Bientôt une taxe ketchup à Florence ? ©Getty - milan2099
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Résumé

Le retour des touristes signifie celui des pizzas et des burgers qui tâchent la ville renaissance. La solution ? Une taxe sur les restaus de nourriture à emporter.

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Si nous allions payer une taxe italienne ce matin ?! Florentine même ! Elle a été suggérée par Eike Schmidt, le directeur du très prestigieux musée des Offices à Florence et elle a aussitôt été surnommée la « taxe ketchup » ou « taxe burger ». Il propose de taxer les restaurants de nourriture à emporter.

La raison est toute bête : le retour des touristes dans la Cité des Médicis, c’est aussi le retour des parts de pizza dégoulinantes de sauce tomate, ou pire : des burgers luisant de ketchup et bavant de mayonnaise. Or le centre de Florence a très peu de bancs publics.

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Conclusion : les touristes s’assoient sur le dallage en marbre de carrare de la place du Duomo, mangent en marchant sur le Ponte Vecchio ou carrément s’installent sur les marches des palais et églises renaissance en pietra serena.

La "pietra serena" ne supporte pas la mayo

"P_ietra serena",_ c’est la pierre de Florence par excellence. Un remarquable calcaire bleu-gris qu’on trouve dans toute la Toscane mais qui est encore plus beau lorsqu’il est extrait des carrières de Fiesole. Seulement voilà, ce calcaire est fragile et surtout très poreux.

En clair : le ketchup sur la pietra serena, c’est une tannée ! Il faut nettoyer dans les 12 heures, sinon ça pénètre la pierre pour les siècles des siècles. Or nettoyer les déjections de sauce grasse, ça a un coût – exorbitant. Pollueur payeur en somme.

Cette taxe est pour l’instant une suggestion, mais ce qui est déjà une réalité, c’est l’interdiction de manger sur les marches de la sublime basilique Santo Spirito. Et ce n’est pas tout : le maire a défini 6 zones du centre-ville où il est interdit de se balader.

Un couvre-feu pour les fêtards avinés et mangeurs de ketchup

De neuf heures du soir à six heures du matin, ça s’appelle un couvre-feu ! Et c’est uniquement pour les badauds qui ne mangent ni ne boivent dans les restaurants et les bars de ces mêmes zones. Le tout ous peine d’une amende de 400 à 1000 euros !

Des interdictions mises en place pour la durée de la pandémie et qui visent, en fait, à éviter les rassemblements de jeunes fêtards avinés et les coulures de ketchup… C’est une sorte de deux-en-un : « taxe ketchup » par la bande et « taxe Covid19 ».

Depuis un an, les villes de Florence et de Venise ont été proactives dans ce domaine : portillons payants à Venise, amendes à régler sur le champ à Florence et tentative commune d’élaborer une stratégie à long terme pour réguler le tourisme de masse.

Mais la réalité est têtue : le secteur du tourisme rapporte près de 250 milliards d’euros à la Péninsule et que serait l’économie vénitienne et florentine sans leurs 13 millions et 16 millions de nuitées respectives par an.

Références

L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger