard. Pendant la pandémie, sa décision de maintenir le masque à l’école lui a valu menaces de mort, accusation de pédophilie, d’inceste, et des attaques jusqu’à son domicile.

« Quand Donald Trump est arrivé, raconte-t’elle, c*ela a ouvert la voie aux gens pour utiliser la haine, le harcèlement et DeSantis a su catalyser ça en Floride. Il s’est focalisé sur l’éducation. Et ça a été une stratégie gagnante. « *

Faisant des parents son cœur de cible, Ron De Santis a lancé la réécriture des programmes scolaires, sous la houlette de l’Heritage Foundation, un lobby ultra conservateur et climato sceptique, qui dénonce le wokisme, les questions raciales, l’homosexualité, les théories du genre, et questionne la séparation de l’église et de l’état.

Stop Woke Act, le décret "don't say gay !"

« Ron de Santis a aussi renvoyé des tonnes de manuels scolaires, au nom du Stop Woke act (un décret promulgué en avril 2022), reprend-elle . Nous n’avons plus le droit d’évoquer devant des élevés de maternelle ou de primaire quoi que ce soit qui ait un lién avec l’identité de genre. Des classes refusent d’avoir des bibliothèques de peur d’être poursuivies en justice par des parents s’ils estimaient que des livres inappropriés s’y trouvent ».

Le courant « woke »... La menace ultime pour Ron de Santis, qui en a fait l’objet d’une loi spécifique. Ron de santis, appuyé par les Mums, for Liberty, un puissant lobby de parents, qui dénonce – sans craindre les exagérations ni les inexactitudes– les dangers du système éducatif.

Tina Descovitch est une de ses co-fondatrices : « en maternelle, on leur dit qu’ils peuvent être indifféremment un garçon ou une fille. En 6e, on leur parle de fellation et de sexe anal, et tout ce qu’on peut faire, c’est monstrueux. Et en 3e, on leur apprend l’avortement, et comment ça se passe… Et les parents ne le savent même pas ! »

A travers les Etats Unis, l’organisation conservatrice, née en Floride compte désormais plus de 100 000 adhérents en deux ans d’existence.

« Une chose que vous devez comprendre avec De Santis, c’est qu’il est très fort pour repérer les problèmes ailleurs, et voit comment se passerait en Floride, explique Suzanne MacAnnus, professeur de sciences politiques à Tampa. Il regarde ce qui fait le buzz dans le pays, il regarde comment tirer profit de ça en Floride, et comme c’est la Floride, ça lui vaut l’attention du pays entier. »

L’été dernier, Ron De Santis a mis la Floride à la une en créant une polémique nationale avec les migrants. Il a réduit les délais d’avortement à 15 semaines, sans exception pour les viols ou l’inceste. Sa gestion des suites du terrible ouragan Ian, le mois dernier, lui a permis de montrer ses capacités managériales.

Dans les hauts-parleurs du meeting où il arpente la scène, sa voix résonne : « on est aussi très fiers d’être contre les vaccins, contre les certifications de vaccination ou quelconque obligation ! » La foule hurle de joie.

Plus présentable que Donald Trump, Ron de Santis est devenu en quelques mois un rival dangereux pour l’ancien président qui hier, a tenu un meeting à Miami où il ne l’a pas invité.

Alors que le meeting se termine, des drapeaux flottent au vent. Sur l’un, cette phrase : « make America Florida » : faites que l’Amérique devienne comme la Floride.

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