Sophie Bissantz et Élodie Fiat dans les studios de France Inter. ©Radio France - Béatrice Dugué.
Sophie Bissantz et Élodie Fiat dans les studios de France Inter. ©Radio France - Béatrice Dugué.
Sophie Bissantz et Élodie Fiat dans les studios de France Inter. ©Radio France - Béatrice Dugué.
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Résumé

On les appelle "Les oreilles d’or". Ils sont les experts du son. Dans le zoom de France Inter, toute la semaine, nous vous proposons partir à la découverte d'hommes et de femmes dont le métier repose sur leurs deux oreilles. Plongée avec des experts du son à Radio France

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Quand vous écoutez une fiction de Radio France et que vous croyez entendre un cœur qui bat... il s'agit en réalité d'un carré vaisselle en éponge rose, habilement manipulé devant un micro par des bruiteurs radio. Le dernier épisode de notre série spéciale "les oreilles d'or" nous emmène dans l'univers de ces experts du son, les bruiteurs radio, un métier unique, exercé à la Maison de la Radio et de la Musique. Ils sont quatre, deux femmes et deux hommes, à créer le climat des fictions radio pour "Affaires Sensibles" ou "Autant en emporte l'histoire" par exemple.

À Radio France, il n'est pas question d'utiliser des banques de sons pour réaliser les fictions. Les bruiteurs utilisent tout un tas d'accessoires, détournent les objets, pour créer les sons. "Nous sommes de grandes bidouilleuses", s’amuse Sophie Bissantz, bruiteuse à Radio France depuis 27 ans. "Une table de bruiteur c'est assez chouette à voir, il y a un moulin, un plumeau, un arrosoir, des choses qui sont totalement détournées de leur usage normal", explique Élodie Fiat, bruiteuse depuis six ans dans la Maison ronde.

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Immerger les auditeurs

Pour immerger au maximum les auditeurs dans le décor sonore, les bruiteurs redoublent d'ingéniosité. "L'auditeur ne doit pas se poser la question 'mais qu’est-ce que c’est que ce son'. On est là pour que le son sonne bien, au bon moment", indique Élodie Fiat. "Juste avec le son, il faut créer une image dans la tête de l’auditeur. C’est un défi passionnant", ajoute Sophie Bissantz. "Il faut ramener de la couleur, rehausser. Pour moi le bruitage, ça ramène une forme de poésie sur le son du quotidien."

"La spécificité des fictions à Radio France, c’est qu’on est avec les comédiens" durant le tournage, explique Sophie. Elles captent ainsi leurs humeurs et l'ambiance. "Ce que j’aime, c’est que j’ai l’impression de jouer aussi parce qu'il faut mettre l’intention et l’humeur dans les sons qu’on produit puisqu’ils doivent être en parfaite corrélation avec le jeu du comédien. C’est très drôle à faire", souligne Sophie Bissantz.

Et tout cela doit se faire en toute discrétion, parce qu’elles ne doivent surtout pas être entendues. "Quand on prend un objet, par excellence la vaisselle, ça explose les micros, c’est très sonore. Donc ça veut dire le prendre sans faire de bruit, le reposer sans faire de bruit et reprendre un autre objet. Ça demande une chorégraphie assez rigolote", s’amuse la bruiteuse. "Silence et bruit sont indissociables."