Comment transmettre le goût des langues étrangères à vos enfants ? Les astuces de Gwenaëlle Boulet ©Getty - Anna Pekunova
Comment transmettre le goût des langues étrangères à vos enfants ? Les astuces de Gwenaëlle Boulet ©Getty - Anna Pekunova
Comment transmettre le goût des langues étrangères à vos enfants ? Les astuces de Gwenaëlle Boulet ©Getty - Anna Pekunova
Publicité
Résumé

Pour avoir elle-même essuyé deux déceptions au cours de deux séjours à l'étranger lorsqu'elle était collège, Gwenaëlle ne voulait absolument pas que ça se reproduise avec ses enfants. Même avec eux malheureusement, elle a essuyé un nouvel échec…

En savoir plus

Ces deux séjours à l'étranger qui ont marqué la jeunesse de Gwenaëlle

Il faut savoir que j’ai moi-même été à la bonne école pour apprendre l’anglais et qu’aujourd’hui, je peux me targuer d’être franchement… mais alors franchement so so nulle en langues !

Bon déjà, famille de langue franco-française… Un début laborieux en 6e avec une prof complètement folle-dingue, suivi d’un premier voyage aux Pays de Galles organisé par le collège. À tout juste 11 ans, armée de trois mots d’anglais ("Hello", "please" et "thank you") j’ai ainsi pu découvrir les joies de la gastronomie galloise dans une famille absolument odieuse.

Publicité

Enchainement en 5e avec la même prof toujours aussi folle-dingue et re-tentative de voyage grâce à un échange cette fois (toujours via le collège dont on notera les efforts et la ténacité). Très bel échange épistolaire avec ma correspondante Beth, à coup d’envois de stickers kawaï et de gommes fantaisies, et puis la semaine à Londres tant attendue, qui m’a permis de plonger directement à 12 ans dans un film de Ken Loach. Oui, comme j’étais d’un collège de Montfermeil, dans le 93, il ne fallait quand même pas s’attendre à correspondre avec un collège de Notting Hill, hein ! Bref, il m’a fallu des années pour détacher l’anglais de cette expérience quasi-traumatique.

Et comme tous les parents qui ont raté un truc, j’ai eu le secret espoir de rattraper ce manque à travers mes enfants, mais dans ce domaine comme dans bien d’autres, il y a bien sur un méga gap entre les objectifs et la réalité !

Après tout, là où leur mère a échoué, eux peuvent très bien réussir !

Non, parce que dans le domaine des langues, on nous bassine tellement avec le fait que "tout se joue avant 6 ans", parce que l’oreille se forme tout petit etc ; qu’au départ, je m’étais dit : "tiens, il faudra lui faire écouter de l’anglais pendant le congé mat", mais je ne sais pas ce qui s’est passé durant ces six mois de congé maternité (une faille spatio-temporelle sans doute), entre les tétées, les changements de couche et la quête de sommeil, j’en ai complètement, mais alors complètement oublié l’anglais !

Ensuite, autant dire qu’on a carrément plus pensé à rechercher une crèche bilingue. Par bilingue, j’entends anglais, car, au final, nos enfants ont été gardés par une délicieuse nounou marocaine qui, en plus de leur transmettre le gout de la boulette de couscous très jeunes, leur a aussi appris des rudiments d’arabe. À 18 mois, nos enfants comprenaient l’arabe. Alors super, mais ça ne faisait pas avancer le schmilblick de leur futur bilingouisme anglo-saxon.

Du coup, quelques années plus tard, j’ai décidé de reprendre les choses en main, en m’inspirant des pays nordiques. Mais si ! Je suis sûre que vous aussi, on vous a rabattu les oreilles avec tous ces petits Danois, Suédois et autres Norvégiens qui, parce qu’ils ont des langues inconnues du reste du monde, sont biberonnés dès le plus jeune âge aux dessins animés en anglais, et deviennent bilingues très rapidement ! Voilà, j’avais trouvé !

Un jour, j’ai donc fixé un deal :

- "Ok pour un dessin animé le mercredi en fin de journée, mais alors en anglais !"

Et bien, pas du tout ! Et pourtant, je me revois fière comme un paon avec mes deux enfants, regardant "Le Livre de la jungle" "in english", avançant ainsi sur la voie du polyglottisme ! Durant dix minutes, j’ai regardé mes petits trésors froncer leurs petits sourcils pour essayer de comprendre et puis… la révolte a commencé à gronder…

- "Je comprends rien !"

- "Oui, c’est normal… au début on ne comprend rien, puis petit à petit on apprend à reconnaitre des mots…"

Cinq minutes plus tard :

- "Mais je comprends toujours rien !"

- "Ah ! mais oui, quand je disais petit à petit, c’était disons… sur plusieurs semaines ou plusieurs mois…"

Bon, et là, ça a été les Insoumis dans mon salon :

- "Oui ! on a déjà pas le droit à beaucoup d’écran ! Alors si quand on le regarde on ne comprend rien, c’est nul !"

Echec total. Projet enterré…

Conclusion : aujourd’hui, nous en sommes donc à un vague mix de Duolingo, d’apprentissage scolaire (toujours aussi rébarbatif) des verbes irréguliers, de projets de séjours linguistiques un jour peut-être si le budget le permet. Mais surtout, comme souvent en termes d’éducation : tendance "lâcher prise" d’un bon gros "In’ch Allah".

Après tout, là où leur mère a échoué, eux peuvent très bien réussir !