"Bachar, les ouvriers sont avec toi" dit cette affiche, dans le souk de Hamidiyah, en Syrie.
"Bachar, les ouvriers sont avec toi" dit cette affiche, dans le souk de Hamidiyah, en Syrie.
"Bachar, les ouvriers sont avec toi" dit cette affiche, dans le souk de Hamidiyah, en Syrie.  ©AFP - LOUAI BESHARA / AFP
"Bachar, les ouvriers sont avec toi" dit cette affiche, dans le souk de Hamidiyah, en Syrie. ©AFP - LOUAI BESHARA / AFP
"Bachar, les ouvriers sont avec toi" dit cette affiche, dans le souk de Hamidiyah, en Syrie. ©AFP - LOUAI BESHARA / AFP
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Résumé

La Syrie vote le 26 mai pour élire son prochain président. Le parlement avalise les candidatures pour ce scrutin qui s'annonce comme une farce démocratique, malgré les apparences.

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Pour en parler de cette élection, on pourrait  choisir d'évoquer une femme. Elle s'appelle Faten Nahar Ali. 

Elle est belle. Elle est blonde. Elle est avocate. Et c’est une des sept femmes qui ont déposé leur candidature pour l'élection présidentielle syrienne. 

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Le 26 mai en effet Bachar al-Assad va briguer son quatrième mandat. En 2014, il n’avait eu face à lui que deux candidats juste là pour faire de la figuration, un scrutin en pleine guerre, uniquement dans les zones contrôlées par le régime, une élection remportée avec un score écrasant 88 % des voix. 

Cette fois il y aura donc des femmes, et pas mal de candidats. Une cinquantaine de personnes ont déposé leur projet de candidature devant le Parlement. Cela pourrait presque ressembler à de la démocratie? Or ces conditions de candidature à elles seules permettre de comprendre en quoi ce scrutin est une sinistre parodie. 

Les candidats doivent en effet justifier du soutien de 35 députés sur un parlement quasi totalement acquis au Baas, le parti de Bachar el-Assad. Ils doivent également justifier de 10 ans de présence ininterrompue sur le sol syrien. Cela exclut de fait tout l'opposition qui a fui à l'étranger.

Qui, pour voter ?

L’autre question, c’est évidemment de savoir qui ira voter. Probablement pas les cinq millions de déplacés internes traumatisé par la guerre et réfugiés loin de chez eux. A eux, il faut ajouter les quelques six millions de Syriens qui ont fui à l'étranger, presque la moitié de la population. Entassés dans des camps en Turquie, en Grèce. Ballottés sur des bateaux en Méditerranée… Peut-être ceux que vous voyez dans les rues de France, d’Allemagne ou d’Italie. Certes, ils seront autorisés à voter dans les ambassades syriennes à l'étranger. Encore faudrait-il qu'il y ait des ambassades. Ce n'est actuellement pas le cas en France, par exemple. Et il leur faudrait évidemment pouvoir présenter des papiers pour s'inscrire sur les listes électorales. 

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On pourrait ironiser et prendre les paris mais ce ne serait pas très risqué évidemment de prophétiser une victoire écrasante de Bachar el-Assad. Plusieurs pays, à commencer par les États-Unis, ont prévenu qu’ils ne reconnaîtraient pas le résultat si le scrutin n'était pas « libre, supervisé par les Nations-Unies, et représentatif de l'ensemble de la société. »
La Syrie, rassurante, a invité pour observer le scrutin des parlementaires de pays amis : la Russie, l'Iran, la Chine, le Venezuela, Cuba.
Alors on voudrait pouvoir remonter le temps. Ces dix années de guerre, ce pays détruit, ces millions de personnes sur la route, ces centaines de milliers de morts... Remonter jusqu'en 2000 lorsqu'après la mort de son père Hafez el Assad, Bachar accédait au pouvoir par référendum. 

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A l’époque, ce jeune ophtalmologue qui vivait à Londres était porteur d''espoir, on voyait en lieu le réformateur qui allait transformer le Moyen Orient. Celui dont on espérait qu'il ferait un jour rimer Syrie avec démocratie et non plus avec barbarie. 

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Claude Guibal
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