La victoire de l'Ukraine à l'Eurovision
La victoire de l'Ukraine à l'Eurovision
La victoire de l'Ukraine à l'Eurovision ©Getty - Picture alliance
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Résumé

Vous le savez, c’est donc l’Ukraine qui a remporté l’Eurovision samedi dernier : classée 5e par les professionnels avec 192 points, elle finit en tête, portée par le vote du public, avec un impressionnant score de 439 points.

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Même phénomène pour la Moldavie : d’abord 20e sur 25e, un vote puissant du public la hisse à la 7e. Quatre-vingts secondes ce matin sur l’article d’une incroyable érudition que le philosophe Thierry Hoquet, professeur à l’Université Paris X Nanterre, consacre à l’édition 2022 et plus largement aux enjeux politiques, linguistiques, identitaires, aux questions de genre tels qu’ils se reflètent, année après année, à l’Eurovision.

Dans le soutien du public à la victoire de l’Ukraine et à la percée moldave, Thierry Hoquet voit « un signe tangible de la constitution d’une opinion publique continentale », voire d’un « demos ».

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Mais quel continent exactement ?

Point intéressant car l’Eurovision n’est adossée à aucune des grandes institutions européennes_._ Thierry Hoquet souligne que *« ses contours ne sont ni ceux de l’Union européenne ou du Conseil de l’Europe, ni ceux de la zone euro. L’Eurovision trace le portrait (…) d’une Europe diffuse, sans contours géographiques bien nets »*. Par-delà ce qu’il appelle la « tapageuse fête pop », « l’orgie artificielle », la « bacchanale du mauvais goût », un peuple inédit s’est exprimé d’une seule voix, donnant corps à une géographie improbable.

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« Géopolitique complexe et passionnante » conclut le philosophe, « comme un instantané sur les interrogations et les peurs, les troubles et les espoirs d’un continent ».