Une série sur la pizza
Une série sur la pizza ©Getty - .
Une série sur la pizza ©Getty - .
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Il y a des sujets qui ne se prennent pas par-dessus la jambe. Ils appellent le débat, l’éloquence raffinée, tout un travail intellectuel à la mesure de leur sacralité. C’est ce que mérite la pizza.

Quatre-vingts secondes ce matin sur la série documentaire que Netflix vient de mettre en ligne sur l’une de mes grandes passions, abordée ici sous un angle quasi métaphysique : qu’est-ce qui se joue dans une pizza ? Qu’a-t-elle à nous dire ? Pourquoi des hommes et des femmes consacrent leur vie à en faire ?

C’est une série en autant de portraits : voici Chris Bianco de Phoenix, dans l’Arizona. Il serait le « John Coltrane de la pizza », un jazzman donc. Pistaches pilées au mortier, romarin, oignon, sa « pizza rosa » a « le goût et l’odeur du désert », nous dit-on. Voici, à Rome, Gabriele Bonci. Lui est surnommé « le Michel Ange de la pizza », il reste persuadé que « chaque bouchée permet de mesurer la puissance de la pizza ». Ann Kim est américaine d’origine coréenne, ses pizzas, elle les considère comme autant de médias et de vecteurs culturels. Au Japon, Yoshihiro Imai raconte l’appel mystique qu’il ressentit un jour. Aujourd’hui, il fait jouer à la pizza le rôle du riz dans les menus traditionnels japonais.

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Dans cette série très esthétisante, on parle beaucoup trop, en tout cas beaucoup plus qu’on ne mange. Et même si j’entends déjà Matthieu Noël se foutre de moi, ces portraits évacuent la grande question : d’où vient le sentiment qu’on ne mangera jamais la meilleure pizza de sa vie ? Je ne sais pas mais j’imagine que ça doit encore être de la faute de ma mère.

Chef’s table, pizza, à voir sur Netflix.