Les patients TDAH en France : combien sont-ils et comment les traiter ?

400.000 à plus d'un million de jeunes seraient concernés en France par le TDAH
400.000 à plus d'un million de jeunes seraient concernés en France par le TDAH ©Radio France
400.000 à plus d'un million de jeunes seraient concernés en France par le TDAH ©Radio France
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Votre enfant a du mal à se concentrer, à tenir en place, il est impulsif... Peut-être est-il atteint du trouble TDAH, Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. Un trouble répandu mais encore mal diagnostiqué.

Votre enfant a du mal a se concentrer, en classe il préfère imaginer que les nuages dehors ressemblent à des moutons plutôt qu'écouter ce que dit le maître ou la maîtresse ?  Il a du mal à tenir en place, il a besoin de bouger beaucoup, de se dépenser, il est impulsif aussi, il répond, pique des colères ? Evidemment, il peut avoir son petit caractère mais si ça affecte trop sa vie scolaire ou la vie familiale et sociale, il y a peut-être un problème plus profond. Peut-être est il atteint du trouble TDAH, Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité.

On estime entre 400.000 et plus d'un million le nombre de jeunes atteints en France : la fourchette est large parce que justement, c'est encore très mal diagnostiqué. Les professionnels de santé pensent qu'au moins un enfant par classe en serait atteint. Mais 80% d'entre eux ne sont pas diagnostiqués. Les filles, parfois parce qu'elles souffrent uniquement du trouble de l'attention : elles sont en train de rêver au fond de la classe peut-être mais comme elles ne font pas de bruit, ça ne se voit pas donc on peut passer à côté. Les garçons, parce ce n'est pas si simple de décrocher un rendez-vous chez un neuropédiatre ou un pédopsychiatre, ils sont plutôt rares en France (500 pédopsychiatres pour 20 millions de jeunes) et les délais d'attente sont de plusieurs mois.

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Les symptômes, c'est donc une difficulté à aller au bout des choses, de l'inattention, de l'agitation, des colères, l'envie souvent d'aller vers des choses extrêmes,  de se mettre en danger parfois. C'est souvent associé à l'école à des problèmes de discipline, voire à de l'échec scolaire, du rejet social. Plus tard, ça peut être associé à des suicides, des addictions, des comportements à risque, donc ça peut être lourd de conséquences et ça ne doit surtout pas être pris à la légère.

Ce n'est pas une maladie, c'est un trouble : un trouble neurodéveloppemental, que nous décrit le docteur Frédéric Kochman, il est pédopsychiatre : "Evidemment, tous les enfants agités bébés, qui bougeaient beaucoup dans le ventre de leur mère, qui ont mal fait leurs nuits, qui régurgitaient, qui pleuraient beaucoup, ne sont pas nécessairement TDAH, mais s'ils ont des problèmes au moment de l'école primaire, ces signes, bébé, peuvent aider au diagnostic. On peut avoir un petit enfant agité, mais les problèmes se font souvent sentir surtout à l'entrée au CP car la vie à l'école révèle les problèmes d'inattention, de discipline. En cabinet, on fait des tests neuropsychologiques, mais il y aussi des signes neurologiques visibles, ça se voit à l'imagerie. C'est inscrit dans nos neurones depuis tout petit. On le voit dans le cerveau, il y a un déficit au niveau des cortex frontaux en taux de dopamine, l'un des transmetteurs de notre cerveau". 

Est-ce que ca se soigne et surtout comment ca se soigne ? Psychothérapie, méditation, EMDR, neurofeedback, thérapie comportementale : il y a beaucoup d'approches possibles pour gérer le trouble. La médication est elle indispensable ? Médication avec le fameux méthylphénidate, vendu sous les marques ritaline ou concerta, pour calmer l'hyperagitation ? "Pas forcément", explique le médecin, heureusement, tous les TDAH n'ont pas besoin de médicaments, moi je n'en donne qu'à 20% de mes patients tout au plus. Il y a plein de façons de gérer le trouble et de l'atténuer. Mais quand on a du mal, que le cas est sévère, que la vie familiale ou scolaire en est très affectée, il ne faut pas s'empêcher de prendre ces médicaments. Ca aide et ça ne fait pas de mal. Ce qui fait du mal, surtout, c'est de ne pas traiter le TDAH et d'avoir un jeune de 20 ans qui a gâché plein de choses dans son enfance parce qu'on ne l'a pas pris en charge".

Le TDAH est un trouble qui disparait dans la plupart des cas une fois que l'enfant a grandi.  On estime malgré tout que 30% des enfants atteints restent hyperactifs à l'âge adulte, ce qui n'est pas non plus une tare, car ils sont souvent hyper créatifs aussi, artistes et inventeurs !

À réécouter : Le TDAH chez l'adulte
Grand bien vous fasse !
52 min

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