Vaccination en Chine
Vaccination en Chine
Vaccination en Chine ©Getty - Southern Visual/VCG
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Résumé

George Gao est le "monsieur Covid19" de Chine et samedi, il a confirmé ce que beaucoup soupçonnaient : le peu d"efficacité des vaccins proposés par la Chine. Il a été immédiatement censuré.

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Tout a commencé samedi lors d’une conférence à Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine. L’invité d’honneur était, George Gao, le directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies. L’équivalent chinois de Santé publique France.

En clair, Monsieur Gao est un peu en ce moment Monsieur Covid19 en Chine. Or au détour d’une intervention, le voilà qui explique que l’efficacité des vaccins chinois « n’est pas élevée » et pourrait nécessiter « quelques améliorations ».

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Aussitôt dit, aussitôt commenté dans tout le pays jusqu’à ce que les autorités chinoises censurent sur les réseaux sociaux tous les mots clés se référant à ces déclarations. Puis la presse d’État s’est chargée d’expliquer que ses propos avaient été mal interprétés.

Moins de 51% d'efficacité selon le Brésil

C’est bien le problème : on ne sait rien. Les Chinois n’ont jamais publié les résultats des études de phases 3, celles sur des dizaines de milliers de personnes. Officiellement Sinovac et Sinopharm, les deux vaccins chinois disponibles, sont efficaces à 79%.

Seulement, d’autres résultats, obtenus dans d’autres pays qui ont accepté d’utiliser l’un ou l’autre de ces vaccins, commencent à apparaître. Ils sont peu glorieux. Le Brésil, par exemple, rapporte une efficacité de seulement 50,3%. Ce n’est pas tout !

Singapour a acheté du vaccin chinois mais, pour le moment, a refusé de l’utiliser. Quant aux Émirats arabes unis, qui ont beaucoup vacciné à l’aide de Sinopharm, ils ont fait savoir qu’il serait peut-être nécessaire d’administrer une 3e dose du vaccin chinois.

La contre-enquête du Wall Street Journal

Exactement ! Les Émiratis se sont rendus compte que chez un certain nombre de vaccinés, la réponse immunitaire était faible et qu’il en fallait une 3e pour booster les anticorps. Aux Émirats, on explique qu’il s’agirait d’un très petit nombre de personnes.

Sauf que le quotidien étasunien le Wall Street Journal a mené une contre-enquête : le journaliste a appelé 8 personnes qui avaient été vaccinés une 3e fois. Aucune d’entre elles n’avaient été prélevée au préalable pour contrôler leur réponse immunitaire.  

Ce qui laisse penser que le problème touche beaucoup plus « qu’un très petit nombre de personnes ». Mais les autorités émiraties ont de ne pas communiquer le nombre de personnes concernées par ce rappel. Pour des raisons diplomatiques et économiques.

Le pari vaccinal des Emiratis

Les Émiratis ont fait un pari : celui de devenir dans quelques années un des leaders mondiaux du vaccin. Pour y parvenir, ils ont signé un accord avec Sinopharm pour fabriquer et distribuer ce vaccin contre la Covid19 mais sous un autre nom :

Il s’appelle désormais HayatVax, Hayat veut dire « vie » en arabe. Les Emirats arabes unis ont investi de lourdes sommes pour construire une usine flambant neuve permettant de produire en grandes quantités et le distribuer avant tout dans le monde arabe.

Sauf qu’ils ont peut-être misé sur le mauvais cheval, à savoir un vaccin peu efficace et donc mal accepté. D’où la tentative maladroite de minimiser l’impact de cette 3e dose dont aucun concurrent occidental ou russe ne semble avoir besoin.

Dur pour les Chinois et leur « diplomatie du vaccin »

D’autant que M. Gao, notre M. Covid19 chinois, n’a pas fait que commenter le peu d’efficacité des vaccins actuels. Il a aussi ajouté qu’il faudrait peut-être mêler les vaccins chinois à des doses utilisant « d’autres technologies » comme l’ARN messager.

Or sur cette technologie vaccinale est entièrement occidentale. Toute la narration chinoise de la nouvelle Chine indépendante et moderne tomberait à l’eau. On comprend mieux alors pourquoi il était nécessaire de censurer au plus vite M. Gao.

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L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger