Candide ou l'optimisme de Voltaire
Candide ou l'optimisme de Voltaire ©AFP - GEOFF CADDIC
Candide ou l'optimisme de Voltaire ©AFP - GEOFF CADDIC
Candide ou l'optimisme de Voltaire ©AFP - GEOFF CADDIC
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Ouvrir "Candide ou l’optimisme" c’est plonger dans nos lointains souvenirs d’école mais aussi découvrir un texte visionnaire et décapant par son humour et sa violence. L’écrivain Isabelle Sorente nous accompagne dans ce voyage.

Livre et Châtiment, l'émission qui, au lieu de cultiver son jardin, le retourne à la pelleteuse !

Pour éclairer le texte de Voltaire, Clara Dupont-Monod reçoit Isabelle Sorente, romancière, essayiste et chroniqueuse dans l’émission Par Jupiter, qui publie La femme et l’oiseau chez Lattès. Ensemble, elles mettent l’accent sur l’actualité de ce texte et la délicieuse ironie qui le porte.

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A ses côtés,  Constance (comédienne, auteure et humoriste), Liliane Roudière (journaliste et auteure) et Cécile Coulon (romancière, poète et éditrice) chahutent et décortiquent tour à tour, le classique du jour.

Clara Dupont-Monod :

Candide ou l’optimisme c’est le tour du monde en 80 jours sous acide !

Publié à Genève en 1759 de façon anonyme pour déjouer la censure, ce conte visionnaire allait vite connaitre un succès foudroyant. 

Elevé dans l'idée que "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes", Candide traverse mille péripéties qui grignotent peu à peu son optimisme, façon pucerons sur le rosier. Face à la violence du monde, et pour ne pas devenir fou, il ne reste à l'homme qu'à prendre son destin en main, en cultivant son jardin.

Résumé du livre :

Chassé du château de son enfance, son « paradis terrestre », le malheureux Candide est entraîné malgré lui dans une succession d'aventures calamiteuses. Il assiste ainsi à la mort de son rêve, celui d'un monde parfait. L'humanité tout entière serait-elle donc foncièrement mauvaise ? Candide s'étonne, s'offusque, se lamente... Perdant sa naïveté et son « optimisme », peu à peu il se résigne.

Constance : 

Il faut cultiver notre jardin : Candide, le best-seller en développement personnel, vendu avec ses graines, sa binette et son lopin de terre.

Comédienne, auteure et humoriste (chroniqueuse dans Par Jupiter sur France Inter), Constance vient dépoussiérer les classiques et dérider nos zygomatiques en proposant sa bande annonce déjantée du livre, une interview du personnage principal en duo avec Clara Dupont-Monod et un examen à la loupe de l’ouverture du roman. 

La première phrase du roman : 

«  Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tonckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. » 

Constance résume les péripéties du jeune Candide : 

J'ai subi une tempête, un tremblement de terre, on a voulu me brûler, me pendre, me fendre, me vendre, on m'a fouetté jusqu'à l'o, naufrages, carnages, arnaque, peste, zoophilie, cannibalisme, je crois que je vais poser un ou deux RTT...

Isabelle Sorente

" Philosophe du siècle des lumières, Voltaire n’est pas l’abri des contradictions, mais il a cet amour de l’action. Tant qu’il y  du désir il y a de l’action.

Si la violence qu'il dénonce est omniprésente, c'est qu'elle domine son siècle, à l'époque la torture est un fait courant.

Voltaire a un faible pour les parias et une vraie empathie pour les gens mutilés dans leur chair, sans doute parce que leur existence nous rappelle que l’on n’échappe pas à la perte.

Il y a une morale très profonde à ce conte:  si le monde est cruel, il ne faut pas s'en s’abstraire, mais faire partie de ce monde, seul moyen de le faire évoluer.

Cécile Coulon   

Dans sa chronique dédié au Passage que l'on peut sauter, (en alternance avec Elodie Emery) Cécile Coulon  jette un pont entre le 18ème siècle et ses contemporains et nous transporte dans une salle de classe de collège, où "quelle que soit l’époque ou la taille du cahier – 21 29,7 paix à ton âme tes marges étaient si belles et tes carreaux bien larges – on a tous eu les même réponses quand on s’interrogeait sur Candide."

" _Mais madame, l’épisode de Cunégonde qui passe de grasse et excitante à laide et impotente, c’est un peu misogyne, non ? _Mais enfin on est au dix-huitième siècle !"

Liliane Roudière 

Chaque semaine, Liliane Roudière place un personnage secondaire sous le feu des projecteurs, cette semaine : Focus sur Martin, personnage contrepoint de Pangloss le précepteur de Candide. 

"Dans ce conte, nous avons un Pangloss qui se réjouit de tout, et de l’autre un Martin, plus pragmatique. Ils s’affrontent, chacun au nom de leur Dieu, mais Voltaire ne tranche pas. A la religion, il préfère une morale civique : « cultivons notre jardin ». Que mon Martin traduit immédiatement en : « Travaillons sans raisonner ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable. »

Le passage choisi par l’invité : 

Extrait du Chapitre III : la guerre

"Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque. (...) Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d’abord un village voisin ; il était en cendres : c’était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles, éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros, rendaient les derniers soupirs ; d’autres, à demi brûlées, criaient qu’on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés. Candide s’enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des Bulgares, et les héros abares l’avaient traité de même."

La minute farfelue du Libraire 

Cette semaine découvrez l’anecdote relatée par Maria Ferragu de la librairie Le Passeur de l'Isle située à l'Isle sur la Sorgue.

En partenariat avec la revue Page des libraires à retrouver tous les deux mois chez votre libraire.

Réinventez la fin…  

Chaque semaine vous êtes invité à réinventer la fin du roman en prenant toutes les libertés pourvu que cela tienne en 5 lignes maximum. Le gagnant voit sa prose lue à l’antenne la semaine suivante. 

Le gagnant de la semaine : propose sa réécriture de la fin du Rouge et le Noir de Stendhal.

La Playlist de l'émission :  

  • MANO NEGRA   Pas assez de toi
  • Selah SUE Hurray
  • YELLI YELLI Liberté

Aller plus loin : 

📖 LIRE : Candide ou l'optimisme de Voltaire

📖 LIRE : La femme et l’oiseau chez Lattès.

👀 VOIR : Candide, le film de Norbert Carbonnaux, (1960) avec Pierre Brasseur et Jean-Pierre Cassel

L'équipe

Clara Dupont-Monod
Clara Dupont-Monod
Clara Dupont-Monod
Production
Djubaka
Programmation musicale
Stéphanie Texier
Réalisation
fanny leroy devant une toile de Miro
fanny leroy devant une toile de Miro
Fanny Leroy
Collaboration
Constance
Autre