Le SNP, Scottish National Party, vise cette fois la majorité absolue avec un seul mot d'ordre : l'indépendance pour l'Ecosse. ©Radio France - Richard Place
Le SNP, Scottish National Party, vise cette fois la majorité absolue avec un seul mot d'ordre : l'indépendance pour l'Ecosse. ©Radio France - Richard Place
Le SNP, Scottish National Party, vise cette fois la majorité absolue avec un seul mot d'ordre : l'indépendance pour l'Ecosse. ©Radio France - Richard Place
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Résumé

L’Écosse va voter pour son Parlement. Le résultat ne fait aucun doute, l’actuel parti majoritaire, le SNP, va l’emporter. Son objectif : la majorité absolue pour mettre la pression sur Londres et obtenir un nouveau référendum sur l'indépendance. Sur le terrain, la candidate Jenni Minto prêche des convaincus.

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Jenni Minto revit. Cette ancienne journaliste de la BBC aux longs cheveux blonds parcourt le magnifique port d’Oban, en Écosse. Sous un grand soleil, on ne peut pas la rater avec sa grosse cocarde jaune et noire accrochée à la veste. Trois lettres au centre : SNP, pour Scottish National Party.

Jenni Minto en est la candidate. Une candidate frustrée de n’avoir pu faire campagne comme elle aurait voulu. Elle habite sur l’île d’Islay mais la circonscription qu’elle vise s’étend bien au-delà. Et la pandémie a tout changé. "Je sentais qu’il n’était pas approprié de quitter l’île pour faire campagne. Par conséquent, mon salon s’est transformé en quartier général. J’ai mon bureau, mon ordinateur. J’ai utilisé Zoom et d’autres logiciels du même genre pour rencontrer les gens à travers la circonscription", explique-t-elle.

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Jenni Minto, candidate SNP dans la circonscription Argyll and Bute, a pu rencontrer les électeurs pendant 10 jours seulement. Auparavant, elle est restée sur son île d'Islay, bloquée par la pandémie
Jenni Minto, candidate SNP dans la circonscription Argyll and Bute, a pu rencontrer les électeurs pendant 10 jours seulement. Auparavant, elle est restée sur son île d'Islay, bloquée par la pandémie
© Radio France - Richard Place

Elle a enfin pu partir à la rencontre physique des électeurs il y a dix jours, et elle ne s’en est pas privée. Eux non plus. Comme cet homme qui l’accoste. La pandémie l’a mis au chômage technique mais son salaire est assuré. Il vient remercier la représentante du parti déjà majoritaire au Parlement écossais. Il veut l’indépendance et c’est ce qui va motiver son vote. "C’est la chose la plus importante, tout le reste suivra : économie, liberté, progrès, croissance… Tout. Le référendum, que ce soit officiel et validé ou pas par le gouvernement britannique, c’est pareil. Si c’est la volonté du peuple, ça ne peut pas être bloqué par une loi internationale."

Des "leaders honnêtes", qui "écoutent le peuple écossais"

Le long de cette superbe côte de l’ouest de l’Écosse, Jenni Minto essaie de rattraper le temps perdu dans cette campagne express. Elle parle d’indépendance et du référendum qui s’imposera, d’après son camp, si la victoire est écrasante. 

"Nous sentons que les mieux placés pour prendre les décisions pour l’Écosse sont les Écossais. Voilà le genre de pays dans lequel nous méritons tous de vivre. Avec des leaders honnêtes qui nous disent les choses telles qu’elles sont. Mais aussi des dirigeants qui écoutent le peuple écossais."

L’anti-portrait de Boris Johnson à ses yeux : en Écosse, les conservateurs n’ont pas la cote, l’actuel Premier ministre britannique en particulier. On le juge ici trop anglais, hermétique à la question écossaise.

Cette fois, c’est un restaurateur qui interpelle la candidate. Il n’est pas question d’indépendance mais des restrictions sanitaires. Son établissement ne peut toujours pas tourner normalement. "Comprenez ma frustration... Avec les chiffres de contamination maintenant, je pensais que la remise en marche serait plus rapide", lance-t-il.

Jenni Minto met en avant la gestion de la crise par la Première ministre Nicola Sturgeon. Depuis un an, la leader du SNP est apparue franche, directe, sûre d’elle, quand Boris Johnson changeait d’avis constamment. D’un point de vue sanitaire, les résultats sont similaires, mais l’indépendantiste écossaise a gagné la bataille de la communication.

"Notre voix est différente, une tonalité différente"

Le SNP est unique : nationaliste, de centre-gauche et tourné vers l’Europe. "Notre voix est différente", explique la candidate. "Une tonalité différente. Je suis écossaise, complètement écossaise. Je crois en mon peuple, je crois en mon pays. Je pense que les Écossais sont prêts à franchir cette dernière marche qui fera de nous à juste titre le pays indépendant que nous devrions être."

Langouste tatouée sur le bras, ce vendeur de fruits de mer sur le port d'Oban, encourage Jenni Minto
Langouste tatouée sur le bras, ce vendeur de fruits de mer sur le port d'Oban, encourage Jenni Minto
© Radio France - Richard Place

Une langouste tatouée sur le bras, le propriétaire d’une gargote qui vend des fruits de mer sur le port vient discuter un instant. Pas de requête, encore moins de contestation, il votera pour elle sans hésiter. "Absolument. Elle est née et élevée sur Islay, un pays fort. On va se battre et va gagner."

Le dernier référendum sur l’indépendance de l’Écosse s'est tenu il y a sept ans seulement. Mais depuis, il y a eu le Brexit, que l’Écosse avait rejeté et qu’elle subit. Si le SNP réussit son pari et obtient la majorité absolue au Parlement écossais, il exigera un nouveau référendum dès la fin de la pandémie.

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