Cet éternel combat avec l'assiette de votre enfant ! ©Getty - PeopleImages
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Résumé

Marie partage son avis de parent concernant les repas passés aux côtés de ses enfants, où la plupart du temps rien ne semble vraiment aller dans leur assiette. Un éternel combat dont elle rappelle qu'il est avant tout la preuve de l'amour que nos enfants nous portent.

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Ces merveilleux repas avec vos enfants (Faux !)

C'est super la diversification alimentaire, qu'elle soit menée par l'enfant ; c'est extraordinaire l'éveil aux goûts et aux saveurs, le plaisir partagé, tout ça, je valide…  

Mais, manifestement, aucun d'entre vous n'a jamais mangé avec mes enfants… !

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Je vais m'adresser tout particulièrement à vous, #TeamPremierDegré de France Inter que je vois sur les réseaux. C'est merveilleux les repas en famille, on échange, on parle, on rit, on refait le monde et on devise gaiement sur le dernier épisode de "Pat' Patrouille" ou sur le dernier "skin" de "Fortnite". C'est tout un monde olfactif et gustatif qui se construit en famille, au milieu d'échanges verbaux spirituels entre une knacki mollassonne et une patate rissolée. 

Bon, fin du mytho… Disons-le franchement, avant qu'ils n'aient atteint un certain âge, manger avec des enfants à sa table, plusieurs enfants, c'est l'ulcère assuré. C'est assez terrible… 

Déjà tous les soirs, se pose la fameuse question du "qu'est-ce qu'on va encore faire à manger ?" 

Quand le repas doit être préparé selon des règles précises…

Chez moi, les légumes doivent être camouflés, les féculents apparents, les viandes, c'est steak et poulet. Le mot "poisson" n'a droit de cité que s'il est accompagné du mot "pané". Il est également convenu que personne ne sera privé de dessert, même si, de manière toute personnelle, j'ai envie de hurler "Pas faim pour le fenouil, pas faim pour le dessert… !" Parce que je suis de mauvaise foi, et puis je suis un petit peu hystérique. 

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Chez moi, pendant le repas, vous aurez en vrac un enfant qui veut de la salade de concombre, et il la recrache dans son assiette parce que ce n'est vraiment pas la même que celle de la cantine qui est vraiment vraiment meilleure, un peu comme chez Mamie… Vous aurez 18 allers-retours pour réchauffer les pâtes, faire fondre le gruyère, remplir la cruche parce que tout le monde la vide mais personne ne la remplit, chercher l'éponge parce qu'il y a le verre d'eau renversé et j'allais oublier ma fin de repas préférée, le yaourt dont personne ne veut…

C'est sympa chez moi, et des fois, c'est même tellement tendu qu'on en vient à prononcer ces phrases qu'on s'était juré de ne jamais prononcer, comme le fameux "Tu as six ans, eh bien, tu manges encore six bouchées". Ou bien le sympathique et bienveillant "Mange des carottes, ça rend aimable". Et alors le "Il y a des enfants qui meurent de faim quand même", qui ruine en un clin d’œil mes 15 ans d'éducation positive…

Vous l'aurez compris, l'alimentation, comme tout domaine de l'éducation parentale, comporte deux volets. La fameuse théorie sur laquelle nous sommes tous d'accord, qui est un petit peu ce vers quoi il faudrait qu'on tende tous en tant que parents, et puis paf, la réalité du "Je rentre tard, je suis crevé.e, je n'ai pas envie de faire à manger, je voudrais juste que tout le monde mange en silence s'il-vous-plaît, et que tout le monde aille surtout se coucher". 

C'est à ces assiettes qu'on avait envie de voir terminées, vu le temps qu'on a passé à les préparer, la pression qu'on se met pour qu'ils mangent avec appétit et plaisir, comme si tout se jouait là, autour de cette table parentale et comme si, derrière ce petit brocoli à peine mâchouillé et recraché, se trouvait la preuve de l'amour que les enfants nous portent. Comme si nous devions prouver à chaque repas, à chaque menu, que le job est bien fait et qu'on a fait de notre mieux. 

Mon seul conseil 

Mon conseil, si certains repas en famille ressemblent aux miens et sont des moments de stress, c'est de faire manger les enfants avant de temps en temps, de vous asseoir à côté d'eux, de prendre le temps de boire un petit coup avec modération et de les écouter, pas de manger avec eux, mais de les écouter, de raconter, de partager, de discuter, de faire attention à ce qu'ils racontent plutôt qu'à ce qu'ils mangent. Et vous, vous mangerez plus tard, à deux ou tout seul, dans le calme. Et vous verrez, franchement, on a l'impression d'être au resto !

Références

L'équipe

Marie Perarnau
Production