La sexualité des ados : "Pas de panique !"
La sexualité des ados : "Pas de panique !"
La sexualité des ados : "Pas de panique !" ©Getty - The Good Brigade
La sexualité des ados : "Pas de panique !" ©Getty - The Good Brigade
La sexualité des ados : "Pas de panique !" ©Getty - The Good Brigade
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Résumé

Gwenaëlle partage sa propre expérience de parent et vous donne ses meilleurs conseils pour préparer le terrain de la vie affective et sexuelle de vos enfants. Elle rappelle que si nous ne sommes jamais vraiment prêts à aborder cette période, il ne faut surtout pas céder à la panique.

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La quoi ?? La sexualité des… Oh non, ne me dites pas que… non mais attendez, il n’y a encore pas si longtemps, j’étais encore en train de parler diversification alimentaire, apprentissage de la table de 7… Ma fille voulait encore se marier avec son papa et mon fils avec moi… Bref tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et, là, il faut que je me projette comme ça, d’un coup, dans les histoires d’amour et de sexualité de mes enfants ? Les histoires de consentement et de contraception ? Non mais attendez, je respire, je ventile… Laissez-moi encore un peu de temps !

On n'est jamais vraiment prêt à aborder cette question 

C’est le moins qu’on puisse dire ! Mais entre nous, quel parent est vraiment préparé à ça ? D’un point de vue général oui, bien sûr, on sait qu’un jour ça arrivera (et que c’est plutôt bien pour eux hein ! ) mais tout comme vos enfants n’ont pas HYPER envie de savoir ce qui se passe derrière la porte de la chambre à coucher parentale (et c’est plutôt sain), vous non plus, en tant que parent, n’avez pas HYPER envie de voir en face que votre petit bonhomme ou votre petite nénette a comme ça grandi d’un coup au point d’entamer sa vie sexuelle !

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Et pourtant, force est de constater qu’il faut bien s’en préoccuper !

Eh oui, merci de me rappeler à mes devoirs parentaux élémentaires ! En effet, tout comme vous ne laisseriez pas vos enfants partir seuls dans la rue sans les avoir briefés sur les quelques règles de sécurité routière, il est de notre devoir de parents de préparer un peu le terrain de la vie affective et sexuelle avec nos enfants. Et globalement, comme la valise de vacances, si on peut éviter de faire ça paniqué au dernier moment, c’est mieux !

Comment s’y prendre ?

Et bien on peut déjà se dire que la sexualité n’est que la partie immergée de l’iceberg ou, pour prendre une autre image, une maison construite sur des fondations, et que ce qui compte, c’est justement la nature de ces fondations. 

L’estime de soi, l’image que l’on a de sa capacité à être aimable et aimé pour ce qu’on est, la liberté que l’on s’offre de dire oui ou non, de se tromper, le rapport que l’on entretient au regard ou au jugement des autres, savoir juger ce qui nous rend heureux ou malheureux… Les voilà les véritables fondations ! Et tout ça, ce sont des choses qui se vivent déjà bien avant l’adolescence, dans les relations amicales par exemple, sur lesquelles on est plus à l’aise pour parler.

Alors si bien sûr, il appartient à notre rôle de parent de prévenir sur les moyens de contraception, les maladies sexuellement transmissibles ou la vigilance à avoir autour des réseaux sociaux ou des modèles pornographiques imposés à nos ados… je pense que notre rôle fondamental réside avant tout dans la construction de ces fondements.

Le problème, c’est que les adolescents ne sont pas forcément matures pour tout cela, comme bien des adultes d’ailleurs ! Et si tout ceci était aussi simple, ça se saurait ! Bien sûr, tout ceci ne se construit pas d’un coup de baguette magique mais petit à petit… Cela passe par le délicat apprentissage du consentement dans un monde où l’on apprend surtout beaucoup aux enfants à obéir. Quand puis-je dire non parce que ça ne me convient pas ? Ne rien dire au sein d’un groupe, est-ce consentir ? Quelles sont les limites que j’apprends à poser avec les gens qui m’entourent dans la famille, à l’école, avec mes amis ? 

Cela passe aussi énormément par l’intégration intime de ce qui fait de moi un être unique et aimable et pas seulement aux yeux de mes parents. Et ça, c’est ce qui devrait être au cœur de notre éducation. Et ce qui est certainement le plus mystérieux et délicat ! Apprendre aussi très jeune (surtout à l’ère des réseaux sociaux) que je ne peux pas plaire à tout le monde, et que ce n’est pas grave !

Il y a quelques mois, j’avais regardé le très beau documentaire qui s’appelait « Préliminaires » sur Arte (j’encourage tous les parents à le regarder ou à le proposer à leur ado). Sur le coup, en entendant tous ces jeunes qui s’étaient sentis « obligés » de faire telle ou telle chose pour appartenir à ce qu’ils pensaient être la normalité, à entendre que la fellation était le premier « préli » que l’on faisait au collège ou au lycée, j’avoue que mon petit cœur de parent saignait un peu et que mon réflexe n°1 était de sortir l’artillerie lourde des « ATTENTION ! »

Et puis, dans un deuxième temps, la trouille passée, je me suis dit qu’en fait, la seule voie que nous pouvions prendre, c’était celle de la confiance. Prévenir bien sûr, dialoguer sans violer leur intimité, offrir une oreille attentive en cas de besoin. Tout ça oui, mais aussi ne pas leur présenter la sexualité comme un chapelet d’interdits et de dangers, mais comme ce qu’elle est, à savoir la promesse de belles relations partagées. Après tout, nos enfants ne se sont pas mis à marcher d’un coup, ils trouveront bien leur voie dans ce domaine-là. Chaque génération a toujours été troublée par la sexualité de la suivante, mais chacune y a aussi tracé son chemin. 

Alors faisons-leur confiance !

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