Mahmoud, Hamza, Elissa et Ghazal vont mieux grâce aux activités musicales proposées par Sununu
Mahmoud, Hamza, Elissa et Ghazal vont mieux grâce aux activités musicales proposées par Sununu
Mahmoud, Hamza, Elissa et Ghazal vont mieux grâce aux activités musicales proposées par Sununu ©Radio France - Frédéric Métézeau
Mahmoud, Hamza, Elissa et Ghazal vont mieux grâce aux activités musicales proposées par Sununu ©Radio France - Frédéric Métézeau
Mahmoud, Hamza, Elissa et Ghazal vont mieux grâce aux activités musicales proposées par Sununu ©Radio France - Frédéric Métézeau
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Résumé

Un an après après la guerre entre Israël et le Hamas qui a fait près de 300 morts, des milliers d'enfants gazaouis souffrent de traumatismes mentaux. Certains parmi eux sont soignés par la musique grâce à une fondation.

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Ghazal, une brune souriante de quatorze ans aux yeux noisette, insiste pour faire entendre la marche turque. Et avec entrain, elle exécute parfaitement cette la sonate n°11 de Mozart. Ghazal a choisi d'apprendre le piano, l'instrument le plus demandé par les 840 jeunes et adultes, de six à vingt-cinq ans, qui découvrent la musique dans des locaux pimpants de la Fondation Al Sununu.

Je sens cette harmonie entre moi et l'instrument

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En jouer me rend heureuse et ça me fait oublier la guerre. J'ai alors un sentiment de Paix. Un sentiment qu'un jour nous pourrons vivre dans la paix et avec de l'espoir pour l'avenir » raconte la jeune fille qui aime aussi jouer du Qanoun, une sorte de cithare qui se joue à plat très répandu dans le monde arabe.

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« Nous proposons des instruments orientaux comme l'oud, le qanoun et la flûte de roseau et les occidentaux comme la guitare, l'accordéon ou le piano » précise la directrice, Arab Mohamad. « Après que les enfants ont été exposés au trauma, nous allons dans les écoles et nous les détectons avec l'aide de psychologues scolaires pour la Fondation et on les intègre à nos programmes. Nous avons commencé le soutien psychologique aux enfants en 2012. Au début on les sélectionnait mais avec le succès de Sununu, les parents se sont tournés vers nous pour nous demander de l'aide. »

C'est le cas des parents de Mahmoud. L’adolescent volontaire de dix-sept ans qui tient fièrement à parler en anglais apprend le tabla, une percussion palestinienne : « Je leur ai dit de m'aider et de me soutenir... et ils m'ont encouragé et aidé. A mon âge j'ai affronté quatre guerres : 2008, 2012, 2014 et la dernière l'an passé. C'est dur de réussir et d'être une bonne personne. A mon avis, les guerres te remplissent de mauvaise énergie alors jouer de la musique en paix, ça te rend content quand tu es très triste. »

Un "syndrome de Gaza"

Le Docteur Sami Owaida est le seul médecin pédopsychiatre à Gaza où vivent plus d'un million et demi de mineurs
Le Docteur Sami Owaida est le seul médecin pédopsychiatre à Gaza où vivent plus d'un million et demi de mineurs
© Radio France - Frédéric Métézeau

A Gaza vivent 2 millions 300 mille habitants dont plus de la moitié sont mineurs mais dans cette enclave palestinienne paupérisée, surpeuplée et sous double blocus israélien et égyptien, il n'y a qu'un seul médecin pédopsychiatre. A quelques minutes en voiture des locaux de Sununu, le Dr Sami Owaida, 58 ans, reçoit dans la clinique qu'il dirige pour le Gaza Community Mental Health Program : « Je parle d’un ‘syndrome de Gaza’ car nous vivons dans une situation traumatique permanente et continue depuis très longtemps. 90 % des populations à Gaza ont été exposés à des trauma sévères. Lors du dernier conflit, quatre enfants de quatre ans à douze ans sont venus avec leur famille. Ils habitaient exactement à côté d’une autre famille qui a été complètement tuée par les bombes israéliennes. Et que voulaient-ils ? Ils voulaient mourir ? Ils voulaient rejoindre leurs amis tués au Paradis. C'est ce qu'on appelle aussi ‘trauma par génération’. J'ai été obligé de donner certains médicaments sédatifs aux benzodiazépines à mes petits-enfants pour qu'ils puissent dormir ou se calmer. »

Elissa a traversé une dépression après la mort d'une de ses amies l'année dernière
Elissa a traversé une dépression après la mort d'une de ses amies l'année dernière
© Radio France - Frédéric Métézeau

Pour Elissa, une timide et malicieuse de quinze ans que nous retrouvons chez Sununu, le médicament est… un violon : « J'aime les instruments de musique, les vieux trucs classiques donc j'ai choisi le violon. Pendant la guerre à Gaza en 2021, j'ai souffert d'une dépression sévère et la musique m'a aidée à la soulager. Je déprimais à cause de la perte d'une amie, des destructions de maisons et des souvenirs. Tout devient négatif quand la guerre arrive à Gaza. »

Adulte, Hamza espère devenir un artiste connu et aussi médecin diabétologue.
Adulte, Hamza espère devenir un artiste connu et aussi médecin diabétologue.
© Radio France - Frédéric Métézeau

Autre pensionnaire de la fondation, Hamza joue de l'oud et participe au choeur de Sununu. Depuis le conflit de 2014, il souffre de diabète. A seize ans, il en paraît onze et sa voix est encore celle d'une enfant, d’une pureté et d’une justesse bouleversantes. « Les énergies négatives doivent être purgées dans la poésie ou le dessin. Moi, je considère ma voix comme un don de Dieu. Quand je me sens triste, je chante pour évacuer mes pensées noires. »

Hamza chante alors une chanson d’amour poignante de Mohammed Abdel Wahab.

57 sec

En mai 2021, le conflit de onze jours entre Israël et le Hamas a fait 260 morts à Gaza dont 66 enfants, des civils adultes et des combattants du Hamas, mouvement classé terroriste par Israël, l’Union Européenne et les Etats-Unis. Côté israélien, 14 personnes ont péri dont un soldat et un enfant.