Vêtements fabriqués à la demande à partir de matières responsables.
Vêtements fabriqués à la demande à partir de matières responsables. ©Radio France - Agnès Soubiran
Vêtements fabriqués à la demande à partir de matières responsables. ©Radio France - Agnès Soubiran
Vêtements fabriqués à la demande à partir de matières responsables. ©Radio France - Agnès Soubiran
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Loin de la fast fashion, des entreprises françaises ont fait le choix d'un tout autre modèle. Elles fabriquent à la demande, en France, à partir de matériaux recyclés et en associant dans le processus de création une communauté née sur les réseaux sociaux.

Un ancien garage automobile au cœur de bordeaux. Pierres apparentes, poutres métalliques, vieux fauteuils en cuir, ambiance start-up, si ce n’est des portants un peu partout remplis de vêtements. Nous sommes chez Asphalte. Une marque crée en 2016 par William Hauvette, installée d’abord à Paris puis à Bordeaux pour profiter d’un cadre de vie plus agréable. Le chiffre d’affaire atteint 22 millions d’euros. La société emploie 50 personnes . La communauté Asphalte compte 100 000 clients. L’idée ? Proposer des vêtements pour hommes, intemporels, solides et vendus sans intermédiaires et avec des marges faibles pour faire baisser les prix.

Séance d'essayage chez Asphalte
Séance d'essayage chez Asphalte
© Radio France - Agnès Soubiran

Fabrication à la commande

La première étape est d’associer le futur client dès la phase de création avec des essayages de prototypes. Ce jour là, séance d’essayage pour la future chemise Oxford femme, car fort de son succès pour les hommes, Asphalte a décidé en cet automne 2021 de se lancer dans la mode femme.

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Les clientes sont prêtes à attendre plusieurs semaines avant de recevoir chez elles leur achat. Pour éviter des stocks couteux financièrement et dévastateurs pour la planète, ces jeunes marques ne fabriquent qu'à la commande. Le nouveau vêtement est donc à commander et à payer sur le site et le produit sera livré plus tard. A ce jour, une centaine de produits sont proposés pour les hommes et à terme, une gamme femme.

Favoriser le recyclé en circuit-court

Autre engagement : fabriquer le plus possible en France, jamais en dehors de l'Union européenne. Et pour Clément Maulavé, co-fondateur d'Hopaal, marque installée à Biarritz, le maître-mot c'est le recyclage. Il explique : "On récupère des anciens vêtements, des filets de pêche, des chutes de production, de la laine Mérinos recyclée, du polyamide recyclé. Ensuite c'est trié, nettoyé, broyé. Cela redevient de la fibre et on recommence tout : un fil, un tissu, un vêtement. Parallèlement, on relance les filières chanvre et lin en France, pour d'un côté réparer les erreurs de la surconsommation du passé, et de l'autre côté créer des filières qui préparent le futur."

Des fibres à recycler chez Hopaal
Des fibres à recycler chez Hopaal
© Radio France

Plus cher, mais plus solide

Choix des matières, précommande, fabrication locale, petite collection, c'est l'équation de Charlotte Dereux à la tête de la marque Patine, dans le 10ème arrondissement à Paris. Après plusieurs aventures professionnelles dans la mode, dont 10 ans passés chez Sarenza, elle a décidé de s'engager, à son rythme. Quatre vêtements créés en 4 ans. Des basiques qui se patinent avec le temps. Des habits qui ont un coût : 45 euros pour un t-shirt, 130 euros pour un jean. Et des clientes prêtes à payer plus cher pour un vêtement qui va durer plus longtemps. "On n'est plus dans la tendance, on est dans une urgence écologique. Tout le monde doit être responsable. Cela doit être le nouveau normal. Après à chacun sa façon de faire, moi ça me convient d'avoir une petite équipe, une petite collection, à chaque entreprise son projet, il n'y a pas une solution, il y a plein de solutions."