On compte en France 318 médecins pour 100.000 habitants en 2021
On compte en France 318 médecins pour 100.000 habitants en 2021
On compte en France 318 médecins pour 100.000 habitants en 2021 ©Getty
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Résumé

La France va manquer de médecins jusqu'en 2030... C'est en gros ce qui dit la DREES, la Direction de la Statistique, dans un rapport rendu fin mars. Le nombre de médecins va encore stagner en France pendant une petite dizaine d'années, le temps de former de plus gros bataillons. En attendant, on fait quoi ?

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Avec 318 médecins pour 100.000 habitants, la démographie médicale s'est encore aggravée au cours des 8 dernières années. En 2012, on était encore à 325 médecins pour 100.000 habitants. Ce sont surtout les généralistes qui manquent à l'appel, et pas seulement à la campagne. A Paris, les loyers trop chers les font fuir. Paris devient petit à petit en médecine générale un désert.

La suppression récente du numerus clausus, ce chiffre couperet du nombre de médecins à former chaque année, fixé par le ministere, est censé changer la donne. On passe au numerus apertus: chaque faculté sera libre d'ouvrir le nombre de places qu'elle estime nécessaire. On va donc former plus...  mais un médecin est formé au bout de dix ans: il va donc falloir faire avec en attendant 2030, date à laquelle, théoriquement, la démographie médicale devrait progressivement s'améliorer. En attendant, qu'est ce qu'on fait ?

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Pas de mesure miracle... mais plutôt plusieurs mesures qui peuvent tenter d'amortir les difficultés. 

Parmi elles, les assistants médicaux, mi-secrétaires, mi-soignants, censés libérer les médecins de certaines charges administratives pour qu'ils aient davantage de temps à consacrer au médical. Il y a le numérique et les téléconsultations, aussi, qui permettent de mettre un patient d'une zone reculée en contact avec un spécialiste d'une région mieux dotée. Problème: les déserts médicaux sont souvent aussi des régions où internet passe mal. Les médecins étrangers ? Beaucoup sont venus en renfort, c'est vrai, dans les années 2010, mais ils sont moins nombreux désormais. Les régions elles-mêmes font pour certaines beaucoup en termes d'aménagements pour tenter d'attirer des médecins: salariat, facilitation de démarches, recherche d'un travail pour le conjoint, mais s'il n'y a pas d'élan, c'est compliqué.

Jean-Marcel Mourgues est généraliste dans le Lot et Garonne, il est aussi vice président du Conseil National de l'Ordre des Médecins. Pour lui, une solution à effet quasi immédiat serait d'instaurer une 4e année d'internat en médecine générale (il n'y en a que 3 pour l'instant). Cette 4e année professionnalisante imposerait aux étudiants d'aller passer 2 fois 6 mois dans des régions reculées: "Les stages sont aujourd'hui encore trop centrés sur les CHU, et comme la plupart de nos étudiants sont des urbains qui connaissent mal le rural, ils n'ont ni la curiosité, ni la volonté d'aller s'installer au fin fond d'une campagne. Justement, cette année de plus avec des stages en zone plus ou moins reculée pourrait être l'occasion de découvrir cette vie et ce mode d'exercice et déclencher, qui sait, des vocations".

Le médecin s'appuie d'ailleurs sur une expérience. L'université de Toulouse a fait lechoix d'inscrire beaucoup plus de stages en zonerurale dans son cursus demédecine générale. Résultat: "il y a eu, explique le Docteur Mourgues, plus d'installations à terme dans des coins reculés de l'Aveyron".

D'après la DREES, il y a en France quelque 215.000 médecins de moins de 70 ans en activité. 94.500 généralistes, et 120.000 spécialistes. C'est en région PACA qu'on trouve la plus grosse densité de médecins.

Références

L'équipe

Véronique Julia
Production