Vérone et le vrai faux balcon de Juliette, Italie,
Vérone et le vrai faux balcon de Juliette, Italie,
Vérone et le vrai faux balcon de Juliette, Italie, ©AFP - Maurizio LAPIRA
Vérone et le vrai faux balcon de Juliette, Italie, ©AFP - Maurizio LAPIRA
Vérone et le vrai faux balcon de Juliette, Italie, ©AFP - Maurizio LAPIRA
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Résumé

Fallait-il restreindre l'accès au balcon de Roméo et Juliette à Vérone ? Il était, avant la Covid-19, pris d'assaut par 3 millions de touristes.

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Ce matin, allons à Vérone : « Oh ! Parle ange resplendissant ! Car tu rayonnes dans cette nuit, comme le messager ailé du ciel, quand, aux yeux bouleversés des mortels qui se rejettent en arrière pour le contempler, il devance les nuées paresseuses et vogue sur le sein des airs ! »

« Dois-je l’écouter encore ou lui répondre ? (…) Je te prends au mot ! Appelle-moi seulement ton amour et je reçois un nouveau baptême : désormais je ne suis plus Roméo »… 

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- Je vous déclame du Shakespeare, la scène du Balcon, Roméo et Juliette !

Parce que ce matin, je ne vous emmène pas seulement à Vérone… Je vous emmène à Vérone sous le balcon de Roméo et Juliette ! Évidemment, rien n’est vrai dans ce balcon que 3 millions de touristes visitent chaque année.

Le balcon a été rajouté au siècle dernier. Certes il a été accroché à la façade d’une demeure médiévale, celle de la noble famille des Del Capello, dont le nom et l’histoire aurait inspiré Shakespeare et ses Capulet et Montaigu, mais tout reste parfaitement fictif.

Pourquoi allons-nous sous ce balcon ?

C’est simple : à raison d’un millier de touristes en même temps, sous le balcon – même fictif – à Vérone, alors que la cour de ladite demeure seigneuriale fait à peine 400m2, la pression touristique est trop forte. Surtout que c’est gratuit !

C’est même une des dernières attractions touristiques majeures d’Italie qui soit encore gratuite ! Pour une bonne raison : la courette est privée ! Elle appartient à une copropriété composée de deux boutiques à souvenirs et d’un hôtel.

Pour eux, plus il y a de monde, plus les affaires sont juteuses. Pour la ville, par contre, c’est une catastrophe : ça oblige la mairie à gérer les queues et les foules et ça détourne les touristes d’autres sites, comme le musée municipal la Casa di Giulietta.

Le sur-tourisme en question 

En tous cas, ce n’est pas celle qu’a trouvé le maire Federico Sboarina et qui consistait à installer des tourniquets payants. La copropriété a porté plainte et a obtenu gain de cause : la courette est privée et ne peut être fermée au public par la mairie.

En fait, cette histoire est emblématique de la frayeur qui s’empare de toute l’Italie en pensant à la fin des confinements en Europe et aux États-Unis avec cette question : comment rouvrir après la pandémie sans retomber dans le sur-tourisme ?

La solution payante envisagée par Vérone est d’ailleurs aussi celle sa voisine Venise. Désormais, les touristes qui n’y passeront pas la nuit devront payer un droit de passage. De la même façon, finis les bateaux de croisière à l’entrée du Grand Canal :

Depuis début avril, un décret gouvernemental interdit l’accès des croisiéristes à la lagune de Venise. Une solution radicale mais nécessaire : ces énormes bateaux détérioraient la fragile lagune. Bref, un peu moins de touristes, un peu plus de poésie :

« Voilà l’Orient, et Mathilde est le soleil ! Lève-toi, belle aurore, et tue la lune jalouse, qui déjà languit et pâlit de douleur (…) Que dit-elle ? Rien… Elle se tait… Mais non ; son regard parle »… 

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Anthony Bellanger
Anthony Bellanger