Au CHU de Nantes, le Dr Bénédicte Houlet reçoit une candidate au don pour un premier rendez-vous
Au CHU de Nantes, le Dr Bénédicte Houlet reçoit une candidate au don pour un premier rendez-vous
Au CHU de Nantes, le Dr Bénédicte Houlet reçoit une candidate au don pour un premier rendez-vous ©Radio France - Hélène Chevallier
Au CHU de Nantes, le Dr Bénédicte Houlet reçoit une candidate au don pour un premier rendez-vous ©Radio France - Hélène Chevallier
Au CHU de Nantes, le Dr Bénédicte Houlet reçoit une candidate au don pour un premier rendez-vous ©Radio France - Hélène Chevallier
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Résumé

Un millier de femmes et d'hommes ont fait ou feront cette année un don d'ovocytes ou de sperme. Mais combien seront-ils après le vote définitif de la loi de bioéthique prévu cet été ? Le texte prévoit qu'un enfant issu d'un don pourra à sa majorité accéder à l'identité de la donneuse ou du donneur.

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Adrien (tous les prénoms des donneurs ont été modifiés) a effectué un don de sperme au CHU de Nantes il y a deux ans. Aujourd'hui, un enfant est peut être né de son don. Mais ce trentenaire n'y pense pas : “Si je donnais mon sang. Je ne me dirais pas que mon sang est en train de couler dans les veines de la personne que je viens de croiser dans la rue. C'est un peu la même chose ici, c'est à dire que c'est une action gratuite et j'espère bienfaitrice que j'ai faite. Mais pour autant, je n’en attends pas de conclusions concrètes”. 

Des dons de  jeunes qui ne veulent pas d'enfant parce qu'ils pensent que c'est dangereux pour la planète

En France, les hommes et les femmes n'ayant pas d'enfant ne peuvent effectuer un prélèvement de sperme ou d'ovocytes que depuis cinq ans, ce qui a permis un vrai appel d'air. Au CHU de Nantes, par exemple, une centaine de femmes et une cinquantaine d'hommes ont fait un don en 2019. Et parmi eux, la psychologue clinicienne Claire Naudin a remarqué beaucoup de nouveaux profils : “ J’entends pas mal actuellement de jeunes qui ne veulent pas d'enfant parce qu'ils pensent que c'est dangereux pour la planète mais ils viennent quand même donner pour ceux qui n'ont pas le même point de vue qu'eux. Il y a aussi des gens qui recyclent. Ils me disent qu'est ce que vous voulez ? J'en perd régulièrement des spermatozoïdes, des ovules. Autant les donner. Cela va avec l'air du temps. Je n'entendais pas ça il y a 15 ans.” 

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Dans les entretiens des candidats aux dons avec les psychologues comme avec les médecins, la loi de bioéthique est d'ores et déjà abordée. Suzanne a effectué son don en février dernier, quelques mois après la naissance de son premier enfant. Son geste restera anonyme puisqu'il a eu lieu avant la promulgation de la loi, sauf si elle accepte de transmettre ses coordonnées : “Je n'ai pas trop réfléchi au sujet. Quand on en a parlé avec mon mari, lui, un des critères, c'était que cela reste anonyme. Moi, je lui ai dit que je ferais bien ce que je veux de toute façon. Mais je sens que pour lui, c'était important. Il me dit : si jamais c’est un fou dans 18 ans qui nous harcèle. Moi, je pense qu'en fait ce sont des gens qui ont besoin de comprendre leur histoire. Finalement, je n'ai pas envie d'avoir un lien quelconque avec cet enfant par contre, si lui, ça peut lui permettre de se rassurer ou même d'aider ses parents à lui expliquer aussi son histoire. Oui, je le ferais peut-être. "

"Aucune inquiétude quant à l'avenir du don de sperme et d'ovocytes en France"

Dans le Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains de Rennes , douze cuves accueillent les gamètes des donneurs de la région. "Ce sont des milliers de paillettes de sperme et des centaines d'ovocytes. Mais il est vrai qu'avec l'évolution des lois de bioéthique, on sera certainement amené à augmenter notre parc de cuves", explique Stéphanie Kernec. La cadre de Santé n'a aucune inquiétude quant à l'avenir du don de sperme et d'ovocytes en France : “C’est ce qui a d’ailleurs été constaté dans l'ensemble des pays européens limitrophes qui ont adopté les mêmes mesures. À l'extension de la PMA pour toutes, aux couples de femmes et aux femmes seules et à la levée de l'accès aux origines, ils ont eu dans un premier temps une baisse des dons qui a très vite repris et qui s'est même majoré dans les deux ans après la promulgation de la loi.”

En 45 ans, on estime à plus de 70 000 le nombre d'enfants nés en France grâce à un don de gamètes. 

Références