Le chancelier autrichien Sebastian Kurz ©AFP - JOE KLAMAR
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz ©AFP - JOE KLAMAR
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Résumé

"L'enfant chéri" de la politique autrichienne, le chancelier Sebastian Kurz, est dans la tourmente. Il est rattrapé par un mal bien de son âge, 34 ans : les SMS indiscrets.

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Pour comprendre ce qu’il se passe à Vienne depuis quelques jours, il faut revenir en 2016 et 2017, années où en Europe et dans le monde une nouvelle génération politique est arrivée au pouvoir avec un seul et unique point commun : la jeunesse.

Entre juin 2016 et mai 2017, des leaders de moins de 45 ans ont partout été élus : Jüri Ratas, Estonie, 38 ans ; Emmanuel Macron, France, 40 ans, Leo Varadkar, Irlande, 38 ans, Jacinda Ardern, Nouvelle Zélande, 37 ans ; Katrin Jakobsdottir, Islande, 41 ans. Eh puis, le plus jeune : Sebastian Kurz, chancelier d’Autriche à 31 ans ! Record battu : c’était et c’est toujours le plus jeune leader européen à 34 ans. La finlandaise Sanna Marin, Première ministre depuis août 2020, est tout de même son ainée de 8 mois.

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"L’enfant chéri" de la politique autrichienne

Le « WunderWuzzi », comme l’ont baptisé les quotidiens autrichiens à l’époque. En toute objectivité, il n’a pas volé son surnom : il a des qualités de communication hors-pair et surtout, il a prouvé qu’il pouvait survivre au pire, c’est-à-dire au scandale.

En 2019, alors qu’il était au pouvoir avec l’extrême-droite depuis moins d’un an et demi, son vice-chancelier, le très charismatique Heinz-Christian Strache, chez qui toute l’Europe populiste se pressait, y compris Marine Le Pen, tombait pour une vidéo où on le voyait dans sa luxueuse villa de vacances d’Ibiza négocier avec des hommes d’affaires russes l’obtention de contrats publics contre une aide pour les élections à venir. L’IbizaGate a ruiné la coalition et le jeune chancelier a dû démissionner.

Un survivant et un communicateur hors-pair

Mieux que cela ! Sebastian Kurz et son parti conservateur ont remporté haut-la-main les élections anticipées de septembre 2019, l’extrême-droite a été laminée et il est même devenu un précurseur en Europe en formant une coalition avec les Verts !

Un survivant ce Kurz qui s’est même permis de reprendre Angela Merkel sur sa politique migratoire et qui, depuis 2019, flirte avec les 50% d’opinions favorables. Même sa gestion de la pandémie a été saluée par les Autrichiens. Presque un sans-faute !

Sauf qu'il lui est arrivé… à la fois un excès de confiance en lui et surtout une utilisation très imprudente de WhatsApp. Qu’est-ce que vous voulez, il a 34 ans, c’est de son âge ! En fait, il semble qu’il ait menti sous serment à une commission parlementaire.

Il tombe pour quelques SMS indiscrets

Il a juré qu’il n’était pas pour rien dans la nomination à la tête d’un conglomérat d’entreprises publiques d’un autre « WunderWuzzi », mais des affaires cette fois. Un certain Thomas Schmid, 45 ans. Sauf que ses messages WhatsApp perso disent tout autre chose. Le chancelier Kurz : « Tu peux avoir ce que tu veux » avec une série d’émoticons de baisers et l’autre de répondre : « je suis si heureux, j’aime mon chancelier ». Sitôt publiée, la catastrophe a été mesurée dans les sondages : un plongeon de 50 à 30% de popularité.

Va-t-il démissionner ? Lui jure que non. Est-il à terre, ce n’est même pas certain : personne n’est en mesure de lui contester son leadership à droite. Sa coalition avec les Ecolos va-t-elle tenir ? C’est la seule chose qui pourrait faire chuter « WunderWuzzi ».

Références

L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger
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