L'Afghanistan récupère ses œuvres d'art. Ici, image d'illustration avec des poteries présentées dans le Musée national de Kaboul lors d'une exposition sur l'art islamique en 2018
L'Afghanistan récupère ses œuvres d'art. Ici, image d'illustration avec des poteries présentées dans le Musée national de Kaboul lors d'une exposition sur l'art islamique en 2018
L'Afghanistan récupère ses œuvres d'art. Ici, image d'illustration avec des poteries présentées dans le Musée national de Kaboul lors d'une exposition sur l'art islamique en 2018 ©Maxppp - RahmaRahmat Alizadah / Xinhua News Agency/Newscom
L'Afghanistan récupère ses œuvres d'art. Ici, image d'illustration avec des poteries présentées dans le Musée national de Kaboul lors d'une exposition sur l'art islamique en 2018 ©Maxppp - RahmaRahmat Alizadah / Xinhua News Agency/Newscom
L'Afghanistan récupère ses œuvres d'art. Ici, image d'illustration avec des poteries présentées dans le Musée national de Kaboul lors d'une exposition sur l'art islamique en 2018 ©Maxppp - RahmaRahmat Alizadah / Xinhua News Agency/Newscom
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Résumé

Des milliers d'oeuvres passées en contrebande en 40 années de guerre : l'Afghanistan est un paradis de marchands d'art véreux. Et l'avenir du pays avec le retour des Talibans n'augure rien de bon.

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On part en Afghanistan où un trésor vient d’être restitué au Musée national de Kaboul : trente-trois objets précieux ont fait le voyage depuis les États-Unis, le tout pour une valeur marchande de près de 2 millions de dollars. La semaine dernière, ils avaient été solennellement restitués à l’ambassadrice d’Afghanistan à Washington, Mme Rahmani.

Un ensemble constitué de sculptures, de bronzes, de masques ou de figurines délicatement ouvragées en argile, tous plus anciens les uns que les autres, certains datant du début de notre ère et tous sortis illégalement du pays.

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Ce trésor d’histoire et de beauté n’est qu’une petite partie du butin accumulé par Subhash Kapoor, un marchand d’art new-yorkais aujourd’hui emprisonné en Inde qui s’est avéré être un des pires receleurs d’art et d’antiquité afghanes :

Entre 2012 et 2014, les policiers étasuniens ont réalisé une dizaine de descentes dans des entrepôts de fortune et mis au jour plus de 2 500 objets d’art sortis d’Afghanistan illégalement. Valeur totale : 143 millions de dollars.

Un trafic d’œuvres d’art qui dure depuis des décennies… 

Quarante années de guerre, des milices qui devaient se financer, des villageois qui trouvaient là un moyen de subsistance et des marchands d’art partout dans le monde, sans oublier les clients avides d'antiquités : le trafic d’art en Afghanistan est devenu une industrie.

Avec en plus une ressource quasi illimitée : l’Afghanistan est historiquement sur le chemin des routes de la soie à la croisée de toutes les civilisations. Quelques-uns des plus importants trésors monétaires antiques y ont été découverts.

Certaines de ces monnaies sont même uniques : on discute encore aujourd’hui d’une médaille en or représentant Alexandre le Grand, trouvée au début des années 90 et qui serait le seul portrait vraiment contemporain du conquérant grec légendaire.

Une bonne nouvelle cette restitution  si l’on considère le chemin parcouru : de l’indifférence à la mobilisation quasi générale. Aujourd’hui, l’UNESCO et l’ensemble des musées du monde tentent de répertorier ces œuvres volées pour les restituer.

Surtout, les Afghans se sont organisés. Ils ont désormais une section policière chargée des sites les plus remarquables, leurs collections sont mieux protégées et des campagnes de sensibilisation et d’éducation sont devenues coutumières. C’est une bonne chose.

Les Talibans de retour... les collections en danger

Je vous ai expliqué que ce trésor de 33 œuvres d’art allait être restitué au Musée national de Kaboul. Le même musée dont les Talibans avaient en partie détruit à coup de masse les précieuses collections en 2001. On se souvient de la pire de ces destructions :

Celle, à la dynamite, des bouddhas millénaires de Bamiyan en mars 2001. Or Joe Biden vient juste d’annoncer que pour le 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, il ne resterait plus un seul soldat américain en Afghanistan.

Laissant aux Talibans le soin de partager le pouvoir à Kaboul avec les autorités actuelles. En clair, ceux-là même qui ont fait la preuve de leur haine de la culture et de l’Histoire se retrouveront peut-être à décider du sort des précieuses collections afghanes.