6/1000e des Européens du Nord serait prédisposés génétiquement à l'hémochromatose  ©Getty
6/1000e des Européens du Nord serait prédisposés génétiquement à l'hémochromatose ©Getty
6/1000e des Européens du Nord serait prédisposés génétiquement à l'hémochromatose ©Getty
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Résumé

L'Académie de Médecine voudrait un dépistage plus systématique, chez le jeune adulte, de ce qu'on appelle l'hémochromatose. C'est un excès de fer dans le sang qui peut très sévèrement abîmer à terme le foie et d'autres organes...

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L'Académie de Médecine l'a fait savoir cette semaine : elle voudrait un dépistage plus systématique chez le jeune adulte de ce qu'on appelle l'hémochromatose : c'est une surcharge de fer dans le sang qui peut très sévèrement abîmer à terme le foie, le pancréas ou le coeur. La maladie est génétique et ses symptômes se manifestent vers 30/40 ans. Or, dépisté tôt, ça se soigne facilement... d'où cet appel.

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On parle souvent de manque de fer... L'hémochromatose, c'est tout le contraire, c'est une absorption excessive de fer par l'intestin, et cela dès la naissance puisque c'est une maladie génétique. Le foie, dans cette maladie, ne fabrique pas assez d'hepcidine, c'est une hormone qui devrait justement réguler le métabolisme du fer.

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La maladie est dite à retardement : au début, pas de symptômes, elle est silencieuse. L'accumulation est très progressive, mais arrivé à l'âge adulte, on souffre d'une surcharge en fer dans l'organisme, qui va provoquer beaucoup de fatigue, du diabète, des pannes sexuelles, des douleurs articulaires, et même des cirrhoses. On peut en mourir. Un des traits caractéristiques de cet excès de fer, c'est aussi un teint cutané anormalement bronzé. Les femmes ont en général des symptômes plus tardifs. Chez l'homme, ils peuvent se manifester dès 30 ans, chez la femme plutôt vers 40 ans, et même pour certaines après la ménopause.

La maladie n'est pas si rare, elle touche surtout ce qu'on appelle les profils caucasiens. En Europe du Nord, on estime que 6 personnes sur 1.000 ont une prédisposition génétique à l'hémochromatose. La moitié vont l'exprimer, ce qui donnerait en France 150 à 200.000 personnes concernées, à peu près, par ces effets de long terme, potentiellement graves.

Une maladie mal connue au traitement pourtant simple 

Or, la maladie reste assez méconnue. En cas de fatigue ou de douleurs articulaires on n'y pense pas forcément, et il y a des retards de diagnostic importants. D'où cet appel lancé donc l'Académie de Médecine : il faut dépister les cas dès le début de l'âge adulte, et rechercher s'il y a des antécédents familiaux pour éviter les complications qui ne manqueront pas d'arriver ensuite. La maladie, bien connue en Bretagne, car elle touche en particulier une population celtique, l'est moins dans d'autres régions qui en ont moins l'habitude.

Le Professeur Pierre Brissot est hépatologue, et spécialiste en troubles du métabolisme du fer. Il insiste sur le fait qu'une simple prise de sang permet d'établir le diagnostic. Plus besoin de passer par une biopsie du foie. Ce serait à faire entre 25 et 35 ans

Et s'il faut dépister, c'est aussi parce qu'il y a un traitement, très simple lui aussi. Un  traitement qui peut étonner, car on le croirait sorti d'un autre âge : il s'agit de la saignée, ou "soustraction sanguine".

Plusieurs fois par an, on prend un peu de sang au patient pour éliminer un peu de fer. C'est simple, rapide ça ne coûte rien, et ça suffit à éviter sur le long terme toutes les complications.

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Références

L'équipe

Véronique Julia
Production