On estime qu'au moins un million de français sont touchés par cette maladie ©Getty
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Résumé

L'Association Française du Vitiligo organise, du 2 au 26 juin, un grand tour de France dans 18 villes pour mieux faire connaitre cette maladie qui touche 1 million de français.

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Le vitiligo est une maladie auto-immune qui provoque une dépigmentation de la peau. Elle est à la fois méconnue et stigmatisante, mais des traitements commencent à (bien) la traiter.

Maladie auto-immune parce que c'est notre propre corps qui se retourne contre nous. Pour une raison qu'on ne s'explique pas encore très bien, même si on en comprend de mieux en mieux les mécanismes, le système immunitaire dysfonctionne : les lymphocytes, les globules blancs chargés de défendre l'organisme contre des infections extérieures, vont se tromper et prendre pour cible les mélanocytes, qui sont les cellules responsables de la pigmentation de notre peau. Cheveux et poils peuvent aussi devenir blancs (l'ancien premier Ministre Edouard Philippe, dont une partie de la barbe est devenue blanche en quelques mois, a déclaré souffrir de vitiligo)

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Résultat de cette poussée auto-immune : l'apparition de taches blanches sur toute ou partie du corps, des taches qui se révèlent d'autant plus quand notre carnation est foncée, ou quand on va au soleil et qu'on bronze.

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Ce n'est pas une maladie infectieuse, elle n'est pas contagieuse, et ne met pas la santé par ailleurs en péril, mais elle se voit, donc physiquement elle n'est pas forcément facile à assumer, surtout si les taches couvrent des parties très visibles, comme le visage, ou très étendue. Elle va souvent de pair avec d'autres maladies auto-immunes, de la thyroïde, notamment, et peut se manifester à n'importe quel âge de la vie. Chez un patient sur deux, elle va se manifester avant l'âge de 20 ans. Il existe des prédispositions génétiques familiales, même si ce n'est pas une maladie héréditaire. 

On a longtemps pensé qu'il n'y avait pas grand chose à faire, d'ailleurs certains médecins disent encore qu'on est assez impuissant face a l'apparition de ces taches qu'on attribue trop souvent aussi – et à tort – à des facteurs psychologiques. "Un stress peut être en cause (grossesse, intervention chirurgicale, ménopause), mais ce n'est pas une maladie psychosomatique", explique le Professeur Thierry Passeron, dermatologue au CHU de Nice et éminent spécialiste du vitiligo.

Pourtant, et c'est tout le but de ce tour de France de l'Association Française du Vitiligo, la recherche est active et on traite de mieux en mieux la maladie, même si on ne la guérit toujours pas. On peut quand même essayer de grandement l'atténuer.

La photothérapie, très efficace sur le visage

L'exposition au soleil, est une composante essentielle du traitement. Pour repigmenter les zones décolorées de la peau, on les expose aux UVB, soit en allant au soleil, soit par séances de photothérapie, en cabine dermatologique. Ca peut marcher mais ce n'est pas systématique et pas sur toutes les parties du corps, certaines sont plus récalcitrantes explique le Professeur Thierry Passeron : "Ca marche bien sur le visage, on arrive a le repigmenter 7 à 8 fois sur 10, sur le corps ca marche une fois sur 2, en revanche, pour les mains et et les pieds c'est plus difficile. En tout cas, ça peut marcher même sur un vitiligo installé depuis longtemps. Mais il faut être patient : ce sont des traitements qui durent de 6 à 24 mois."

Ca marche donc même si le vitiligo est là depuis longtemps, mais le médecin le concède : plus on traite rapidement et énergiquement, dans les 6 premiers mois qui suivent l'apparition des premières taches, meilleurs seront les résultats. 

Mais la photothérapie à elle seule ne marche pas, il faut l'associer à des crèmes ou traitements oraux. "Des méta-analyses le démontrent maintenant très clairement : ce qui marche, c'est le traitement combiné, explique le Professeur Passeron, l_a crème seule ne marche pas, les UVB seuls non plus, il faut faire les deux à la fois, c'est le traitement de référence aujourd'hui. Associer 2 à 3 séances de photothérapie par semaine, à la prise d'une crème dermocorticoïde qu'on applique sur les zones touchées, ou à un traitement immunosuppresseur local. L'ajout d'un antioxydant de dernière génération en gélule peut encore améliorer le résultat et l'efficacité des UV "_

Et ce n'est pas fini, la recherche est très active. On comprend de mieux en mieux les voies de signalisation de la maladie, ses mécanismes de développement, et même l'influence du microbiote dans son déclenchement !

La recherche sur les traitements se poursuit, également, avec plusieurs essais thérapeutiques en cours, qui ciblent cette fois justement les voies de signalisation de la maladie, en crème ou par voie orale.

À noter que la photothérapie ne fait pas courir de risque de mélanome au patient. Il a même été prouvé que les personnes qui souffrent de vitiligo ont trois fois moins de risque d'en développer un.

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